Adieu ou presque

L'ouvrage:
Sam est informaticien. Il a créé un algorithme qui permet de trouver l'âme soeur. Il l'essaie sur lui, et cela semble fonctionner. Son âme soeur serait Meredith, une collègue.
C'est alors que la grand-mère de Meredith meurt. La jeune femme est dévastée. Sam, souhaitant alléger sa peine, rassemble toute la «mémoire électronique» (mails, conversations par messagerie instantanée) de Meredith et de sa grand-mère, et crée un programme qui, se basant sur tout cela, permet à Meredith d'avoir des conversations avec la défunte.

Critique:
J'avais peur que ce livre soit niais, mais l'éditeur français étant Fleuve, et Fleuve éditant très rarement des livres sirupeux, je me suis lancée dans cette lecture. C'est un roman bien pensé. Au départ, je me suis dit que si l'idée était dangereuse et pouvait rendre fou ou accro celui qui converserait trop avec un proche disparu, elle était également fascinante et attrayante. Bien sûr, elle effraie, car il ne faut pas oublier qu'on ne discute pas vraiment avec la personne, mais avec la mémoire de ce qu'on s'est dit. On peut encore «tricher», en apprenant de nouvelles choses par mail à la «mémoire électronique» de la personne... L'homme pervertissant tout, des choses auxquelles Sam n'avait pas pensées se produisent. Je ne les avais pas envisagées non plus, mais j'ai trouvé cela logique en le lisant. Laurie Frankel n'exagère pas. Au fond, comment blâmer ceux qui agissent ainsi? (Je pense surtout à ce que le médecin montre à Sam et Meredith.) Ces personnes agissent par égoïsme, et ce qu'elles font n'est pas glorieux, mais que ferions-nous à leur place?
De plus, l'auteur analyse très bien la peine ressentie à la perte d'êtres chers, ce que cette douleur pousse parfois à faire, les raisons pour lesquelles il faut continuer. Elle dit également une chose très dure et très juste: on finit par faire avec cette douleur, mais elle ne disparaîtra jamais.

Les personnages sont attachants, en tout cas, j'ai compris leurs motivations. Le père de Sam est sûrement celui qui m'a le plus touchée parce qu'il réagit le mieux possible, me semble-t-il. En outre, il n'essaie pas de mentir à son fils.
Laurie Frankel montre également les diverses réactions de ceux qui sont extérieurs (en tout cas au moment où ils réagissent) à la chose. Là encore, elle n'exagère pas. Tout le monde s'en mêle, y va de son opinion, n'hésitant pas à décrier ce que fait Sam, sans vouloir croire en des motivations apaisantes.

Un roman juste, sensible, qui fait réfléchir, et dont le thème nous touche tous.

Éditeur français: Fleuve éditions.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne pour les éditions Random house audio.

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