Ce que l'image ne dit pas

L'ouvrage:
Olivia est autiste. Sa mère, Lucile, tente de la rejoindre, de la comprendre. Elle accepte que Roc tourne un film documentaire sur leur quotidien, afin de montrer comment est la vie d'Olivia.

Critique:
Si ce livre montre certaines choses avec sensibilité et à propos, il ne m'a pas convaincue. En effet, l'auteur montre pertinemment comme certains médecins sont coincés dans leurs certitudes. L'autisme est mal connu, il est vrai qu'on tâtonne beaucoup. Cependant, Lucile se heurte sans cesse à des gens confits dans leur suffisance. Ces personnes n'hésitent pas à faire d'Olivia un terrain d'expérimentations, et à la déclarer inapte parce qu'elle ne répond pas aux stimuli que leurs extraordinaires cerveaux ont imaginé. Lorsqu'ils sont persuadés qu'une méthode fonctionnera et qu'elle échoue, causant davantage de mal que de bien, ils ne se remettent pas en question, mais accusent mère et fille de tous les torts. Sans compter que ces grands personnages sont réticents à exposer les réflexions de leurs brillants cerveaux à une incapable comme Lucile qui ne cherche qu'à aider sa fille.
Ces passages sont très bons, car je suis convaincue que beaucoup de médecin, quel que soit le domaine (pas seulement l'autisme), agissent de la sorte. Il est assez déroutant de se dire que rien qu'en se remettant en question, une personne n'ayant aucun diplôme en médecine serait plus compétente qu'eux.

Pourtant, le reste du roman est plein de clichés, d'ingrédients qui n'ont pas pris avec moi. Par exemple, pourquoi a-t--il absolument fallu que l'auteur intercale une simili histoire d'amour dans l'affaire? Et pourquoi le personnage masculin n'a-t-il pas eu le cran d'avouer à sa partenaire qu'il était marié? Pour ne pas la blesser, pour éviter une scène, etc. Bref, agissant ainsi, il trahit les deux. Cette histoire fait tache, à mon avis, car elle décrédibilise les deux personnages, du moins à mes yeux.

Le roman alterne les points de vue de Roc et de Lucile. J'aime bien cette façon de faire. Je pense que le livre aurait été plus riche si l'auteur avait donné les pensées d'autres personnages: Théo, par exemple, et pourquoi pas le mari de Lucile.

Si la fin est une note d'espoir, elle n'est pas crédible. Je veux bien croire que Lucile ait soudain compris beaucoup de choses en peu de temps, mais cela ne m'a pas convaincue. J'ai quand même trouvé que c'était un peu bâclé. Je ne sais pas comment j'aurais fait s'achever l'histoire. Peut-être ainsi, mais j'aurais davantage préparé la fin au long du roman.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Leonardi pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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