Moi et Emma

L'ouvrage:
Caroline Parker a huit ans. Sa soeur, Emma, a six ans. Leur mère a du mal à se remettre de la mort de son premier mari, et oscille entre bons et mauvais jours. Richard, le beau-père des fillettes, est alcoolique et violent. Le but de Carrie et d'Emma, c'est de se trouver le moins possible à son contact. Elles ne comprennent pas trop pourquoi leur mère le laisse faire.

Critique:
J'ai voulu lire ce livre parce qu'il était enregistré par Cassandra Morris que j'aime beaucoup. Et puis, en écoutant la présentation, j'ai entendu que c'était un roman des éditions Harlequin. Je n'ai lu que deux romans Harlequin, et ils m'ont agacée, car je trouve qu'ils sont trop légers pour moi. Pour «Moi et Emma», l'envie d'entendre Cassandra Morris a été la plus forte.
Globalement, c'est vrai que certaines choses sont un peu légères, qu'il y a des incohérences et des longueurs, mais à bien y réfléchir, ce roman serait dans la veine de Mary Higgins Clark. Pour moi, ce n'est pas un compliment, mais sachant que c'était un Harlequin, je m'attendais à bien pire. Il serait même un peu mieux qu'un Mary Higgins Clark, car là au moins, la révélation finale surprend quelque peu, alors qu'avec Mary Higgins Clark, on n'est pas surpris.

Il y a donc des longueurs. Au début, on entre dans la vie des personnages, le décor est planté par Carrie, on découvre sa famille, son école, à quel point elle aimait son père. Mais ensuite, ça s'essouffle un peu. Il se passe des choses, mais il y a beaucoup de remplissage.
Le thème des enfants battus est toujours poignant, et le lecteur aura pitié des fillettes, mais là aussi, le thème est évoqué de manière assez légère... Je ne voulais pas que Carrie nous abreuvât de détails sordides, mais il me semble que l'auteur n'apporte rien de conséquent à la cause.
Par ailleurs, la mère des fillettes est assez agaçante: elle s'énerve après la mauvaise personne (même si on finit par comprendre son énervement), et elle laisse Richard faire des choses assez horribles. Les mères de ce genre sont inexcusables.

Quant aux incohérences...
Il est incohérent qu'un homme d'âge mûr enseigne à une enfant de huit ans à tirer au pistolet.
On ne sait pas exactement pourquoi le père des fillettes a été tué. Il y a des suppositions, mais pas de certitude. (Ou alors, c'est moi qui n'ai pas compris, ayant lu ce roman en anglais, et n'étant pas aussi à l'aise en anglais qu'en français.)
À la fin, on ne parle absolument pas d'aider Carrie moralement. Pourtant, ce serait la première chose à faire.
La mère des fillettes et sa soeur s'appellent toutes les deux Elizabeth.
Parfois, la mère appelle Carrie par son prénom complet: une fois, c'est Caroline-Clémentine, et l'autre fois, c'est Caroline-Louise...

En outre, après la révélation finale, le lecteur revoit certaines scènes du roman, et les explique à la lumière de ce qu'il sait. C'est là qu'il y a une chose qu'il est assez difficile d'expliquer. D'autres répliques et attitudes, par contre, s'expliquent aisément.
Ce retournement de situation est à la fois une bonne et une mauvaise chose. C'est bien parce que cela force le lecteur à revoir certaines scènes, et à chercher la petite bête. Ça le fait également réfléchir sur la psychologie de certains personnages. Cependant, ce n'est pas si crédible que cela. Qu'en pensez-vous?

Éditeur français: Harlequin.

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