Auteur : Fitzek Sebastian

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mercredi, 28 janvier 2015

Ne les crois pas, de Sebastian Fitzek.

Ne les crois pas

L'ouvrage:
Lors d'une conversation téléphonique, alors que la réception est mauvaise, Leoni dit à son fiancé, Yann, qu'il ne devra pas croire ce qu'on pourra lui dire. Alors qu'il lui pose des questions et tente d'en savoir plus, un policier frappe à sa porte, et lui apprend que Leoni a eu un accident de voiture mortel une heure plus tôt.

Huit mois plus tard, un forcené prend une station de radio en otage. Il ne veut négocier qu'avec Ira Sammen. Celle-ci, se reprochant d'être la cause du suicide de sa fille, est mal dans sa peau.

Critique:
En général, Sebastian Fitzek allie suspense haletant et exagérations. D'habitude, pour moi, le suspense compense les improbabilités. Ici, mon sentiment est plus nuancé.

L'auteur crée un suspense qu'il parvient à faire durer en imaginant des rebondissements, surtout au niveau de l'action. La prise d'otage est, par définition, quelque chose d'angoissant. S'y ajoutent des péripéties dues aux règles établies par le preneur d'otage.

Ensuite, on découvre la vie d'Ira. Là encore, Sebastian Fitzek s'arrange pour ne pas tout dévoiler, ménageant le suspense. J'ai trouvé cette façon de faire un peu artificielle, surtout lorsque Kitty (la deuxième fille d'Ira) se demande pourquoi elle ne dit pas la vérité à sa mère. J'ai d'ailleurs eu du mal à comprendre l'attitude de Kitty vis-à-vis d'Ira. Tout est expliqué dans le roman, mais c'est un peu gros. Je pense que cela m'aurait moins gênée si c'était le seul détail incongru. Le romancier les accumule. L'histoire de Leoni, par exemple, est un peu rocambolesque. Les raisons se tiennent, mais la façon de faire est discutable.

Le «méchant» dont on est censé découvrir l'identité vers la fin est un peu trop facile à soupçonner car l'auteur le rend trop aimable aux yeux du lecteur, en noircissant un autre pour qu'il soit soupçonné.
Vers la fin, les événements se précipitent, et on se dit qu'il ne serait pas vraisemblable que tout cela se termine d'une certaine manière. Et pourtant, l'auteur ose agir ainsi. Cela ne m'a pas déçue, mais il m'a semblé qu'il aurait été plus crédible s'il n'avait pas surenchéri dans le spectaculaire.

La psychologie de Sarah m'a intéressée. Un détail en particulier m'a plu, car pour le coup, l'auteur sort des sentiers battus.

Ira m'a souvent agacée. Certes, elle a de quoi se plaindre, mais j'ai trouvé qu'elle se lamentait beaucoup, jouait trop à «je vais me suicider».

Remarque annexe:
À un moment, Yann dit que dans un couple, c'est bien de se cacher des choses. Ça fait partie de la part de mystère que garde l'autre. Je trouve cette théorie trop tranchée. J'aurais préféré qu'il dise que pour lui, c'était une bonne chose, et n'en fasse pas un avis qui devrait être universel.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Danheux pour la Ligue Braille.

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mercredi, 27 août 2014

Tu ne te souviendras pas, de Sebastian Fitzek.

 Tu ne te souviendras pas

L'ouvrage:
Robert Stern est avocat. Ce jour-là, une ancienne petite amie, Karina, lui a arrangé un rendez-vous avec Simon, dix ans. Le garçonnet dit avoir tué un homme, il y a quinze ans. Il a d'autres crimes à avouer, et il ne veut le faire qu'en présence de son avocat.

Critique:
Comme dans «Thérapie», l'auteur prenait un pari risqué. Il va assez loin dans certaines théories, et on se dit qu'il va fatalement se couper. Mais non. Le mystère qu'il fait planer dès le départ suit son chemin, et au final, tout est cohérent. Certains douteront de la solution de l'énigme. Je ne sais pas si l'auteur s'est documenté ou a tout inventé, mais je serais encline à penser que c'est possible, même si cela ne l'est pas de manière aussi poussée que dans le roman.
Je ne sais pas non plus si le détecteur de mensonges perfectionné introduit dans le roman existe vraiment, mais cela semble réaliste.

Afin de faire durer le roman sans que le lecteur s'ennuie, l'auteur introduit une intrigue secondaire qui a deux avantages. D'abord, on en apprend sur l'avocat, son passé, sa psychologie, celle de son ex-femme. Ensuite, l'auteur s'arrange pour présenter les choses en provoquant un autre mystère qui semblera (tout au moins au début) inextricable au lecteur. La encore, la résolution de l'énigme paraîtra grosse à certains... J'ai trouvé que le tout se tenait.

En outre, Sebastian Fitzek s'y prend très bien pour faire monter la tension, faire durer le suspense. Bien sûr, il utilise certaines ficelles connues, mais je les lui pardonne, car son roman est palpitant. Par exemple, il laisse des personnages en mauvaise posture pour nous en montrer d'autre tout aussi mal en point. Il utilise d'autres ficelles de ce type.
Quant au «vrai méchant» de l'histoire, je n'avais pas découvert son identité.

Les personnages principaux (Robert et Karina) sont attachants, même s'ils m'ont souvent agacée. Je pense qu'on n'a pas vraiment le temps de les connaître. Robert est creusé, donc on s'attache à lui au fil du roman, mais Karina m'a semblé un peu plate.

Dans l'ensemble, le roman est réussi, l'auteur crée des problèmes qu'il résout bien... et l'épilogue arrive. J'ai compris ce que l'auteur avait souhaité faire, mais je n'y ai pas adhéré, principalement parce qu'on n'a pas d'explications. Bien sûr, c'est le but: l'auteur souhaite que le lecteur en trouve une seul. Celle que j'ai trouvée implique des choses qui, à mon avis, sont trop grosses. D'autre part, la fin est trop brutale. Elle donne envie de connaître la suite. Pour moi, cette fin gâche quelque peu l'ensemble.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lysiane Ledent pour la Ligue Braille.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver cette lectrice dont j'apprécie toujours le dynamisme et le jeu qui n'est jamais monotone ou exagéré.

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mardi, 24 juillet 2012

Thérapie, de Sebastian Fitzek.

Thérapie

L'ouvrage:
Joséphine Larenz (Josy) a douze ans. Depuis plusieurs mois, elle souffre de maux inexpliqués. C'est alors qu'elle disparaît.
Quatre ans plus tard, son père, VViktor, ancien psychiatre de renom, est sûr de savoir enfin ce qui lui est arrivé.

Critique:
Le point fort de ce roman, c'est que le lecteur n'a aucune seconde de répit. L'auteur nous plonge tout de suite dans une atmosphère mystérieuse et étouffante qui s'épaissit au fur et à mesure de la lecture. L'ambiance est assez importante: cette petite île perdue, battue par le vent, coupée de tout, est propice aux événements étranges. C'est d'ailleurs pour cela que le lecteur acceptera facilement certaines incongruités qui, pourtant, sont très grosses. Par exemple, je n'ai pas bronché quand il est dit à plusieurs reprises que malgré la pluie, les vêtement et les chaussures d'Anna Spiegel sont immaculés lorsqu'elle arrive chez VViktor. Je me suis demandé comment l'auteur allait résoudre ce genre d'énigmes, mais je ne m'inquiétais pas, Sebastian Fitzek les pointant du doigt plusieurs fois, il voulait que le lecteur se les rappelle bien, et n'oublie pas de chercher leur résolution dans la solution.
En outre, les rebondissements s'enchaînent très rapidement.

Bien sûr, certains aspects de la structure sont quelque peu déloyaux. Par exemple, le prologue est un moment haletant qu'il sera difficile de replacer dans le temps. C'est intéressant, car cela complique un peu la tâche du lecteur, mais je trouve cette ficelle un peu facile.
J'ai bien conscience que ce reproche est du pinaillage. ;-)
D'autre part, il y a quand même des chapitres où il ne se passe rien, comme le chapitre 16, par exemple. Ces chapitres pourraient être inutiles, cependant, ils sont une petite pause pour le lecteur, et ils trouvent leur intérêt à la fin, car ils expliquent de petits détails.

Je ne sais pas à quel point le romancier s'est documenté quant aux maladies mentales qu'il décrit, mais ce qu'il en dit est très intéressant. Je connaissais l'une d'elles, et je ne pensais pas que l'autre pouvait exister de manière si poussée.

J'ai un autre petit reproche: il concerne la personne coupable de ce qui arriva à Josy. Certes, cette solution explique très bien et de manière plausible toutes les incongruités qu'on pourrait trouver. Cependant, c'est une solution que je voyais venir depuis un moment tout en la redoutant. L'écrivain n'a donc pas su totalement me surprendre. De plus, je trouve cette ficelle trop facile. C'est une échappatoire que je juge déloyale. Enfin, elle fait partie de ces ficelles qu'on ne peut pas utiliser dans trop de livres, car elle s'use vite. Si elle est renversante, après qu'on l'a rencontrée une ou deux fois, elle perd son attrait.
Cette déception a été un peu rattrapée par la façon dont Sebastian Fitzek l'a «accompagnée». En effet, la manière dont VViktor parvient à savoir ce qui est arrivé est assez impressionnante. Généralement, les auteurs employant cette ficelle ne la poussent pas aussi loin que l'a fait Sebastian Fitzek, et cela la renouvelle, lui donne plus de substance.
Ma déception a également été atténuée par la découverte finale, et surtout le fait que VViktor a pu le savoir.

Les personnages ne sont pas très consistants, excepté VViktor. Ce n'est pas gênant, car l'intrigue est ce sur quoi l'auteur focalise l'attention du lecteur. Par ailleurs, seul VViktor est réellement digne d'intérêt. Les autres ne font que graviter autour de lui. On ne sera donc pas trop déçu de leur banalité.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Vanderperren pour la Ligue Braille.
La lectrice lit toujours aussi bien. Parfois, sa voix s'enroue, et déraille un peu.
Un morceau de chapitre et les derniers chapitres sont enregistrés par une autre lectrice. Je trouve cela dommage. Je me doute que c'est dû à des raisons techniques, mais il est regrettable qu'on n'ait pas fait relire les parties problématiques à Suzanne Vanderperren.

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