Auteur : Fielding Joy

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lundi, 26 juillet 2010

Still life, de Joy Fielding.

still life Note: il semblerait que ce livre ne soit pas sorti en français.

L'ouvrage:
Après un déjeuner avec ses amies, Gail et Janine, Casey Marshall est renversée par une voiture. Elle se réveille à l'hôpital, dans le coma. Petit à petit, elle se rend compte qu'elle peut entendre ce qui se passe autour d'elle, et comprendre ce qu'elle entend. Elle aimerait tant le dire à ses amies et à Warren, son mari, qui viennent la voir tous les jours.

Au bout d'un moment, le policier chargé de l'enquête, laisse entendre qu'à son avis, ce qui est arrivé à Casey n'est pas un accident. Il interroge aussitôt ses proches, la principale suspecte sera sa soeur, Drew. Elle et Casey se disputent souvent pour de l'argent...

Critique:
Joy Fielding a de bonnes idées et sait les exploiter. Il est vraiment dommage que le livre traîne autant. Il y a des passages beaucoup trop longs! On dirait qu'elle veut atteindre un certain nombre de pages. C'est vraiment fastidieux pour le lecteur! Il y a du remplissage au long du roman, mais en plus, il est très lent à démarrer. Les retours en arrière, par exemple, nous aident à comprendre les personnages, mais sont un peu indigestes. En plus, la ficelle du «tout le monde a plus ou moins quelque chose à se reprocher, et pourrait être responsable de ce qui est arrivé à Casey» est éculée. Heureusement, elle n'est pas employée longtemps.

Il y a certains rebondissements intéressants. D'abord, on sait assez rapidement qui en veut à la vie de Casey. C'est alors qu'on entre dans la seconde phase du roman où là encore, il y aura quelques rebondissements pas trop mal amenés, même si on en voit certains venir.

Le lecteur ressent bien la frustration de Casey qui aimerait s'exprimer et ne le peut pas, et qu'en plus, certains traitent en objet, alors qu'elle entend tout.
Je me demande si Joy Fielding s'est documentée, et si une telle situation est possible alors que la personne est dans le coma. Je sais qu'on ne sait pas grand-chose sur ce que perçoit un patient dans cet état.

L'auteur analyse bien la psychologie des personnages. Le «méchant» est assez effrayant, car il trompe son monde, et le fait très habilement. L'auteur rend tout cela très vraisemblable.
Patsy est une sombre idiote minaudante et intéressée. C'est un peu dommage qu'elle soit si caricaturale, car elle ne sait qu'agacer le lecteur, qui ne peut s'empêcher (du moins moi), de penser qu'elle a bien mérité ce qui lui arrive.
Gail a l'air un peu cruche à toujours glousser bêtement, et à toujours essayer de voir le bon côté des gens.
Drew est intéressante. Elle horripile le lecteur, l'attendrit, éveille sa compassion... Il est quand même un peu gros qu'elle n'ait pas douté avant la soirée champagne. Il est curieux qu'après que Casey l'a «prévenue» de ne rien dire à une certaine personne, elle n'ait pas été plus méfiante que ça. C'est, à mon avis, une faiblesse du scénario.
Lola est également un personnage sympathique.

N'oublions pas l'humour. Il y en a. Par exemple quand Casey entend certaines choses et pense ce qu'elle répondrait si elle le pouvait.
La scène où Lola raconte «La belle au bois dormant» à Casey est assez amusante, d'abord à cause des remarques de Jeannine, puis de la façon dont Lola raconte, enfin à cause de ce qui se passe pendant le récit, le stoppant net.

Bref, un bon livre, bien pensé, mais dont la pertinence est atténuée par les trop nombreuses longueurs.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kymberly Dakin pour les éditions Brilliance audio.
La lectrice joue bien, mais il est un peu dommage qu'elle tente de faire des voix différentes, ça la rend ridicule et affectée, surtout au début, quand elle fait Janine.

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jeudi, 8 juillet 2010

Si tu reviens, de Joy Fielding.

Si tu reviens

L'ouvrage:
Amanda Travis a vingt-huit ans. Elle vit en Floride. C'est une brillante avocate. Elle a été mariée deux fois. Après ses échecs, elle opte pour des aventures sans lendemain, de préférence avec des hommes mariés...

Ce jour-là, quelque chose va venir perturber sa petite vie tranquille: son premier ex mari, Ben Myers, lui téléphone pour lui annoncer qu'elle doit venir d'urgence à Toronto, sa ville natale. Pourquoi? Sa mère, Gwen Price, a assassiné un homme. Elle était assise dans le hall de l'hôtel Four Seasons quand un homme est entré, souhaitant regagner sa chambre. Gwen lui a tiré dessus trois fois.

Critique:
J'avais été très déçue par «Heartstopper». Ici, je serai bien plus nuancée. Il est vrai que certains pans de l'intrigue sont prévisibles. On sait bien, malgré ce que prétend Gwen, qu'elle connaissait l'homme qu'elle a tué, et on sait que si elle l'a tué, c'est qu'elle avait des raisons. On devine également que si elle veut plaider coupable, c'est parce qu'elle cache un autre secret dont la révélation nuirait à quelqu'un.

En outre, il y a du remplissage. Le début traîne beaucoup, et au fil de l'histoire, il y a de longs passages inutiles. Bien sûr, Joy Fielding prend le temps de nous montrer ses personnages, nous donne des pistes pour les analyser et les comprendre, mais c'est quand même un peu long.

Cependant, les personnages sont attachants et sympathiques. Amanda est un peu agaçante, mais justement, elle n'est pas parfaite. Elle refuse d'entrer dans le cliché: ma mère ne m'a pas montré son amour, alors j'ai des problèmes psychologiques à régler. Elle a su construire sa vie. Il est vrai qu'elle a certains problèmes, comme par exemple, son refus de s'attacher, ou le fait qu'elle n'aime pas les diminutifs et les surnoms. J'aime assez l'idée que le fait qu'elle ne veuille pas d'enfants ne vienne pas de quelconques problèmes psychologiques. Enfin un roman où une femme ne veut pas d'enfants, et l'assume!
On plaint Gwen et Lucy, et on aime bien Ben qui, lui non plus, n'est pas parfait.
Et bien sûr, on admire le père d'Amanda.

Ce qu'a fait Gwen force Amanda à enquêter sur sa mère, ce qui est une bonne ficelle. La mère et la fille ne se sont jamais comprises, et c'est la fille qui va devoir fouiller le passé de sa mère, fouille qui la forcera à admettre les souffrances et l'humanité de sa mère.
L'intrigue est lente, mais certains rebondissements sont bien placés, car on ne s'y attend pas. La découverte finale ne manquera pas d'étonner le lecteur, et de le faire réfléchir. Tout est très bien exploité et décrit: l'adolescente perdue et influençable qui met un doigt dans l'engrenage, la femme écrasée par la douleur et la culpabilité, l'enfant qui grandit comme elle peut, et l'homme détestable qui ne sème que mort et malheur sur son passage.

La façon dont Amanda revoit des scènes de son enfance est bien insérée dans l'intrigue, surtout lorsqu'il y a des parallèles entre une scène du présent et une du passé.

Quant à la fin, elle convient bien au roman. Je m'attendais à ce qu'elle soit trop téléphonée, trop facile, mais non. Elle est plus réaliste. Les choses ne vont pas évoluer en quelques jours, mais des progrès ont été faits, et petit à petit, cela va évoluer, jusqu'à ce que, peut-être, certaines décisions importantes soient prises.

N'oublions pas les petites notes d'humour dont Joy Fielding parsème son roman. Par exemple, lorsque Ben apprend à Amanda ce qu'a fait sa mère, la situation dans laquelle se trouve celle-ci est assez comique. En outre, on savourera le dialogue retranscrit ici approximativement:
«C'est à propos de ta mère.
-Quoi, ma mère? Qui est-ce qu'elle a tué?
-Un homme.
-Hein? Quoi? Elle a tué quelqu'un!»
Le personnage de Rachel, malgré son histoire, est également assez amusant.
D'autres petites touches d'humour accompagnent le lecteur, ce qui le détend un peu.

Éditeur français: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laura Hicks pour les éditions BBC Audiobooks America.
La lectrice cabotine un peu, mais ce n'est pas trop grave, car son jeu est bon, et elle n'exagère pas trop lorsqu'elle interprète les rôles masculins.

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lundi, 17 septembre 2007

Heartstopper, de Joy Fielding.

Heartstopper

Note: J'ai lu ce livre en anglais, et je ne sais pas s'il a été traduit en français (il semblerait que non). En tout cas, ne trouvant pas le titre français, j'ai mis le titre original.

L'ouvrage:
Torrance, petit village de Floride.
Sandy Crosbie, enseignante, a bien du mal à s'adapter à sa nouvelle vie. En effet, la famille Crosbie (Ian, Sandy, et leurs deux enfants, Tim et Megan), habitait à New York. Ian a décidé de déménager, arguant qu'on lui offrait un poste. En fait, il avait rencontré une femme sur internet, et voulait la voir en chair et en os. Ce qu'il vit lui plut, car il quitta Sandy pour aller s'installer chez Carry Franklin.

Torrance étant un petit village, tout se sait. On sait qui a des aventures avec qui, qui est apprécié de qui, etc.
On est d'autant plus surpris lorsque les jeunes filles du village commencent à disparaître...

Critique:
Joy Fielding s'essaie au roman policier. Mon sentiment est mitigé quant au résultat.
Elle n'évite aucun écueil. Elle fonce même tête la première dedans. Elle nous présente un coupable contre lequel elle accumule les indices troublants, le plus parlant étant qu'il terrorise sa femme. Cette piste est tellement grosse que le lecteur n'y croit pas. Il attend qu'elle veuille bien changer de présumé coupable. Mais elle insiste: la personne véritablement coupable du crime cache des indices chez le présumé coupable, et sans chercher plus loin, le shérif l'arrête. Si ce n'est pas une ficelle plus qu'éculée, ça!!!

On devine également que cette pauvre Sandy est cruche de suivre Will, alors qu'elle le connaît depuis cinq minutes, qu'elle ne devrait pas s'arrêter pour porter secours à monsieur Lipsman... Elle le sait aussi, mais le fait quand même. Elle passe pour une andouille à ses yeux et à ceux du lecteur.
En outre, elle attend, comme une bécasse, que son mari veuille bien lui revenir, alors qu'on sait bien qu'il ne lui reviendra pas. Elle est assez agaçante à attendre comme ça, comme si elle n'avait aucune expérience de la vie. Je ne dis pas qu'une femme ne doit pas espérer (c'est d'ailleurs logique qu'elle espère), mais là, c'est à la limite de la stupidité.

Les adolescents ont tous une attitude caricaturale: ils rejettent Dalila parce qu'elle ne ressemble pas à celles qu'ils considèrent comme des beautés. Personne ne se démarque, ils ne cherchent pas plus loin: elle a quelques kilos en trop et n'est pas très bien habillée, alors, ils la rejettent tous.

Vous allez me dire que toutes ces situations peuvent se retrouver dans la vie. Soit. Seulement, une situation clichée par ci par là, cela se comprend, cela s'accepte. Mais ce livre est truffé de ce genre de situations! C'est exaspérant! De plus, il traîne beaucoup. Pendant ma lecture, je me suis demandée si ce n'était pas Mary Higgins Clark qui avait écrit sous le pseudonyme de Joy Fielding.

Tout cela est un peu rattrapé par la découverte de la personne coupable des crimes. Je savais bien que les coupables que Joy Fielding nous jetait en pâture n'étaient pas les bons, mais je n'avais pas trouvé qui c'était. Je ne me doutais de rien. Pourtant, lorsqu'on sait, certaines choses paraissent d'une logique imparable. En outre, des indices étaient dispersés tout au long du roman. Une fois qu'on a la solution, tout est évident. Il faudrait même relire le livre pour essayer de repérer les indices, voire les failles. Je suppose qu'il n'y a pas de failles, car l'auteur a travaillé son roman, mais l'éclairage de la fin donne envie de relire le livre et de collecter les indices.

Je m'interroge sur la traduction française de ce livre. En effet, l'auteur a fait en sorte que lorsque «the killer» écrit son journal, on ne puisse déterminer son sexe. En anglais, c'est assez facile, car les adjectifs et les participes passés sont épicènes. Malheureusement, en français, cette neutralité est impossible à garder. J'ai essayé de traduire quelques petites phrases, et dans quelques cas, on peut s'appuyer sur le contexte. Par exemple, au chapitre où «the killer» raconte sa presque noyade, il est écrit «I was gone». Vu le contexte, on pourrait traduire par «j'étais à l'eau«. Mais ceci n'est qu'un exemple, et je ne me suis pas amusée à reprendre tous les chapitres du «killer's journal».

Je ne parle pas souvent de la prestation des lecteurs, mais là...
J'ai l'impression que la lectrice à pipé les dés. Elle fait partie des lecteurs qui tiennent absolument à faire une voix à chaque personnage. Ici, c'était extrêmement agaçant. Lorsqu'elle fait un homme, on dirait qu'elle va vomir; lorsqu'elle fait une personne âgée, on a envie de l'achever; lorsqu'elle fait Dalila, on dirait une idiote. En outre, cette manie de faire des voix à tout le monde fait qu'elle prend deux voix absolument différentes pour «the killer» et le personnage du petit village dont on finit par découvrir que c'est «the killer». En plus, la voix qu'elle prend pour «the killer» nous fait penser que la personne est beaucoup plus âgée qu'elle ne l'est en réalité. Du coup, elle n'a pas joué le jeu. Il aurait été préférable qu'elle prît une voix expressive, certes, mais pas différente pour chaque personnage. Je me suis sentie flouée par cette lecture. Cet exemple fait que je suis d'autant plus d'accord avec Eric Herson-Macarel qui dit (dans son interview du 6 septembre) qu'il ne faut pas singer les voix des personnages.

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lundi, 30 janvier 2006

Grande avenue, de Joy Fielding.

Grande avenue L'ouvrage:
Elles sont quatre amies. Elles habitent toutes les quatre Grande Avenue. Elles sont très proches les unes des autres. Elles vont traverser la vie ensemble.

Susan est mariée à Owen Norman, un médecin. Elle arrive à reprendre ses études, et à devenir journaliste. Elle et son mari s'aiment. La petite ombre au tableau, c'est leur fille aînée, Arielle, au caractère rebelle et emporté, avec qui la communication est souvent difficile.

Barbara est mariée à Ron Azinger, professeur à l'université. Elle l'adore. Leur fille, Tracey, est une fille modèle. Mais le mari deBarbara est un coureur de jupons. Barbara tente de ne pas y prêter attention, et fait tout pour se rendre désirable aux yeux de Ron. Cela marche un temps...

Chris est mère au foyer. Elle traverse un calvaire qu'elle croitinextricable: son mari, Tony Malarek, est violent. Non seulement, il la frappe et l'humilie pour un rien, mais il la déconsidère auprès de leurs enfants, ne cessant de la faire passer pour la bonniche et de la rabaisser devant eux. Chris pense qu'elle ne s'en sortira jamais. Heureusement, ses amies l'aideront.

Vicki est mariée à Jeremy Lattimer. Au départ, il était le père de son petit ami, puis elle a décidé qu'elle préférait le père au fils. C'est une avocate très forte et très ambitieuse. Elle trompe allègrement son mari, et s'arrange très bien avec sa conscience.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre qui raconte les aléas de la vie de quatre femmes qui se serrent les coudes dans l'adversité.
Le personnage de Chris est certainement celui que l'on prend le plus en pitié. D'abord, elle ne se laisse pas faire, et cela la rend d'autant plus sympathique. Au début, elle préfère ne pas faire de vagues, mais au fur et à mesure que le livre avance, nous voyons sa révolte, et elle finit par se délivrer. Mais son calvaire ne s'arrête pas là...

Barbara est un personnage sympathique. Elle l'est d'autant plus qu'à un moment, elle commet certains actes répréhensibles. Justement, cela la rend plus humaine. Une femme trahie et en colère n'agirait-elle pas ainsi?

Susan est mon personnage préféré. Elle essaie d'élever ses filles du mieux qu'elle peut, et les rares moments de complicité qu'elle partage avec sa fille Arielle montrent que malgré les rebuffades de cette dernière, Susan est une bonne mère. Elle est une femme active, et son mariage est heureux, même si à un moment, il y a un passage à vide. Et surtout, Susan est une amie loyale.

Au début de l'ouvrage, c'est Susan qui présente les quatre amies. Elle explique que l'une d'elles a trahi l'amitié commune, et que deux autres sont mortes. Je me suis très vite doutée de l'identité de celle qui avait été déloyale. Pourtant, ce qu'elle a fait serait une preuve de loyauté. Mais elle a fait trop de mal autour d'elle en faisant cela. De plus, son amie aurait-elle vraiment approuvé ses actes? Je n'en suis pas absolument sûre.
Je trouve dommage que Joy Fielding annonce ce genre de choses, parce qu'on s'attend à une trahison, et à deux morts. De plus, il ne vaut mieux pas lire la quatrième de couverture qui nous apprend tout de suite laquelle des quatre a été assassinée et qui l'a tuée.

C'est un très bon livre, qui explore la psychologie, les motivations de personnages aux caractères différents, leurs choix, et la façon dont elles se débattent avec les coups du sort. En outre, c'est, une fois de plus, un avertissement: ne pas se fier aux apparences. En effet, l'un des personnages (je ne parle pas de l'amie déloyale) se révèle un être extrêmement dangereux. Le livre nous rappelle également à quel point on pouvait être fermé, il n'y a pas si longtemps, et sûrement encore aujourd'hui, quant aux homosexuels. Ce qui est montré ici est assez terrible. Susan résume très bien mon sentiment, lorsqu'elle va voir Vicki après le procès.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Schwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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