Auteur : Ferguson Jon

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lundi, 16 mars 2015

Te fous pas de moi, papa, de Jon Ferguson.

Te fous pas de moi, papa

L'ouvrage:
Laura a seize ans. Elle vit avec son père. Sa mère est morte quand elle avait huit ans. Le père et la fille sont américains mais habitent en Suisse. Laura décrit son quotidien et fait part de certaines de ses réflexions au lecteur.

Critique:
J'ai retrouvé avec plaisir le style vivant de Jon Ferguson. En outre, pour moi, il a su entrer dans la peau de cette adolescente. Les écrits de Laura sont à la fois pleins de certitudes et de questions. Par exemple, elle est persuadée de tenir la clé de la réforme du système scolaire qui fonctionnera à coup sûr. Pour elle, il est impensable d'enfermer une trentaine d'adolescents dans une salle toute la journée avec des professeurs qui se succèdent pour faire cours. Seulement, elle ne voit pas les failles de son raisonnement. Avec son idée, les élèves n'auraient que trois heures de cours par jour. En outre, joueraient-ils vraiment le jeu? Il est humain de se laisser aller à faire des choses qui tiennent du loisir lorsqu'on n'est pas cadré.
C'est la même chose avec la solution du professeur d'anglais qui laisse les élèves écouter de la musique (avec un casque) après qu'ils ont fini leur contrôle, ainsi les autres peuvent travailler dans le silence. Du coup, le professeur veut proposer un allègement du règlement intérieur: ceux qui ne veulent pas travailler pourront écouter de la musique, ainsi on pourra avancer avec les autres. Si quelque chose de ce genre arrivait, beaucoup finiraient par passer dans le camp de ceux qui ne veulent pas travailler parce que là encore, c'est humain de vouloir faire ce qui plaît en priorité. D'autant qu'il serait désagréable de voir un non-travailleur récompensé de son attitude par le droit de ne faire que des activités de loisir.
Je sais que je m'attarde beaucoup sur cet aspect, alors qu'il n'est pas la seule chose du livre, mais outre que j'en ai assez qu'on prône le laxisme concernant l'école, je suis déçue qu'un auteur fin comme Jon Ferguson n'ait pas poussé le raisonnement.

À un moment, Laura rencontre une femme aveugle. Cela fait qu'elle se pose beaucoup de questions sur les aveugles.
Elle a aussi deux oiseaux, et à partir de ce moment, elle se met à se demander ce qu'ils ressentent, etc. J'ai trouvé sympathique qu'elle fasse attention au monde qui l'entoure.

L'adolescente nous parle également de ses premières amours. Elle profite pleinement de ce qui lui arrive tout en se posant certaines questions et remettant certaines choses en cause.

J'aime beaucoup ce qu'elle montre de ses rapports avec son père. C'est une très belle relation. Elle est renforcée par le fait que la mère ne la jeune fille n'est plus là, mais à la base, c'est le genre de relations que, pour moi, tout parent devrait avoir avec son enfant.

À côté de cela, on trouve des réflexions intéressantes qui, à mon avis, viennent directement de l'humour particulier de Jon Ferguson. Par exemple, Laura se demande pourquoi il y a des chapitres dans un livre. Pour raconter son voyage à Marakech, elle écrit à... Marakech.

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Un livre sympathique qui évoque simplement la vie dans toute sa complexité.

Éditeur: Ozalide.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par André Cortessis pour la Bibliothèque Sonore Romande.

lundi, 24 juin 2013

L'anthropologue, de Jon Ferguson.

L'anthropologue

L'ouvrage:
Léonard Fuller est anthropologue. Il travaille dans une université où les cours qu'il donne ne sont pas au goût de tous. Il a deux filles, et est divorcé...
Il ne ferme jamais la porte de chez lui à clé. C'est ainsi qu'un jour, il trouve un cheveu auburn sur son oreiller. Intrigué, il va chercher à savoir à qui il appartient.

Critique:
Voilà un petit livre fort sympathique, mettant en scène un homme très ouvert, dont certaines façons de penser sont délicieusement politiquement incorrectes, mais si justes! L'auteur ne présente pas des situations figées, ce qu'il raconte, et la manière dont c'est raconté montre que tout est toujours possible. Le meilleur exemple est sûrement celui de Dolorès, l'ex-femme de Fuller. Ce personnage se révèle plein de surprises.

Fuller marche dans la vie en la prenant du bon côté, sans toutefois penser qu'elle est un parterre de roses. Averti quant à ses congénères et à lui-même, il prend les choses comme elles viennent, et pas toujours comme on pourrait le penser. Ainsi, son désir de découvrir qui se couche dans son lit alors qu'il est absent ne révèle aucune peur que quelqu'un ait pénétré chez lui (cela serait d'ailleurs illogique, puisqu'il ne ferme jamais à clé), mais plutôt un vif intérêt de détective, enchanté de cette nouvelle distraction qui apportera un peu de piquant à sa vie, et lui permettra d'étudier une fois de plus ses congénères.

J'aime beaucoup sa façon de démontrer à Rufus que rien n'est figé, que tout peu changer, et qu'il suffit parfois de changer en apparence pour que les gens commencent à y croire. J'ai également apprécié que Fuller soit jeune dans sa tête, et soit capable d'extravagances. Sans oublier les discussions à la fois drôles et philosophiques que Fuller a avec Sharon, sa secrétaire. Bref, ce livre m'a mise de bonne humeur.

Seule, la fin m'a déçue parce que je ne l'ai pas vraiment comprise. Pour moi, c'est une fausse note, car elle n'est pas expliquée rationnellement. Je sais que c'est voulu, mais cette façon de faire ne m'a pas plu. Peut-être l'auteur souhaite-t-il que le lecteur ouvre davantage son esprit... Peut-être la résolution de cette fin se trouve-t-elle dans le roman, et l'ai-je manquée...

Éditeur: Castagniééé.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François-Xavier Deschnaux pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Le lecteur a su interpréter ce livre avec sobriété, mais pas trop: mettant un brin de rire sur certaines répliques, prenant parfois un petit ton amusé, le tout de manière subtile. Il a su jouer sans surjouer.

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