La nuit bengali

Note: Ne lisez pas la quatrième de couverture: elle résume tout le livre!

L'ouvrage:
Inde.
Allan est un jeune ingénieur européen. Son patron le loge. C'est alors qu'il rencontre sa fille: Maitreyi. Il est blanc, elle est indienne. Au fil de leur cohabitation, ils passent d'une indifférence polie à une passion dévorante.

Critique:
En plus de résumé le livre, la quatrième de couverture indique que ce roman est remarquable, et que le personnage de Maitreyi est une figure féminine à côté de laquelle il ne faut pas passer. Je comprends ce que celui qui l'a rédigée veut dire. Cette jeune fille qui se débat entre conventions et passions, qui brave les interdits, qui ne se contente pas d'être une gentille petite fille, qui remet certaines choses en question... cette jeune fille paraît admirable.
Mon sentiment à son égard est assez mitigé. D'abord, il est important de remettre les choses dans leur contexte: l'époque, le pays et ses coutumes, le racisme des colons envers les colonisés, les choses sacrées qu'Allan et Maitreyi ont piétinées aux yeux du père de celle-ci... Tout cela fait que le lecteur éprouvera effectivement une certaine admiration pour le courage et la force de caractère de Maitreyi.

Cependant, j'ai eu du mal à entrer totalement dans l'histoire, à vraiment prendre parti pour les amoureux. J'ai plutôt regardé les personnages se débattre dans des filets en prenant une certaine distance. Si Maitreyi est sympathique, j'avoue que ses larmoiements m'ont agacée. On me dira que ça aussi, ça fait partie de sa culture.
En outre, Allan est exaspérant. Comment peut-elle aimer aussi follement un être si mou, si plat, si lâche?! Comment peut-elle tout risquer pour un être si falot? Un être qui se cache derrière une vague promesse pour ne plus la revoir, qui crie qu'il l'aime, mais qui ne le prouve pas, qui, ensuite, dit qu'il ne l'aime pas, et pique des crises de nerfs... à part s'agiter, se donner en spectacle, et semer la souffrance autour de sa personne, ce pauvre Allan ne fait pas grand-chose.

Quant aux parents de Maitreyi...! Bien sûr, ils tiennent aux conventions, car c'est très ancré dans leur culture, mais l'amour de parents pour leur enfants devrait passer en premier. Ils devraient souhaiter son bonheur.

Le contexte historique est très bien rendu. Il est intéressant de s'y replonger afin de mieux comprendre certains événements, et la manière dont tout acte est perçu.
Le livre est bien écrit, le style est à la fois fluide et recherché.
Malgré ces qualités indéniables, je ne recommande pas vraiment ce livre...

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je n'aurais pas fini le livre s'il n'avait pas été lu par ce lecteur que j'apprécie, et qui, par sa lecture sobre, m'a rendu les errances d'Allan et les larmoiements de Maitreyi plus supportables.

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