L'arme du silence

L'ouvrage:
Solène a trente-trois ans, est divorcée, a un enfant. Sa vie n'est pas très stable, elle ne parvient pas à se fixer. Elle ne peut pas digérer le drame de la mort de son père. Elle ne l'a pas connu, mais sa disparition a façonné la vie de Rose, la mère de Solène, et par conséquent, celle de solène. Elle ne sait pas qu'Alex, son meilleur ami, l'homme qui l'aime plus que tout, lui cache un terrible secret.

Critique:
À la lecture du synopsis, je m'attendais à un livre aussi bouleversant, passionnant, et fascinant qu'«Aurora Kentucky», de Carolyn D. Wall ou «Le confident», d'Hélène Grémillon (mes deux coups de coeur de cet été). J'ai été très déçue.
Le livre est exempt de longueurs, c'est pour moi, l'un des rares points positifs.

Sonia Elbèze nous décrit des personnages superficiels qui passent leur temps à se chercher, à hésiter, à se demander quoi faire, à vouloir quelque chose et à faire le contraire. Ils ont entre trente et quarante ans, et on les croirait encore au lycée. Ils ne sont pas vraiment matures.
J'ai trouvé cette société assez négative: on y prône le «mieux vaut être mal accompagné que d'être seul», et ça me dérange. Se contenter de pis-aller, c'est mentir à quelqu'un, le blesser, et se mentir à soi-même. Cette société n'arrive pas à évoluer, ne se remet pas en question, passe son temps à ressasser, à se lamenter. Malheureusement, il me semble que beaucoup de gens sont ainsi dans la vie.

Alex aime Solène. Il accepte tout d'elle. Soit, mais il se garde Laurence comme roue de secours. Le lecteur éprouvera de la compassion pour lui jusqu'à un certain point. Son choix final l'a rendu fade, à mes yeux, alors que j'arrivais à comprendre son amour absolu, même s'il ne lui apportait que du mauvais.
Laurence n'est pas très consistante. Le lecteur ne ressentira que mépris et exaspération à son égard.
Romain pense aimer Solène, puis il croit vouloir une vie de famille, mais il couche quand même à droite et à gauche, histoire de ne pas perdre la main...
Rose s'entortille dans des chaînes. Elle vit dans le passé, et on dirait qu'elle est engluée dans de mauvaises choses. Sa vie ne lui convient pas, mais elle n'a pas le courage d'en changer.

La palme revient sûrement à Solène. Elle prend prétexte de sa souffrance pour faire n'importe quoi. Elle a un fils qu'elle n'assume pas: elle se contente de donner des tonnes de recommandations à sa mère qui va le garder pendant qu'elle part en vacances au Vénézuella. Elle trompe celui qu'elle est censée aimer, mais bien sûr, lui n'a pas le droit. Il doit rester là, comme un toutou, à attendre que mademoiselle daigne lever le petit doigt.
Solène peut très vite monter en pression: soudain, elle s'affole, elle s'énerve, et tout un flot d'émotions déferle en elle. Elle est à vif. Le lecteur voit très bien cela dans la scène où elle croit qu'Alex est mort. Elle s'est fait son film toute seule, en trente secondes, et l'alimente à grand renfort de cris et de pensées négatives. Ce genre d'expériences ne la rend pas raisonnable pour autant. Elle se dit que ça y est, elle sait où est l'essentiel, elle sait comment elle doit agir... et recommence à faire n'importe quoi.
On me dira que Solène souffre de la mort de son père et de ses conséquences. Soit, mais ce n'est pas une raison pour se conduire de manière si légère, égoïste, et capricieuse.
(Attention! Si vous n'avez pas lu le livre, passez au paragraphe suivant.)
En outre, elle n'évolue pas. À un moment, on pense que si: elle écoute ce qu'on a à lui dire, elle décide de s'éloigner de tout cela. Oui, d'accord, mais que fait-elle? Elle part à l'autre bout du monde, emmenant son fils. Comme elle le dit elle-même, elle prive donc son fils d'un père (même s'il le voit de temps en temps), reproduisant ce qui l'a fait souffrir. En outre, elle est dévastée d'apprendre le mariage d'Alex. Eh bien, alors, pourquoi s'impose-t-elle cet éloignement? À la fin, on comprend que rien ne changera, malgré son apparence de bien-être, puisqu'elle va sûrement sortir avec Franck, sans vraiment l'aimer, et qu'elle continue de pleurer sur le mariage d'Alex. Elle se torture elle-même, elle crée seule son stress et son mal-être.

J'avais plus ou moins deviné quel était le secret d'Alex. J'ai d'ailleurs trouvé très grosse la révélation que sa mère lui fait, à la fin, à ce propos.
Il y a un moment de détente: la soirée de la bande de copines. C'est amusant, et ça fait retomber la tension.
Quant au style de l'auteur, je l'ai trouvé parfois poussif et assez simple, voire maladroit.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par Arcadia éditions dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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