Lucky baby

L'ouvrage:
Meg Lindsay s'est toujours sentie désapprouvée et rejetée par sa mère. Aujourd'hui, elle souhaite que son mari (Lewis) et elle puissent donner tout leur l'amour à un enfant qui n'en a pas. Voilà pourquoi le couple décide d'adopter une fillette chinoise.

Critique:
Au début, ce roman m'a beaucoup plu. Meredith Efken décrivait avec justesse les sentiments des uns et des autres. Je comprenais Meg dont la mère semblait n'avoir que des reproches à la bouche, dont la famille l'avait presque reniée parce qu'elle désapprouvait ses choix. J'ai aussi apprécié qu'on ait un aperçu du point de vue de la mère. Je ne partageais pas son avis, mais il était intéressant de le connaître.

En parallèle de l'histoire de Meg, nous suivons Wen Ming et Zhen An, deux orphelines qui, dès leur rencontre, ont tissé un lien extrêmement fort. Là encore, j'ai apprécié que l'auteur s'attarde sur le caractère et les blessures de Wen Ming, ainsi que sur ses raisons d'agir et de penser comme elle le fait.

J'ai commencé à tiquer lorsque Lewis demande à Meg de ne pas imposer sa religion à leur fille, mais de la laisser se forger son opinion. Si elle avait été aussi tolérante qu'elle le clame, Meg aurait accepté, et n'aurait pas amené l'enfant à l'église. Elle lui aurait parlé de sa foi, lui aurait proposé de l'accompagner à la messe de temps en temps, mais ne lui aurait rien imposé.
D'une manière générale, Meg m'a souvent agacée. J'ai compris ses sentiments, et j'ai apprécié qu'elle se remette en question. Cependant, j'ai eu du mal à accepter qu'elle ne prenne pas davantage au sérieux (et même qu'elle y voie un danger) l'amitié entre sa fille et un autre personnage. J'espère qu'à sa place, j'aurais favorisé ce lien, et que je n'aurais pas essayé de le distendre.
Bien plus tard dans le roman, Meg remet certaines choses en question, et pour moi, elle s'y prend mal. Elle s'admoneste parce que, sa fille l'ayant blessée, elle a peur de souffrir à nouveau si elle passe l'éponge. Pourtant, cette crainte est logique. Ce n'est pas ça qu'elle devrait remettre en question.

J'ai été agacée que l'auteur fasse partie de ceux qui disent que pardonner fait du bien à celui qui pardonne. Je ne partage pas cet avis. Je pense que l'absence de pardon ne signifie pas fatalement forts sentiments négatifs. L'absence de pardon peut mener à l'indifférence vis-à-vis de la personne qui a mal agi. Je connais des exemples de cela, et je pense que le pardon n'apporterait pas l'apaisement, alors que l'indifférence, si. Dans le cas de ce que Wen Ming doit (ou pas) pardonner, je serais plus nuancée. Cependant, je ne comprends pas ceux qui l'ont trahie.
Je n'ai pas non plus aimé qu'on (surtout Zhen An) blâme, pendant plusieurs mois, une enfant de douze ans à cause de quelque chose qu'elle a fait par désespoir, et dont elle-même reconnaît la méchanceté. Il ne faut pas oublier le passé de cette enfant de douze ans, ni toutes les blessures qu'on lui a infligées.

Je n'ai pas non plus aimé que Lewis fasse tout ce qu'il fait dans le but de conquérir une personne dont il sait qu'elle s'en moque. L'auteur explique cela par une réflexion de Meg qui dit en substance que même si un parent fait souffrir son enfant, celui-ci, sous la colère et la tristesse, aimera toujours ce parent. Là encore, je ne partage pas cet avis, ayant plusieurs exemples prouvant le contraire. L'auteur aurait pu s'en sortir en choisissant un exemple moins extrême. Cela lui aurait permis de nuancer son propos. J'ai l'impression que tout ce qui ne m'a pas plu est une succession de surenchères destinées à prouver que l'amour est toujours le plus fort. Je pense qu'elle aurait pu montrer cela autrement, de manière plus pertinente et moins grandiloquente.

Ce roman m'a un peu rappelé «La mémoire du thé» à cause du sujet principal. J'ai préféré «La mémoire du thé», parce que Lisa See tente de montrer les mêmes choses et y réussit mieux. Ses personnages me semblent plus crédibles que ceux de Meredith Efken. Leurs réactions sonnent plus juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Oasis Audio.

Dans ce roman, la comédienne est parvenue à modifier très légèrement sa voix selon la narratrice. Je ne sais pas trop comment elle a fait pour que ce soit à la fois perceptible et peu marqué, mais en tout cas, c'est une réussite.

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