Auteur : Duquesne Jacques

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jeudi, 12 mai 2005

Catherine courage, de Jacques Duquesne.

Catherine courage L'ouvrage:
L'histoire commence en 1891. Catherine Coijebeur, la fille de Maria Vandamme, n'ayant pas assez d'argent, n'a pas pu passer son bac et étudier la médecine, comme elle le voulait. Un jour, un enfant meurt dans ses bras, une jambe arrachée. C'est là que Catherine, enragée de n'avoir rien pu faire pour cet enfant, jure qu'elle sera médecin par n'importe quel moyen. Sa route sera semée d'embûches. Elle devra travailler en plus de ses cours, elle devra faire face à la réprobation, et même à ceux qui veulent carrément l'empêcher d'atteindre son but. Un obstacle imprévu surgit, lorsqu'elle devient amie avec Mathilde, qui lui demande de l'aider à garder son bébé. En effet, Mathilde est fille-mère, et pour l'époque, c'est très mal vu. Elle a donc été envoyée dans la "maternité" où travaille Catherine pour accoucher. Ensuite, son bébé sera donné à une famille. Mais Mathilde ne veut pas l'abandonner...

Critique:
Après "Maria Vandamme" et "Alice van Meulen", Jacques Duquesne nous montre encore une femme qui se bat, qui a du caractère. Catherine est une pionnière. Elle ne veut pas se contenter d'être mère au foyer. Elle a une passion qu'elle veut suivre. C'est une femme, et elle veut aller à l'université, faire des études, et exercer un métier prestigieux. Elle rencontrera des gens de très mauvaise foi, qui essaieront de la faire échouer, ou de la dissuader, sans chercher à savoir si elle est apte ou non à être médecin, mais juste parce qu'elle est une femme. Même ceux qui ont confiance en Catherine, et qui connaissent ses capacités, ne l'ont pas toujours encouragée. Alice van Meulen (Voir "Maria Vandamme", et "Alice van Meulen" pour voir de quelle façon elle est attachée à la famille de Catherine), qui s'est elle-même démarquée en tant que femme, a voulu aider Catherine, mais a également essayé de la dissuader. Bien sûr, lorsque Catherine décide de reprendre ses études sans l'aide de personne, elle fait tout pour réparer son abandon, mais il n'en reste pas moins qu'elle avait essayé de la dissuader, et avait arrêté de l'aider financièrement.

Catherine bouscule les moeurs de son époque, où même certaines personnes ouvertes d'esprit, ont du mal à imaginer une femme médecin. Elle ne devra pas faire aussi bien, mais mieux que les autres. Heureusement, Catherine se fera de vrais amis qui la soutiendront totalement dans son projet. Elle rencontrera même un homme qui n'aura pas peur d'une femme qui veut faire autre chose que la cuisine et les enfants.

L'histoire de Catherine est toujours d'actualité, à mon avis. Même si c'est un roman, cela sonne terriblement vrai. Les femmes médecins, c'est normal, aujourd'hui, mais il faudra toujours se battre, si on est un peu différent de ce que la mentalité de l'époque croit être la norme. Ce roman nous montre que ce qui nous paraît normal aujourd'hui a semblé incongru à une époque. Il peut donc forcer le lecteur à faire preuve d'ouverture d'esprit, et à se demander pourquoi la société trouve telle chose incongrue aujourd'hui.

Notons une petite incohérence. Elle ne nuit pas à l'histoire, et on ne la remarque que si on lit le livre plusieurs fois. A un moment, un ami de Catherine est blessé. Sa compagne est très inquiète, elle supplie Catherine de le sauver. Plus tard, l'ami en question dit des choses qui ne plaisent pas à Catherine. Sa compagne lui dit de se taire. Et c'est là que Catherine pense que c'est la première fois qu'elle entend la voix de la femme.

A noter que le film n'est pas trop mal, mais il vaut mieux lire le roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claire Truche pour les éditions VDB.

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lundi, 9 mai 2005

Maria Vandamme, de Jacques Duquesne.

Maria Vandamme L'ouvrage:
Maria s'est forgé une carapace après s'être heurtée à des personnes mal intentionnées. Elle se démarque de sa condition. Elle ne se laisse pas faire par les valets des fermes où elle travaille, qui essaient de la posséder. Elle ne se résigne pas, comme d'autres. Elle ne voit pas d'inconvénients à coucher avec un homme, mais elle veut qu'il lui plaise. Elle ne supporte pas qu'on fasse du mal aux animaux. Elle n'accepte pas les événements en se disant que c'est sa condition de femme qui le veut. Elle voudrait savoir lire, pour découvrir, et apprendre des choses. Elle passe sa vie à travailler...
Un jour, sa patronne, Céleste Rousset, lui propose d'épouser Aloïs, le cocher de la maison Rousset, qui est très amoureux d'elle. Maria accepte, parce que le garçon est gentil, et qu'elle n'est amoureuse de personne. Mais elle rencontre Blaise Riboulet. Il ne se souvient pas d'elle, ce jour-là, mais elle se rappelle que c'est l'homme qui l'a sauvée, lors d'un incendie, allumé par elle, un jour où on voulait la forcer à travailler dans une maison close. Elle lui avait demandé son nom, se disant qu'il faudrait qu'elle le remercie, un jour. Elle ne sait pas encore que c'est lui, le seul homme qu'elle aimera.

Critique:
L'histoire de Maria est toujours intéressante à lire: elle montre une femme qui ne se résigne pas à faire ce que font toutes les autres. Elle est intelligente, et fine. Elle sait que le savoir l'aidera à mieux comprendre le monde où elle vit, et elle veut l'acquérir. Bien sûr, l'avancée de Maria n'est pas aussi grande que celle de sa fille, Catherine, (héroïne de "Catherine courage", du même auteur, qui fera l'objet de la prochaine critique), mais elle est déjà grande pour son époque. Il est un peu dommage que plusieurs hommes soient amoureux de Maria, d'abord parce qu'elle les fait souffrir en ne pouvant pas les aimer, et aussi parce que cela fait un peu cliché: ils sont tous amoureux d'elle. Le fait que Blaise et elle s'aiment presque aussitôt est aussi un peu cliché: ils se rencontrent, et c'est le coup de foudre. Mais à part ça, Jacques Duquesne sait bien nous replonger dans l'ambiance de l'époque qu'il décrit. Et le personnage de Maria est attachant: c'est une femme qui essaie de s'en sortir, qui fait ce qu'elle croit être juste, mais qui n'est pas non plus une sainte ou superwoman. Je n'aime pas les héroïnes trop parfaites, et il me semble que les imperfections de Maria la rendent plus crédible, et plus aimable aux yeux du lecteur.

Il y a une petite incohérence, mais je la souligne parce que je pinaille. A un moment, il y a tout un passage expliquant que Maria n'a jamais pleuré quand on la maltraitait. Ca fait partie de sa carapace. A ce moment, elle apprend à exprimer sa peine par les larmes. Sauf qu'au début, lors d'un événement antérieur à celui-ci, elle pleure...

Le film en plusieurs épisodes, avec Corinne Dacla, est bien. Il suit assez bien le roman, et ce qui s'en écarte est bien, et reste dans l'esprit de l'ouvrage. Ca fait plaisir, une bonne adaptation d'un livre.

Anecdote amusante: Maria travaille chez Arthur et Céleste Rousset. Alice van Meulen (l'héroïne du roman éponyme), est leur fille. Plus tard, dans "Les héritières" (série en trois tomes, dont le tome 1 est bon, le tome 2 un peu moins, et le tome 3 beaucoup moins, à mon avis), Jacques Duquesne explique que Laurent Surmont, l'un des personnages principaux, a épousé Célestine Rousset, une lointaine cousine d'Alice van Meulen. C'est un clin d'oeil au lecteur qui a suivi Maria, Alice, et Catherine.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicole Vautier pour les éditions VDB.

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