Ennemie intime

L'ouvrage:
Kathrin et Thomas viennent d'emménager. Un jour, en emmenant Leo (leur fils de trois ans) au jardin d'enfants, Kathrin rencontre Tanja, la mère de Ben, grand ami de Leo. Les deux jeunes femmes sympathisent très vite. Kathrin ne sait pas que son cauchemar est sur le point de commencer.

Critique:
Si vous lisez la quatrième de couverture, vous risquez d'être un peu déroutés car ce qui y est décrit n'arrive qu'au chapitre 5. Christine Drews prend le temps de planter le décor, de présenter ses personnages. C'est une bonne chose, mais si on se fie à la quatrième de couverture, on s'attend à lire très vite ce qui y est décrit.

Ce qui démarque ce roman de beaucoup de ses congénères, c'est qu'il n'est pas manichéen. Bien sûr, il y a une personne dont le lecteur souhaite voir la méchanceté punie, mais lorsqu'on apprend son histoire, on éprouve forcément de la compassion. Cela ne veut en aucun cas dire qu'une personne qui souffre doit se mettre à faire le mal autour d'elle pour se venger. Christine Drews pointe du doigt les défaillances d'un système, nous en laisse entrevoir la dureté, le côté implacable.

D'autre part, l'auteur exploite le fait que beaucoup de gens ont une part d'ombre, ont des squelettes dans leurs placards... Cela a déjà été fait, mais ici, j'ai trouvé que c'était particulièrement bien traité, parce que j'ai ressenti la détresse de certains personnages, les limites d'autres, etc. Malheureusement, le fait de s'attarder sur certains d'entre eux engendre des lenteurs. Par exemple, l'histoire de Charlotte est intéressante, mais l'auteur traîne trop avant de révéler ce qui lui est exactement arrivé. Elle en dévoile un peu, puis encore un peu... C'est une ficelle assez utilisée dans ce genre de romans, et elle peut donner lieu à des scènes pleines de tension. Ici, par exemple, on a les cauchemars de Charlotte et la scène où son collègue et elle découvrent «quelqu'un» dans la maison abandonnée... Cependant, j'ai trouvé que c'était un peu trop lent... C'est un peu le même cas de figure s'agissant des atermoiements de Kathrin qui soupçonne son mari de ceci et de cela... Certes, je ne dois pas oublier que Kathrin est au paroxysme de la douleur et que, dans ce cas, on a du mal à réfléchir convenablement...

Quelques passages nous font partager les pensées du personnage «méchant». En général, je n'aime pas lorsque les auteurs font cela, car ils s'attardent trop sur ces passages. Ici, j'ai trouvé cela bien placé et pas trop long. Le prologue m'a quand même paru inutile, car l'auteur met une pensée dans la tête de son personnage afin de nous faire croire quelque chose, et je ne trouve pas cela très honnête... Je comprends dans quel sens le personnage a pensé cela, mais c'est une inexactitude que l'auteur a placée là à dessein. On me dira qu'encore une fois, je pinaille. Il est vrai que cela n'a pas gâché ma lecture.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe de Posson pour la Ligue Braille.
Le lecteur a mis le ton approprié, sans être trop sobre. En outre, sa voix est sympathique.

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