L'insoumise

Note: Attention, la quatrième de couverture en dit trop, et en plus, de manière incorrecte.

L'ouvrage:
Londres, 1888.
Alors qu'un tueur en série (que l'on surnommera Jack l'éventreur) sévit dans le quartier de White Chappel, Fiona Fennigan, dix-sept ans, économise pour ouvrir une épicerie. Elle rêve d'une vie simple où Joe Bristo et elle, mariés, tiendraient leur commerce.
Paddy, Le père de Fiona, prend la tête d'un syndicat d'ouvriers.

Critique:
Si cette saga est desservie par quelques topoi du genre, la romancière est parvenue à s'écarter des sentiers battus. Si on retrouve une héroïne belle, intrépide, et démunie, mais assez pugnace pour s'en tirer, elle sera sympathique au lecteur parce qu'elle n'a pas la suffisance de certaines héroïnes (je pense notamment à celles de Jacqueline Monsigny, voire de Juliette Benzoni). D'autre part, il lui arrive de se tromper. Les autres personnages ne sont pas trop clichés. Bien sûr, les méchants sont manichéens, mais ils sont crédibles car ce genre de personnes existent.
Parmi les personnages qu'on ne s'attendrait pas à trouver dans ce genre de romans, il y a Nick. Si ce qu'il subit de la part de sa famille est attendu, sa situation et les raisons de son éloignement ne se retrouvent pas souvent, surtout dans un roman se déroulant à cette époque.

Certaines situations sont également assez hors du commun pour créer de la nouveauté et des rebondissements. Par exemple, la situation dans laquelle se retrouve Fiona lors de l'arrestation de son ami est assez incongrue. Jennifer Donnelly l'a amenée avec à propos, et les personnages concernés ont finalement su en tirer profit.%%Je ne m'attendais absolument pas à ce que découvre Fiona vers la fin. Au début, j'ai trouvé ce rebondissement très gros, mais la romancière l'a expliqué de manière convaincante.

En outre, l'auteur décrit très bien l'existence d'une famille soudée dont les conditions de vie ne sont pas faciles. Le contexte historique est bien décrit. Il est intéressant que l'auteur ait articulé son histoire autour du mystère que fut Jack l'éventreur. En outre, la résolution qu'elle donne à l'énigme colle très bien à son histoire. Je trouve qu'elle a intelligemment tiré partie du contexte historique.

Malheureusement, elle n'a pas évité certaines ficelles qui m'ont profondément agacée. Par exemple, l'espèce de chassé-croisé entre deux personnages. On m'objectera que l'auteur a agi ainsi pour faire un peu durer l'attente du lecteur, et que de toute façon, tout cadre avec les sentiments des protagonistes. Soit, mais j'ai trouvé cela très long et indigne d'un roman dont l'auteur avait, jusque-là, fait son possible pour s'écarter des lieux communs.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvie Barghon pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice adopte un ton plutôt sobre. Je pense qu'elle a eu raison de ne pas trop chercher à interpréter, car il serait très facile de prendre un ton larmoyant pour lire ce genre de romans.

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