La reine africaine

L'ouvrage:
Lara Varani suit des études de droit. Elle souhaite devenir profileuse.
Elle fait un stage Quai des Orfèvres. Elle est confrontée à plusieurs affaires, dont une où sévissent... des abeilles.

Critique:
J'avais un peu peur que l'auteur se focalise sur les messages à transmettre quant à la nature et à l'environnement, et en oublie de créer une intrigue et des personnages. Mes craintes ont très vite été dissipées. Voilà un livre sympathique où tout est bien mené. Le suspense n'est pas haletant, mais le lecteur s'attache aux personnages, et il est agréable de faire une petite incursion dans la vie des abeilles.
L'auteur a su créer un retournement de situation assez intéressant quant à la personne coupable des crimes. C'est assez tordu et inattendu pour que je me sois laissée prendre. Étant donné que j'ai soupçonné une personne en même temps que Lara, je suis, ensuite, passée par les mêmes phases qu'elle. C'est assez amusant.
À travers une intrigue sans temps morts et des personnages bien construits, Roch Domerego parvient à dépeindre deux concepts de vie radicalement opposés de manière terriblement réaliste.

Même en étant néophyte, je sais que l'auteur a raison lorsqu'il dit que l'homme étouffe la nature, et veut la plier à sa volonté sans se rendre compte qu'il court à sa perte. Mais l'homme, en général, est incapable d'empathie vis-à-vis de ses congénères: comment donc pourrait-il envisager une seule seconde de penser à l'environnement, aux animaux, aux plantes, etc? L'attitude générale de l'homme saccage la nature, et il est assez terrible de savoir qu'il ne pense ni au bien-être des autres espèces, ni, à long terme, au bien-être de la sienne.
Outre le mode de fonctionnement des abeilles décrit de manière à passionner le lecteur, l'auteur parsème son livre d'informations diverses qu'on ne sait pas forcément, et qui sont utiles. Tout est dit de manière simple, sans jargon. Roch Domerego n'essaie pas d'étourdir son lecteur sous un flot d'affirmations pompeuses. C'est bien expliqué. Il parvient à faire le tour des problèmes de la planète en peu de mots.

Attention, cependant, à ne pas tout prendre à la lettre. En effet, à un moment, il est expliqué que Lara boit du lait de soja parce qu'elle a entendu que le lait de vache était problématique à digérer. C'est une théorie que je connais. Je ne la nie pas, je n'ai pas fait les études qui me permettraient d'affirmer ou d'infirmer cette théorie. Cependant, l'auteur ne dit pas que le lait de soja, ce n'est pas mieux que le lait de vache! Je ne dis pas seulement cela parce qu'on entend, depuis peu, que le lait de soja n'est pas bon pour la santé. Je le dis aussi parce que quand j'ai essayé cette boisson, mes intestins n'ont pas apprécié. J'en reviens donc à ce que je dis très souvent: on nous dit tout et son contraire sur pas mal de choses (notamment la nourriture), et il est assez dur de se faire sa propre opinion...

J'ai tout de suite apprécié Lara. Enthousiaste sans être niaise, ouverte. L'auteur l'a créée néophyte en matière d'apiculture, afin de nous faire découvrir ce monde en même temps qu'elle. Elle est douée dans son métier, et n'hésite pas à prendre des risques. Comme elle débute, elle n'a pas ces blessures qu'on trouve chez trop de policiers de romans.
Ces collègues sont également sympathiques. Ils l'acceptent sans guerres intestines ni rivalités mesquines. Les supérieurs de Lara, de Franck, et de Carole, sont, eux aussi, sympathiques. Tout ce petit monde m'a agréablement changée des policiers qui, à force d'être identiques de roman en roman, semblent clichés, presque inconsistants.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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