Le profanateur

L'ouvrage:
2114.
Allen Purcell se voit proposer la direction de Télé Média, qui, comme son nom l'indique, contrôle tous les médias. Pour lui qui dirige une agence qui vend des scripts à Télé Média, c'est une aubaine. Il hésite à accepter. D'abord, ce travail est extrêmement prenant et harassant. Ensuite, Allen est mal à l'aise car il vient de commettre un acte répréhensible, et ne comprend pas pourquoi. Il voudrait être au clair avec lui-même avant d'envisager la proposition de Télé Média.

Critique:
Voilà un roman court, mais dense. Il ne souffre d'aucun temps mort. Philip K Dick va toujours à l'essentiel, et en très peu de pages, décrit parfaitement faits et situations.
Le thème central a été abordé dans d'autres romans, mais à mon sens, moins bien, car j'ai toujours fini par m'ennuyer et laisser ces romans qui me paraissaient sans finesse. Ici, je me suis régalée. Par petites touches, le romancier introduit le lecteur dans ce monde. En apparence, il n'y a rien de très choquant. On rira même à la lecture des pièces qui disparaissent et apparaissent selon le moment de la journée. Puis vient l'assemblée des résidents. Le lecteur découvre également la portée de ce qu'a fait Allen. Petit à petit, les choses s'emboîtent, et on comprend que les lois qui régissent ce monde ne sont peut-être pas si salutaires.
Il est intéressant de faire un parallèle avec notre société. On ne pourra s'empêcher de penser que tout ce qui est trop rigide engendrera forcément un mal-être qui ne pourra qu'aller croissant.

Allen va demander de l'aide à une station d'hygiène mentale. J'ai bien aimé l'idée, mais tout comme d'aller prendre du repos sur une autre planète, cela cache autre chose. Ici, la station d'hygiène mentale n'apportera d'ailleurs aucune aide: elle compliquera plutôt les choses. Cela permet à l'auteur de créer des rebondissements qui m'ont plu, car ils montre jusqu'où certains iraient pour défendre leurs intérêts.

Allen est sympathique, bien sûr. Mais certains de ses actes sont un peu obscurs. Ils montrent un caractère entier et impulsif, ce qui n'est pas toujours bénéfique. Je pense d'abord à ce qu'il fait au début, concernant son assistant. Cela m'a paru exagéré. En outre, la toute fin n'est pas forcément crédible... c'est peut-être moi qui suis cynique, mais je pense que peu auraient fini par faire ce que fait Allen, et de ce fait, le personnage est moins crédible. Ces minuscules reproches ne gâchent en rien la lecture. C'est juste du pinaillage de ma part.

Éditeur: J'ai lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Miserez pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie beaucoup cette lectrice à la voix très douce et dont la lecture est fluide. Son intonation est toujours bonne, jamais affectée ni soporifique. En outre, elle ne tente pas de prendre un accent anglophone pour prononcer les noms propres étrangers. Je l'entendrai à nouveau avec grand plaisir.

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