Plaguers

L'ouvrage:
La planète Terre est épuisée écologiquement.
Vers 2035, les premiers plaguers sont apparus. Ce sont généralement des adolescents atteints de la Plaie. C'est-à-dire qu'ils font apparaître des créatures animales ou végétales.
Quentin et Illya sont plaguers. Ils vont donc rejoindre une réserve. En effet, les plaguers ne peuvent rester «en liberté». Les «externes» les craignent, et beaucoup ont développé une haine féroce à leur égard.
Dans la réserve, nos héros côtoient des plaguers, des uns (deux plaguers qui se sont unis), des multiples (plusieurs plaguers qui se sont unis).

Critique:
Ce livre d'anticipation part sur une idée originale. D'autre part, les événements s'y enchaînent sans temps morts. L'auteur décrit bien la vie de cette «communauté». Finalement, on y retrouve, à plus petite échelle, le fonctionnement humain: on vit ensemble, on «travaille», on neutralise ceux dont on a peur qu'ils nuisent au bien commun. En effet, tout n'est pas tout rose, même si les plaguers sont, au premier abord, sympathiques, et que les uns ou les multiples le sont également. L'union les apaise, les rend plus aimables (en général), mais des sentiments bien humains persistent: voir la rivalité entre O-Gé et Lé-da.
En outre, lorsqu'on creuse, on voit bien que l'union n'engendre pas des êtres parfaits, exempts de vices. C'est plus complexe. Cela m'a fait penser à des romans de Serge Brussolo: les choses sont posées, cela doit se passer ainsi, mais ça ne se passe pas forcément comme on le pense. Il y a tout un tas d'imprévus.

Je n'ai pas aimé le principe de l'union. D'abord parce que je n'aime pas l'idée que se fondre en un autre être devienne un besoin irrésistible. L'être humain est profondément individualiste, même si certains sont altruiste, et cette fusion est assez difficile à comprendre de ce point de vue. Et puis, il est dérangeant de se dire que ces personnages perdront fatalement une partie de leur personnalité.
D'autre part, je n'aime pas l'idée qu'on n'échappe pas à son destin. Apparemment, pour le plaguer, le besoin de l'union est inéluctable, cela doit se passer ainsi. Cette idée m'a déplu. Pourtant, pour un plaguer, l'union est aussi naturelle que le fait de grandir.

Illya est sûrement le personnage le plus intéressant. Bien sûr, son autoritarisme, son assurance, ses caprices m'ont déplu, mais je me mettais à sa place. Elle se transforme malgré elle, et déteste cela. En outre, elle ne peut absolument rien y changer. J'ai compris que ce désir l'aveugle au point de faire une bêtise. D'autre part, elle refuse l'union, elle veut rester elle-même. Malheureusement, cela fait qu'elle rejette également les uns.

La fin ne m'a pas entièrement satisfaite parce que j'attendais autre chose. Pourtant, l'auteur n'a pas fait une fin totalement prévisible. Cependant, tout était trop balisé pour qu'elle puisse vraiment surprendre. Comme j'ai beaucoup aimé ce roman, je m'attendais à une fin qui, à l'instar du reste, sortirait des sentiers battus.
Cette fin n'a pourtant pas gâché ma lecture, car je ne sais pas trop comment les choses auraient pu tourner. Quant à mon aversion pour l'union, elle n'a pas non plus gâché ma lecture. L'idée me dérangeait, mais me forçait également à réfléchir, à accepter une autre façon de penser.

Éditeur: l'Atalante.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Lecoq pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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