L'école de la peur

L'ouvrage:
Si vous avez des phobies, l'école de la peur est faite pour vous. C'est le cas de Madeleine (qui craint les araignées au point de se promener avec sa bombe insecticide), de Théo (qui craint la mort au point de harceler ses proches toutes les heures pour savoir s'ils sont vivants), de Lou (qui est claustrophobe), et de Garison (qui est hydrophobe). Cet été-là, les quatre adolescents vont se retrouver autour de la maîtresse de l'école de la peur (madame Wellington), de son domestique (Schmitty), et de son chien (Macaroni, dit Mac).
Les parents sont confiants: ils n'ont entendu que du bien de cette école. Tous ceux qui y ont fait un séjour ont guéri de leurs phobies.

Critique:
Je suis mitigée à propos de ce livre. D'abord, comment ne pas être sensible à l'humour omniprésent? Par exemple, les phobies de certains sont exploitées de manière à ce qu'on en rie. Théo demande à ses proches de lui envoyer un SMS toutes les heures pour dire s'ils sont morts ou pas. La scène où il demande à sa soeur de rentrer à la maison pour se couvrir, et mettre un masque chirurgical est également très drôle... Outre les phobies, l'humour vient de remarques des enfants, de la rencontre explosive d'univers très différents, de la propension maladive aux paris de Munchauser, etc.
Outre cela, certaines choses sont exploitées de manière intéressante: par exemple, une amitié improbable, mais compréhensible, naît entre les enfants. L'auteur sait amener cela de manière sympathique et pas trop grosse.

Seulement, j'ai trouvé que l'humour était parfois lourd. Par exemple, pour accentuer le mystère, on dit qu'il ne faut évoquer l'école de la peur que portes fermées et robinets ouverts. Je trouve ça plus lourd qu'autre chose. D'autres détails m'ont paru un peu bêtes, alors qu'ils se voulaient drôles.
Par ailleurs, le lecteur avisé aura deviné ce que découvrent les enfants à la fin. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, et d'ailleurs, je ne vois pas comment l'auteur aurait pu faire autrement, mais je me suis sentie flouée. On fait tout un foin de cette école, et au final, il s'y passe ce qu'on supposait qu'il devait s'y passer. Il aurait été plus judicieux qu'on nous la présentât de manière moins spectaculaire.

Si les protagonistes sont attachants, je n'ai pas réussi à trouver Lou sympathique. L'auteur tente de montrer tous ses personnages sous un bon jour, malgré les défauts de certains, mais Lou ne m'a pas convaincue.

C'est quand même un livre sympathique. Je sais que je suis assez sévère, car au final, on passe un moment agréable avec ces personnages empêtrés dans cette intrigue. Et puis, le «message» que l'auteur fait passer est positif. Elle nous dit d'affronter nos peur, de nous entraider, d'être solidaires...

Éditeur: Plon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.
J'apprécie beaucoup cette lectrice. Il me semble qu'elle a lu ce roman de manière encore plus vivante que d'habitude. Il me semble qu'elle a tenté de mettre davantage le ton approprié, et pour moi, c'est réussi.

Acheter « L'école de la peur » sur Amazon