Paper Mage

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Xiao Yen est une jeune mage. Elle crée des animaux par pliages, et ils prennent vie.
La jeune fille doit quitter son village natal (Balfang) afin d'accomplir sa première mission: la protection d'étrangers.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu, et paradoxalement, j'ai eu du mal à avancer ma lecture. Je pense que cela tient au fait que les chapitres alternent les époques: certains racontent la mission de Xiao Yen, les autres détaillent sa formation à la magie. J'étais toujours déçue de finir un chapitre concernant la mission et de revenir à un moment racontant la formation. Pourtant, ces chapitres étaient intéressants. Cette structure engendre fatalement des longueurs. Par exemple, à un moment, Xiao Yen se demande ce qu'elle doit faire: être mage ou se marier. Étant donné qu'elle part en mission, nous savons déjà ce qu'elle a choisi. L'avantage de cette structure est qu'on se fait une idée de l'héroïne par petites touches. On sait très vite qu'elle agit pour faire plaisir à sa tante, et à mesure de la lecture, on voit qu'à la fin de sa formation, rien n'était sûr pour elle. Tiraillée entre des désirs contraires dans lesquels il était ardu de déceler sa volonté propre, la jeune fille attire la sympathie du lecteur.

Quant à sa mission, on y trouve de l'aventure, de la magie, de l'humour, de l'amitié, de la douleur... D'ailleurs, je n'étais pas du tout préparée à ce qui arrive après que Xiao Yen et Udo sont arrêtés... Je ne sais pas pourquoi je ne m'y attendais pas. Cela m'a d'autant plus surprise... Cela veut dire que l'auteur a su l'amener.

Xiao Yen est un personnage attachant. Elle fait ce qu'elle pense devoir faire, elle commet des erreurs, se remet en question... L'une de ses erreurs est assez cruelle pour elle (je parle du «vent de Dieu»), mais elle finit par s'en accommoder. Elle apprend de ses erreurs et des coups bas que lui fait la vie... Elle est attendrissante à cause de ce qu'elle pense quant à sa «chance».

Mei Mei est assez difficile à cerner. On comprend bien pourquoi elle est devenue égoïste. D'ailleurs, si certains le lui reprochent, Xiao Yen se met à sa place. Elle n'hésite pas à entraîner sa nièce dans quelque chose qui ne lui convient pas forcément, reproduisant par là ce qu'elle a subi. Il semblerait que Xiao Yen finisse par y trouver un certain intérêt.

Udo et son frère sont des «étrangers». J'ai bien aimé la confrontation des deux cultures, notamment lors de la discussion sur les pommes, chez Young Lu.

J'ai apprécié de ne pas trouver une histoire d'amour sirupeuse, du moins, pas entre Xiao Yen et quelqu'un. En effet, j'en ai un peu assez des romans où les jeunes héros trouvent très vite l'amour et où cet amour est tout de suite extrêmement fort.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Woo Zeller pour les éditions Audible Inc.
J'aime beaucoup Emily Woo Zeller. Sa lecture et son jeu sont naturels. Elle parvient à modifier sa voix pour certains personnages sans que ce soit affecté.