Chasseurs de têtes

L'ouvrage:
Jérôme Carceville est sans emploi. Voilà qu'il est contacté par une agence de chasseurs de têtes. Ils sont très sélectifs. Après certains tests, ils retiennent certains candidats (dont Jérôme) pour un stage qui a lieu sur une île.

Critique:
J'ai apprécié l'idée, car l'auteur l'exploite intelligemment, du moins pendant les trois quarts du roman. D'abord, j'ai aimé les tests psychologiques auxquels sont soumis les personnages. Ensuite, si certaines choses semblent prévisibles, elles arrivent à point nommé et sont vraisemblables. On peut s'attendre, par exemple, à ce que certains essaient de tout faire pour sortir victorieux de l'exercice pratique auquel ils sont soumis, voient des espions partout, se montrent sous leur plus mauvais jour... L'auteur met en avant la théorie que la société devient de plus en plus comme ça: retorse, sans pitié ni scrupules... Par leur différentes réactions, les protagonistes représentent un type humain. Tout cela est finement décrit. Le lecteur se mettra fatalement à la place de ces personnages, et se demandera comment il réagirait.

Après être parti avec de très bonnes idées et les avoir bien exploitées, l'auteur a fait une fin décevante. Bien sûr, elle est expliquée et préparée par le contexte et certaines personnalités. Elle illustre la théorie développée. Cependant, elle ne m'a pas plu. Il était assez délicat de créer une fin satisfaisante à ce roman. J'en ai envisagé une autre (qui m'a déplu), et enfin une troisième qui me convient davantage. Je suppose qu'elle n'était pas assez spectaculaire pour l'auteur. Soit, mais trop de spectaculaire (comme ce qu'il a fait) anéantit l'effet que l'on souhaite produire, et peut gâcher tout le reste.
C'est renforcé par la structure du roman. Au tout début, on voit le narrateur à un moment situé juste avant la toute fin du roman. Il est dans une situation extrême. Michel Crespy a donc usé du procédé (qui m'agace de plus en plus) consistant à tenter d'accrocher le lecteur afin que celui-ci ait envie de savoir, et bave de convoitise. Ce procédé a l'effet inverse sur moi. Il est tellement peu fin qu'il me donne envie de refermer le livre ou de sauter le prologue (ou le préambule en l'occurrence).

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Noëlle Bardy pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix douce et sympathique. Son intonation est appropriée, car elle «ne dort pas» (c'est ainsi que je qualifie les lecteurs que je trouve monotones), et n'en fait pas trop. Sa lecture est naturelle.

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