La légende de la mounine

L'ouvrage:
L'Hospitalet, été 2006.
Ce dimanche matin-là, Firmin Coudère part dénicher des truffes avec sa chienne Brena. En passant devant la scierie de Stéphane Stinguini, il entend une machine fonctionner. Il pense à un ouvrier faisant des heures supplémentaires pour honorer une commande, et passe son chemin.
Arrivé à l'endroit où il compte trouver des truffes, il avise une silhouette... et un homme se met à lui tirer dessus.

Critique:
Il faut lire ce roman comme un livre de vacances. Il ne faut pas s'attendre à un suspense haletant, à de multiples rebondissements inattendus, à des personnages très creusés.
Le principal intérêt de ce livre est qu'il raconte de manière assez juste la vie d'un petit village. Comme tout village, l'Hospitalet abrite sa commère en la personne de Lucienne. Elle m'a beaucoup agacée. Elle est régulièrement suivie de sa bande de commères qui enchérissent dès que cela leur est possible.
Malheureusement, à force de surenchérir, on finit aussi par se monter la tête à écouter untel dire ceci ou cela.
On retrouve aussi cette ambiance particulière des petites communautés. Tout le monde se connaît, et l'entraide est plus souvent de mise que dans une grande ville impersonnelle. Les villageois s'invitent les uns chez les autres pour un petit café, s'attardent en de longues discussions... il y a d'autres façons de faire propres à un village... Cette ambiance particulière m'a plu.
On retrouve aussi la peur instinctive (qui peut se transformer en haine), de l'étranger qui symbolise la nouveauté, le changement. De ce fait, on lui impute tout le mal qui arrive.

Quant à l'intrigue, elle n'est pas si dure à démanteler. J'ai tout de suite su qui était la fille aux cheveux rouges. Forte de cette certitude, j'ai collecté tous les indices (très faciles à découvrir, du reste), dont l'auteur a parsemé son roman.
Au moins, Nathalie Costes ne promène pas son lecteur de faux coupables en pistes erronées. Lorsqu'un innocent est soupçonné, il ne l'est que par la police, et encore, pas longtemps.
Il y a une chose qu'il est impossible de deviner. Outre qu'il est plaisant de découvrir un élément inattendu, cet élément n'est pas tiré par les cheveux. Il s'insère dans l'intrigue, et ce n'est pas parce qu'il est introuvable qu'il est incongru.

À part Firmin, et peut-être Stéphane, les personnages ne sont pas vraiment sympathiques. L'héroïne, Laurence, semble fausse, artificielle. Elle m'a agacée avec sa méditation, sa façon de vouloir se contraindre à la pensée positive, de vouloir faire les choses de telle ou telle façon. Par exemple, à un moment, elle va sur des sites qui prônent la pensée positive. Elle est remontée à bloc par un texte qui dit qu'il ne faut pas se laisser submerger par ses émotions, mais tenter de les analyser. On dirait qu'elle a une espèce de révélation. Pourtant, elle veut passer pour quelqu'un de posé et d'intelligent. Si elle l'était vraiment, elle n'aurait pas besoin de sites ou de livres de pensée positive. Elle agirait naturellement. Quelle dinde! Je n'ai pas trop compris pourquoi certains la trouvaient sympathique. Elle est plutôt plate.
J'ai apprécié Firmin qui sera sympathique au lecteur. Heureusement, parce que si je n'apprécie personne, le roman peut me paraître inintéressant.
La fille aux cheveux rouges ne manquera pas d'interpeller le lecteur. Si on sait rapidement qui elle est, elle n'en a pas moins un certain charisme. Elle est intéressante à analyser.

Éditeur: Mon village.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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