Auteur : Constantine Barbara

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mardi, 4 septembre 2012

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine.

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom

L'ouvrage:
Tom a onze ans. Il vit avec sa mère, Joss, qui l'a eu à treize ans, dans une caravane. Sa mère étant parfois inconséquente, Tom se débrouille souvent seul, et a acquis une certaine maturité. Il «fait les courses» dans le jardin des voisins anglais, par exemple. Un jour, alors qu'il veut changer un peu de «supermarché», il rencontre Madeleine, une vieille dame. Elle est faible, et a besoin d'être hospitalisée. C'est Tom qui s'occupera de ses animaux pendant son absence.

Critique:
Voilà encore un petit roman plein de soleil, de solidarité, de bonne humeur, de fous rires, de larmes d'émotion. Ce qui s'y passe n'est peut-être pas toujours réaliste, mais cela ne me gêne pas du tout. D'abord parce que l'espoir et l'optimisme dominent, et je pense que par les temps qui courent, c'est ce dont nous avons besoin. Ensuite parce que ce qui est un peu gros (ce qu'on découvre vers la fin), n'est pas absolument décalé. C'est quand même du domaine du possible.
Barbara Constantine parvient à faire en sorte que de situations presque désespérées ressortent des choses positives. Par exemple, Tom se débrouille seul, il fait de bonnes rencontres... Quant à Joss, elle n'est pas manichéenne. Elle ne se confine pas dans son malheur. Elle a souvent l'air moins futé que son fils, s'emporte facilement, n'est pas toujours très maternelle, mais on voit bien qu'elle veut s'améliorer. En outre, elle veut reprendre ses études, et accorde une grande importance à celles de Tom. Ce n'est pas le seul personnage qui dit qu'il ne faut pas négliger l'école. Je suis reconnaissante à l'auteur de ne pas faire comme certains qui disent que ce qui compte, c'est l'école de la vie, qu'à l'école, on n'apprend rien, etc.

J'ai apprécié ce que veut faire Joss afin de se sentir mieux dans sa peau. Au début, j'ai trouvé cela incongru parce que je ne suis pas pour le charcutage du corps, quel qu'il soit. Et puis, cela m'a fait rire, parce que Joss veut justement faire l'opposé de la plupart des personnes qui font cela. L'auteur a-t-elle voulu montrer qu'une généreuse poitrine n'est pas toujours bénéfique? Enfin, j'ai compris les arguments de Joss.

Chez Barbara Constantine, il n'y a jamais de véritables «méchants». Son univers est donc un havre de paix et de gentillesse. J'aime m'y retirer, et imaginer, pendant quelques heures, que l'humanité est ainsi. Ici, on pourrait croire que Sammy est méchant, mais lorsqu'on le connaît mieux, on se prend de sympathie pour lui.

J'aime beaucoup les voisins anglais, Archibald et Odette. Ils sont généreux, et un peu excentriques. J'ai bien ri lors de leurs expériences avec le livre de recettes.
Outre cela, le roman fourmille de scènes amusantes. Par exemple, le quiproquo par lequel Sammy et Madeleine se rencontrent, ou Tom prévoyant les répliques échangées par les voisins, ou encore la manière dont il réveille sa mère la première fois qu'elle doit se lever tôt...

Barbara Constantine donne également beaucoup d'importance aux animaux. Ici, nous rencontrons Balourd, le Mité, Captain Achab... Ils font partie de leurs familles, sont aimés et choyés. Cet amour et ce respect des animaux me plaît beaucoup.

Je n'ai pas lu «À Méli sans mélo», mais je crois qu'il y a une allusion à ce roman quand Tom rencontre Clara.

Voici une citation extraite du roman. Ce n'est pas forcément la meilleure, mais elle m'a plu, sûrement parce que je ressens ce que décrit l'auteur quand j'entends le bruit continu de l'eau.
«C'est si bon de regarder l'eau de la rivière passer. Ça lave la tête, caresse le cerveau.»

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour la Ligue Braille.
À l'instar de «La dernière licorne», ce roman a été enregistré par une classe. Cependant, il me semble avoir entendu davantage d'adultes que d'enfants. De plus, certains adultes surjouaient. La bonne volonté est toujours là, mais j'aurais tendance à être plus indulgente avec des enfants.

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mardi, 15 mai 2012

Et puis, Paulette..., de Barbara Constantine.

Et puis, Paulette

L'ouvrage:
Depuis que son fils a déménagé, Ferdinand vit seul dans sa grande ferme. Un jour, par hasard, il est amené à remarquer sa voisine, Marceline. La sachant seule et la croyant dépressive, il va la voir de temps en temps. Un soir, alors que la tempête a détruit le toit de Marceline, Ferdinand l'invite à séjourner, puis à rester à la ferme. Elle est la première d'une série de personnages qui viendront à leur tour, habiter dans la grande ferme de Ferdinand.

Critique:
Voilà un joli petit roman. Il fait rire, émeut aux larmes, fait rêver...
Je n'ai pu m'empêcher de trouver que certains aspects de l'histoire étaient un peu gros. D'abord, lorsqu'une personne souffre, elle ne fait pas son deuil en quinze jours, même s'il est vrai que l'amitié, la chaleur humaine, la solidarité, l'humour... tout cela peut aider une personne endeuillée à se reconstruire et à revenir parmi les vivants.
Ensuite, le «recrutement» de Kim est assez hasardeux. Il est un peu étrange que nos héros n'aient pas peur de tomber sur n'importe qui. Tout le monde n'est pas bien intentionné. On me dira que je pourrais également pinailler sur l'embauche de Muriel. J'ai moins tiqué car ils la connaissaient déjà un peu.
Autre chose est un peu tiré par les cheveux, vers la fin, mais je sais que c'est possible. J'ai déjà entendu que c'était arrivé. J'ai du mal à y croire, et je l'ai d'autant plus pointé du doigt que j'avais remarqué d'autres choses un peu grosses.

Malgré ces petits reproches, j'ai passé un très bon moment avec ce roman résolument optimiste. De manière un peu tapageuse, mais tellement rafraîchissante, Barbara Constantine veut nous montrer qu'il faut toujours tirer le meilleur parti de la vie. Son roman est une sorte de baume pour moi qui ne pense pas grand bien de la plupart de mes congénères. Barbara Constantine me force à voir une autre facette, m'exhorte à penser que l'amitié, la camaraderie, et la solidarité existent encore, et qu'elles peuvent exister à plus grande échelle que ce que je crois. De plus, elle comble le soi-disant faussé des générations. À ce sujet, je suis entièrement d'accord avec elle: l'âge ne compte pas si la personne est ouverte. Ce roman est donc un beau message d'espoir.

Les personnages tentent de balayer le chagrin sans pour autant l'ignorer. Ils ne se voilent pas la face: ils veulent adoucir la peine de leurs amis. Ils ont tous eu leur part de souffrance, et veulent profiter au mieux du temps qui leur reste. Il sont authentiques.

Outre cela, le roman est écrit d'un style joyeux. L'humour est omniprésent, que ce soit dans le sens des répliques, dans les tournures de phrases, dans certaines situations. Cela fait partie de la magie de ce livre.
N'oublions pas certaines petites étrangetés, comme Cornélius, l'âne qui ouvre les portes, et à qui il faut demander la permission de monter dans la charrette. C'est un exemple de la créativité de l'auteur. Sans ces petites touches de fantaisie, il manquerait quelque chose.

Les personnages ne sont pas extrêmement creusés, mais ils ont l'air épais. On s'identifiera très facilement à eux.
Simone et Hortense m'ont un peu agacée, mais on ne peut pas aimer tout le monde.
J'ai aimé qu'au détour de certains événements, Mireille découvre ce qu'elle n'avait pas voulu voir en Ferdinand, et que celui-ci et Roland prennent le temps de commencer à s'accepter.

Remarque annexe:
N'oubliez pas de visiter Solidarvioc!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Daniel Nicodème. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
J'ai déjà pu apprécier le talent de ce comédien en lisant «La vie en sourdine», de David Lodge. (Il a enregistré d'autres romans, mais aucun n'était à mon goût.) Je pense qu'il a trouvé la manière parfaite d'interpréter cet ouvrage. Je peste souvent après ceux qui en font trop. Pour lire «Et puis, Paulette...», je pense qu'il fallait jouer, ce qui était d'autant plus dur qu'il aurait été facile de trop en faire. Ici, le comédien interprète avec verve et à propos. Il doit souvent modifier sa voix, changer d'intonation... il chante également! Il fait tout cela sans jamais cabotiner. Je pense que la version audio apporte une autre dimension à ce texte dont Daniel Nicodème fait ressortir toute la saveur, la drôlerie, et la vivacité.

Il y a beaucoup trop de musique! Bon, il faut recontextualiser les choses: cette remarque vient d'une personne allergique à la musique dans les livres audio. Cependant, il y en a en début de certains chapitres, mais aussi au milieu des autres... et les chapitres sont très courts.

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