L'ouvrage:
Jean-Claude et Marianne vivent ensemble depuis trois ans.
Cet été-là, ils reçoivent Harry, l'ami de Jean-Claude, et sa fille, Pénélope. Cela promet d'être un été calme, paresseux... Il n'en est rien: le drame éclate rapidement.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. C'est presque un huis-clos. La tension monte rapidement, par petites touches. Le livre est court et dense. Le lecteur ne pourra pas se plaindre de quelconques longueurs. L'auteur n'en fait pas trop. Il brosse ses personnages à grands traits, certes, mais le lecteur les cerne et les comprend facilement. L'atmosphère estivale et cette maison avec piscine reflète très bien l'ambiance du roman: suffocante, humide, malsaine. La piscine cristallise cela. En effet, elle est l'endroit où l'on se détend, où on empêche la trop forte chaleur de nous atteindre, mais elle peut être un lieu dangereux où des accidents voire des crimes peuvent se produire. Après le drame, personne ne voulant s'y baigner, on l'imagine abandonnée, pleine d'eau sale et stagnante, à l'image de l'atmosphère de la maison de ses propriétaires.

La fin est très lente, des gestes sont faits, inexorables, inéluctables, gestes qui, une fois accomplis, sont irréversibles. Et pourtant, ils sont très simples, mais qu'ils soient faits montre un renoncement, un enfermement dans cette atmosphère nauséabonde. Des gestes si simples condamnent les personnages qui les font, et ils le savent. C'est une fin lente et d'apparence banale, mais elle est le point culminant du roman, le point où tout se joue.

D'un autre côté, même si j'ai compris les personnages, je n'ai pas adhéré à leur psychologie, et à leur histoire. L'auteur veut nous montrer comment une banale histoire d'amitié peut rapidement virer au cauchemar. Il a voulu écrire l'histoire de monsieur et madame tout le monde sur qui s'abat cette chose imprévue. Pourtant, je n'y ai pas vraiment cru. On me dira que si, ça existe, des gens qui restent ensemble par habitude voire ennui, des amis qui n'en sont pas plus que ça et qui continuent de se voir fréquemment, un coup de foudre si absolu, un homme complètement sous l'emprise d'une femme, à tel point qu'il ne finit pas par faire ce qu'il veut vraiment à cause de ce qu'elle est et de ce qu'elle sait. Eh bien, je n'y ai pas vraiment cru. Aucun personnage ne m'a paru sympathique. Je ne veux pas dire «sympathique» dans le sens d'«aimable», mais pour qui j'éprouverais un quelconque sentiment positif pour une raison X ou Y. Ils ont un rôle trop défini, et même si on comprend certains de leurs actes, on a du mal à les trouver vraiment crédibles.
Peut-être attendais-je trop de ce roman...

Éditeur: Solar.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Duboule pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Note: Il existe un film, réalisé en 1969, avec Romy Schneider et Alain Delon.