Auteur : Colwin Laurie

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vendredi, 27 décembre 2013

Une vie merveilleuse, de Laurie Colwin.

Une vie merveilleuse

L'ouvrage:
Guido Morris et Vincent Cardworthy sont amis. Ils aiment leur travail. Lorsque Guido rencontre Holly, puis que plus tard, Vincent rencontre Misty, leur vie amoureuse commence vraiment.

Critique:
J'ai aimé retrouver l'écriture alerte, voire primesautière de Laurie Colwin. J'ai apprécié de trouver, au détour d'une conversation, une réplique spirituelle. De plus, l'auteur a l'art d'inventer des situations qui ne manqueront pas de faire sourire. Par exemple, la récurrence du fleuriste, ou bien la manière dont se comporte Vincent lorsqu'il est amoureux transi. N'oublions pas le symbole que représentent les sardines. À ce sujet, la romancière se plaît à détourner un code amoureux. C'est d'autant plus risible que selon nos codes, la sardine n'est vraiment pas un cadeau approprié pour séduire sa belle.
Il m'a plu de voir évoluer ces quatre personnages, que leur évolution dépende de leur caractère, mais aussi de l'amour ou de l'amitié.

L'histoire peut paraître assez banale. Ce qui la démarque, c'est la fine analyse que Laurie Colwin fait de ses personnages. En outre, certains sortent des sentiers battus. Holly, par exemple, a parfois besoin d'éloignement pour retrouver son amour avec davantage de force. Quelqu'un de très éloigné de cette idée (comme Guido, mais aussi comme moi) aura du mal à l'accepter, d'autant qu'en général, un besoin d'éloignement n'est pas synonyme de bonheur. le lecteur et Guido doivent composer avec cette petite étrangeté d'Holly. Certains iront peut-être même jusqu'à rire lorsqu'elle fait retraite.

Les réactions de Misty paraissent classiques. Au départ, je l'ai comprise, car elle est amoureuse d'un garçon qui, avant elle, se plaisait à des aventures sans lendemains. Ensuite, son inquiétude presque perpétuelle m'a un peu fait sourire, d'abord parce qu'elle m'a rappelé Jane Louise, et puis parce que je sais qu'il arrive à certains d'entre nous d'avoir ce genre d'inquiétudes, même si ce n'est pas aussi poussé que dans le cas de Misty. Par ailleurs, connaissant Vincent, qui n'aurait pas ces inquiétudes? La jeune femme s'analyse elle-même, et on comprend bien son point de vue grâce à son caractère. Il m'a été plus facile de comprendre Misty qu'holly.
Au sujet de Misty, j'ai apprécié que l'auteur montre que rien n'est jamais certain. En effet, à un moment, la jeune femme s'illustre en faisant une scène à son supérieur. Étant données les circonstances, il était évident pour moi qu'elle serait renvoyée sur-le-champ...

Laurie Colwin parsème son roman d'autres personnages. Ils sont secondaires, mais laisseront leur marque dans l'esprit du lecteur. Stanley, par exemple, m'a plu parce que sa loufoquerie allégeait l'atmosphère du roman. En outre, je me suis surprise à analyser sa relation amoureuse.

La fin m'a plu parce qu'elle montre l'aboutissement de l'évolution de chacun, mais aussi parce qu'après avoir fini le livre, j'imagine les personnages continuant leur chemin. Je ne les vois pas figés comme ils l'auraient été par une fin trop fermée.

Un livre sympathique, divertissant, analysant bien relations, situations, et caractères.

Éditeur: Autrement.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour Sésame.

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mardi, 11 décembre 2012

Comment se dire adieu, de Laurie Colwin.

Comment se dire adieu

L'ouvrage:
Géraldine est thésarde. Cependant, elle ne veut pas achever sa thèse. Elle est engagée comme choriste d'une chanteuse, au grand dam de ses parents. Géraldine aime cette vie. Ce que d'autres font en attendant mieux, elle le fait par passion. Mais les circonstances vont la forcer à changer de voie.

Critique:
Le résumé n'est pas franchement attrayant, mais ayant aimé un autre livre de cette romancière, j'ai voulu lire celui-là. Je l'ai beaucoup aimé. Avec finesse et subtilité, Laurie Colwin dénonce certains travers de la société. D'abord, certains désapprouvent Géraldine parce qu'elle n'entre pas dans un moule, et chérit une vie sans avenir. Ensuite, certains désapprouvent sa façon d'élever son enfant... C'est souvent sa mère qui s'oppose à ses choix. C'est une double-critique. D'abord, la fonction première d'une mère est d'aimer et de comprendre son enfant. Ensuite, j'ai souvent eu envie de m'insurger en demandant à cette femme (et aux autres personnages qui jugent ainsi la conduite de l'héroïne) en demandant quel était exactement le problème, puisque la jeune femme ne nuisait à personne. Ce qui devrait d'abord compter, c'est son bonheur et celui de son enfant. Visiblement, ce n'était pas primordial pour sa mère et les personnes bien pensantes, qui en plus, croient tout savoir sur tout, auxquelles elle se confronte. Dans le même ordre d'idées, j'ai été exaspérée par la réaction de certains quant au mariage de l'héroïne. Là encore, cela n'a été qu'égoïsme et absence de remise en question. Si une personne n'a plus le droit de se marier de la manière dont elle l'entend, c'est le monde à l'envers! Pourquoi devrait-elle agir comme le gros de la société?

Si je n'aurais pas toujours agi comme l'héroïne, je l'ai comprise. En outre, j'ai aimé le regard acéré et très réaliste qu'elle pose sur la société dans laquelle elle évolue. Outre des répliques cinglantes qu'elle adresse à ceux qui vont trop loin, sa narration est parcourue de petites phrases et de situations justes, voire sages. Bien sûr, elle n'est pas parfaite. Elle pourrait exaspérer certains lecteurs qui la trouveraient infantile et capricieuse. Cependant, ce n'est pas une tare, et encore une fois, ça ne dérange personne.
À l'inverse de sa mère et d'autres, elle fait preuve d'ouverture d'esprit. Elle ne remet jamais en cause les choix de son amie, Mary. Ce qui la rend triste concernant la grande décision de cette dernière, c'est qu'elles ne se verront plus, mais elle ne lui reproche jamais de suivre son coeur.
Mary agit de la même manière. Elle écoute, comprend, conseille sans mettre de pression, ne cherche jamais à faire de Géraldine quelqu'un d'autre. J'ai été reconnaissante à l'auteur d'avoir créé une personne à la fois croyante et tolérante.

L'histoire m'a plu, d'abord parce que je n'ai pas pu prévoir où m'emmènerait Laurie Colwin. Ensuite, j'ai aimé qu'elle nous raconte l'existence banale d'une héroïne sympathique à laquelle on s'identifiera facilement. Il n'est pas besoin de créer du compliqué pour intéresser: il suffit de bien raconter, de décrire des situations justes, des personnages attachants.
J'aime la fin, car une fois de plus, Géraldine se remet en question, même si certaines choses l'effraient.

Éditeur: Autrement.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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samedi, 6 novembre 2010

Famille, tracas et compagnie, de Laurie Colwin.

Famille, tracas et compagnie

L'ouvrage:
Jane Louise vient d'épouser Teddy Parker. Tous deux travaillent. Ils ont des amis.
Jane Louise est angoissée par la vie qui s'annonce? Mérite-t-elle Teddy? Le monde ne va-t-il pas s'écrouler sur sa tête?
Au bureau, entre les avances de Sven (l'obsédé du coin), et les exigences d'Erna, Jane Louise n'a pas le temps de s'ennuyer.

Critique:
C'est le premier roman de Laurie Colwin que je lis. Je vais maintenant me mettre à la recherche de ses autres productions. Certains diront que l'intrigue est légère, voire un peu tirée par les cheveux. Pourtant, j'ai trouvé ce roman très réaliste. Il décrit assez bien une certaine société, certains aspects de la vie.
On me dira que l'auteur en fait trop lorsqu'elle décrit les obsessions de Sven, mais je suis sûre qu'il existe des gens comme lui. Ils ne le disent pas, c'est tout. Et puis, je préfère quelqu'un comme Sven, qui harcèle avec bonhomie et humour, plutôt qu'un gros lourd qui devient méchant dès qu'on a le malheur de lui dire non. Sven a des côtés amusants. Par exemple, son fantasme d'une pièce pleine de femmes enceintes de lui est assez caustique. En outre, quand il veut bien mettre son obsession de côté, il a des réflexions pertinentes.

On me dira aussi que l'auteur en fait trop lorsqu'elle évoque les Teagarden. Malheureusement, je suis sûre qu'il existe des gens comme ça. En outre, Laurie Colwin évoque ces personnes détestables de telle façon qu'on ne peut s'empêcher d'en rire, tout en les méprisant.

Certains diront que l'héroïne se fait des noeuds au cerveau pour rien, et que c'est agaçant. Pas pour moi. J'ai compris ses angoisses. Elles ne sont pas tout à fait infondées, et ce n'est pas comme si Jane Louise les laissait prendre le pas sur sa vie.

L'humour est très présent. Il est plaisant qu'il soit plus fin, mieux amené que dans certains livres du même style qui décrivent des choses trop grosses, trop clichées.
Malgré la dominante humoristique, Laurie Colwin aborde des thèmes assez graves et toujours d'actualité. Outre l'incommensurable suffisance des Teagarden, il y a le racisme des parents d'Edie, la difficulté de Teddy à exprimer ou à modifier ce qui le peine depuis des années... Ces thèmes sont bien exploités.

Je n'ai ressenti aucun ennui à la lecture de ce roman. Il n'y a pas de longueurs.
À la fin, certaines choses ne sont pas réglées, mais c'est normal. Cela rend tout cela plus réaliste.

Remarque annexe:
Il est dommage que le mari de Jane Louise et sa meilleure amie aient des prénoms qui se ressemblent. C'est encore plus perturbant, je pense, pour une lecture à voix haute, car quand il est écrit «dit Edie» (entre autres), il faut faire la liaison, et ça pourrait être «dit Teddy».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Le Livre de poche dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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