La dame en blanc

L'ouvrage:
Angleterre, 1850.
Walter Hartright est professeur de dessin. Alors qu'il se rend chez Frédéric Ferly où il doit enseigner le dessin à deux jeunes filles, il rencontre une femme vêtue de blanc qui lui demande si elle est bien sur la route de Londres. Fébrile, elle le supplie de garder cette rencontre secrète. Walter ne sait pas que la providence remettra la jeune femme sur son chemin.

Critique:
Voilà un roman qui mélange habilement les ingrédients du bon roman-feuilleton. Certains éléments sont un peu clichés, mais il faut replacer le roman dans son contexte.

L'auteur donne du rythme à son récit en créant des rebondissements quand il le faut. La nature de ces coups de théâtre n'est pas toujours convaincante, mais chacun arrive à propos. Ensuite, le récit est fait par plusieurs personnes de diverses manières. Par exemple, celui de Marianne est connu grâce à son journal intime, celui du comte est obtenu de manière assez spectaculaire, etc. Ces différents points de vue donnent davantage corps aux personnages qui racontent, d'abord parce qu'on partage la pensée de chacun. De plus, Wilkie Collins adopte un style différents lorsque certains s'expriment. Je pense surtout au comte.

On retrouve des péripéties, des situations dramatiques, des épisodes larmoyants... Les femmes s'évanouissent souvent, ont des crises de nerfs, etc. Ces pâmoisons sont un peu ennuyeuses, même si elles font partie de ce qui se faisait à l'époque.
On retrouve également certains éléments qui doivent être des topoi du genre: deux personnes se ressemblent, ce qui aura une conséquence; une ou plusieurs conspirations impliquent un asile psychiatrique...

Deux ou trois personnages se démarquent par leur personnalité.
Marianne attire davantage ma sympathie que sa soeur. Elle a un cerveau et ne se laisse pas impressionner par une mouche qui vole. C'est l'opposé de Laura! J'ai passé mon temps à maudire cette dernière! Mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent, tous! Pourquoi Marianne et Walter se dévouent-ils corps et âme à cette cruche? Pendant tout le roman, Laura pleure, s'évanouit (de peur, de colère, de bonheur, de chagrin...). En plus, elle qualifie elle-même sa mémoire de peu fiable. Je ne lui reconnais aucune qualité. J'attendais (sans grand espoir) que le héros tombe amoureux de Marianne, ne comprenant pas ce qu'il trouvait à cette dinde que je me voyais régulièrement secouer voire fesser. Walter et Marianne lui accordent tout, excusent tout de sa part... Elle n'est qu'un boulet, une plante verte (et encore, la plante verte serait moins mièvre et aurait davantage de bon sens!).
Dans le même ordre d'idées, je trouve que la fin est un gâchis pour Marianne. Elle pourrait faire autre chose de bien plus intéressant pour elle!
Je sais bien que Laura est à l'image de l'idée qu'on se fait de la femme à cette époque, mais puisque l'auteur a créé une femme comme Marianne, il aurait pu inventer une Laura moins exaspérante. Il est d'ailleurs totalement absurde (car pas crédible) que Walter aime cette potiche au point de vouloir perdre sa vie pour elle! Walter est très sensible aux apparences (il le faut bien, puisqu'il aime le bel objet) car en voyant Marianne pour la première fois, il évoque sa laideur, et quand il voit Laura, il tombe sous le charme de sa beauté. C'est bien tout ce qu'elle a pour elle, la pauvre!

Le comte se démarque également. Il est ambivalent. Ses buts ne sont pas honorables, mais à côté de cela, il aime les animaux, et est vraiment le seul à reconnaître Marianne à sa juste valeur.

Éditeur: Phébus.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bertrand Baumann pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Heureusement, le lecteur a su trouver le ton approprié à cette lecture. En effet, il est très facile de trop en faire étant donné les emportements fréquents des personnages. Bertrand Baumann a mis le ton afin que sa lecture ne soit pas monotone, mais n'est pas tombé dans le surjeu, ce qui aurait été un désastre!

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