Carnet de bord d'un steward devenu hôtesse de l'air Note: L'auteur de ce livre étant une femme, et ayant toujours été une femme moralement et mentalement, je parlerai toujours d'elle au féminin.

L'ouvrage:
Lorsqu'elle est née, Andréa était un garçon, prénommé Bruno. Elle fut une enfant frêle, ressemblant plus à une fillette qu'à un garçonnet. Elle se faisait traiter de tapette à l'école, et était moquée et harcelée par ses camarades.
Au fil du temps, elle s'est rendue compte que moralement, elle était une femme. Elle a donc voulu en être une physiquement.

Après maintes hésitations, surtout dues à la réprobation ou à l'incompréhension des gens, elle s'est décidée à suivre un traitement hormonal, puis à se faire faire une vaginoplastie.

Critique:
J'avais entendu parler d'Andréa Colliaux, quand son histoire a fait du bruit. J'avais entendu des bribes d'interviews à la radio. Quand ma bibliothèque a eu son livre, j'ai pensé que je le lirais plus tard, quand tout le bruit serait passé, quand on aurait un peu oublié Andréa.

Je suis peut-être un peu naïve, mais je croyais qu'à l'aube du vingt-et-unième siècle, Andréa ne se heurterait pas à tant d'intolérance et d'incompréhension. Certains ont refusé de travailler avec elle, par exemple. Mais pourquoi? Elle n'est pas atteinte de la lêpre, elle a juste voulu corriger une erreur de la nature, comme elle l'explique elle-même. Pour être conforme à ce que certains coincés attendaient, il aurait fallu qu'elle restât physiquement un homme, et fût mal dans sa peau?
Bien sûr, elle rencontre aussi des gens qui la comprennent, et l'acceptent. Malheureusement, l'homme avec qui elle vécut un grand amour jusqu'à peu avant son opération, n'a pas réussi à l'accepter en tant que femme.
Je ne dis pas que c'est très simple, tant pour les amis que pour la famille. Je serais moi-même secouée si l'un(e) de mes ami(es) m'annonçait quelque chose comme cela. Mais j'espère que je l'accepterais sans le ou la juger.

Le pire, c'est que certains médecins travaillant dans cette branche lui ont opposé un mur de sarcasmes, d'incompréhension. L'un d'eux ne daignait même pas honorer les rendez-vous qu'il lui donnait. Il a fallu qu'elle aille en Angleterre, où elle a été opérée, pour rencontrer des médecins compréhensifs et compétents. En effet, à l'époque de son histoire, la France ne proposait pas grand-chose en matière de vaginoplastie. De plus, la sécurité sociale n'a pas assuré son opération. Cela lui a coûté une somme exorbitante.

Il y a juste une chose que je n'ai pas trop comprise. C'est un détail. Vers la fin, elle parle de son livre publié, des gens qui la reconnaisse, du fait que les conditions de prise en charge des transsexuels s'arrange un peu après son livre. Mais comment peut-elle parler des effets de la publication d'un livre dans le sus-cité livre? Le livre que j'ai lu est peut-être une réédition où Andréa a ajouté quelques pages à la fin. Si quelqu'un peut m'éclairer là-dessus, je l'en remercie.

Ce livre est à lire. C'est un témoignage édifiant et une leçon de tolérance. Andréa n'est pas amère ou aigrie. Elle sait prendre certaines choses avec humour, et raconte simplement les faits, et les attitudes des gens.

Edit du 10 juillet 2007: Andréa Colliaux a maintenant un blog. N'hésitez pas à aller le visiter. C'est par ici.

Éditeur: Michel Lafon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eliane Besson pour la Bibliothèque Braille Romande.

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