Six fourmis blanches

L'ouvrage:
Elias et Lou sont partis, par l'intermédiaire d'un organisme, faire une randonnée dans les montagnes d'Albanie. Tout commence bien, mais voilà que leur groupe se retrouve pris dans une tempête.

Critique:
Je n'ai pas été tentée par «Des noeuds d'acier», et «Un vent de cendres» m'a ennuyée à tel point que je ne l'ai pas fini. J'ai voulu essayer «Six fourmis blanches» parce que j'aime beaucoup le lecteur qui l'a enregistré. J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre (surtout à cause de ma mauvaise expérience avec «Un vent de cendres»), mais je l'ai beaucoup aimé.

Lentement, la romancière installe un climat oppressant. Ces randonneurs perdus dans la montagne, à la merci d'une tempête, c'est déjà dérangeant. Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Le groupe de randonneurs a peur, et certains illustrent bien l'adage disant que la peur est mauvaise conseillère. Chacun doit s'accommoder du caractère des uns et des autres, ce qui est de moins en moins facile, surtout lorsque les conditions deviennent précaires et que la tension monte.
À mesure que les jours passent, nos héros se trouvent face à des choix de plus en plus ardus. Certains devront accomplir des choses dont ils ne se seraient pas crus capables, ce qui les poussera au bout d'eux-mêmes.

Le récit alterne deux histoires: celle des randonneurs et celle du sacrificateur d'un village. Cela m'a un peu gênée, au début, car je n'aime pas trop passer d'une intrigue à l'autre. Cependant, Sandrine Collette a fait en sorte de terminer ses chapitres de manière à ce qu'on ait envie de savoir la suite. Quant au lien qui existe entre les deux intrigues, je l'ai deviné seulement très peu de temps avant que la romancière ne le dévoile. J'étais trop prise par l'histoire pour le chercher, ce qui est une bonne chose.

Si la description de la descente aux enfers des personnages est méticuleusement analysée, l'auteur a habilement inséré un élément propre à faire monter la tension. Au départ, on croit que cet élément va faire basculer le roman dans l'épouvante, le surnaturel. Cela ne m'aurait pas plu. Heureusement pour ceux qui penseraient comme moi, il n'y a rien de surnaturel, et tout est cohérent.

Autre chose aurait pu me déplaire: je ne me suis attachée à aucun personnage, du moins pas au début. J'ai fini par apprécier le sacrificateur et le conjoint de Lou, la narratrice contant les mésaventures des randonneurs. Cela ne m'a finalement pas trop gênée, l'intrigue étant assez prenante pour que je ne regrette pas de ne pas apprécier les personnages.

Au niveau de l'ambiance et des rebondissements, ce roman m'a rappelé la manière de faire de Karine Giébel. Ce n'est pas parce qu'il se passe dans la montagne à l'instar de «Jusqu'à ce que la mort nous unisse», ce roman étant d'ailleurs l'un des moins effrénés de l'auteur. C'est plutôt une ambiance, des événements, des façons de faire, les choix auxquels sont confrontés les personnages, qui m'ont rappelé Karine Giébel. Bien sûr, il faut exclure «De force» de cette comparaison, car je n'y ai pas retrouvé le talent de la romancière.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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