Blue Jay Way

L'ouvrage:
Julien a écrit un livre sur la romancière Caroline Gerritsen. De ce fait, ils se sont rencontrés plusieurs fois pendant trois ans. Finalement, Caroline lui demande d'aller séjourner à Blue Jay Way, la propriété de son ex mari, Larry Gordon. Elle souhaite que Julien «s'occupe» de son fils de vingt-et-un ans, Ryan. Celui-ci vit avec Larry, et part à la dérive. Julien accepte.
C'est pendant ce séjour que d'étranges phénomènes vont se produire. Certains toucheront tous les habitants de la villa, d'autres ne concerneront que Julien, et auront trait à des éléments de sa vie que ces gens ne connaissent pas...

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. Au départ, j'ai été très enthousiaste, car je ne savais pas du tout où l'auteur allait. En outre, parallèlement à l'intrigue principale, certains chapitres évoquent deux enfants (Jacob, puis Scott), sans que le tout puisse être relié. Cela a accru ma perplexité, ce qui m'a beaucoup plu!
Fabrice Colin a habilement tissé un réseau d'angoisse autour de Julien. On se doute bien que «l'ennemi» est dans la villa (j'ai d'ailleurs vite deviné de qui il s'agissait), mais on ne sait pas pourquoi et comment il fait pour être si bien informé.
L'ambiance de la maison n'est pas pour arranger les choses. Ces soirées orgiaques où on fait semblant d'être heureux, mais où on montre à quel point on est blasé ne font que renforcer l'impression de malaise.

Ayant créé cette machine bien huilée, ce mystère, cette peur qui vient surtout du fait qu'on ne peut pas prévoir grand-chose, il a voulu en faire trop. En effet, il fallait une solution à la hauteur de l'énigme. Certes, mais pour moi, c'était trop. D'abord, il y a certaines incohérences. Bien sûr, l'auteur les explique du mieux qu'il peut (et encore, pas toutes), mais elles sont trop apparentes pour qu'on puisse vraiment les expliquer. Et puis il finit par utiliser une ficelle qui commence à être trop employée.

Si l'intrigue démarre bien, si le décor et l'atmosphère sont bien dépeints, arrive un moment où les choses s'enlisent. C'est trop long, ça traîne. En outre, la mollesse et l'égoïsme du personnage principal n'arrangent pas vraiment les choses. On peut dire que ses défauts croissent au contact de ce monde factice.

La fin ne m'a pas vraiment satisfaite. Je pense que certains la trouveront excellente. C'est surtout que je n'aime pas ce genre de fins.
Objectivement, ce livre fait partie de ceux que je ne peux pas absolument déconseiller, car je pense que certains amateurs de thrillers de qualité l'apprécieront. Je dois devenir de plus en plus exigeante...

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Joël Galabert pour l'association Valentin Haüy.

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