J'aurais préféré vivre

L'ouvrage:
Le 8 mai 2001, jour de ses vingt ans, Jérémie déclare son amour à Victoria. Celle-ci l'éconduit. Le jeune homme décide de se suicider. Herbe, whisky et médicaments seront ses armes.
Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il se réveille dans un appartement, Victoria à ses côtés. Nous sommes le 8 mai 2002. Jérémie ignore ce qui est arrivé pendant l'année écoulée.

Critique:
J'ai déjà essayé de lire un roman de cet auteur, «Si tu existes ailleurs», et je n'ai pas pu aller bien loin. C'est donc avec hésitation que j'ai tenté «J'aurais préféré vivre». Il m'a beaucoup plu.

D'abord, l'auteur a choisi une intrigue qui interpellera forcément. Ensuite, elle est sans temps morts. J'avais deviné la fin (d'ailleurs, au bout d'un moment, le lecteur finit par l'espérer), mais ce n'était pas si important, car on se demande surtout comment fera Jérémie pour mettre ses projets à exécution, malgré le peu de temps qu'il a. Les rebondissements (comme par exemple les décisions désespérées du personnage principal) sont assez bien trouvés. Pour ma part, je ne les avais pas envisagés.

Les personnages principaux sont attachants et intéressants. Thierry Cohen a su susciter l'émotion en les dépeignant. Comment ne pas éprouver tendresse et admiration pour Simon qui va au-delà des apparences, et ne se décourage jamais.

Outre l'intrigue réussie, le livre soulève certaines questions. Il invite le lecteur à ne pas forcément écouter ses impulsions, à se concentrer sur l'essentiel, à ne pas gaspiller, voire gâcher sa vie.
Certains seront peut-être gênés par l'omniprésence de la religion. En effet, elle joue un rôle important. Je n'ai pas été gênée, bien qu'athée, parce que j'ai pris les choses de manière plus générale. Là où l'auteur parle d'être humble envers Dieu, j'ai plutôt pensé que c'était envers ceux que nous aimons et qui nous aiment qu'il fallait être respectueux, bienveillant, etc. C'est d'ailleurs un prolongement des questions dont je parle plus haut. Il aurait d'ailleurs été mieux (à mon sens) que l'auteur ne parle pas de Dieu mais des êtres chers. En ramenant la chose à la religion, il y confine son lecteur, ce qui est dommage, surtout pour ceux qui, comme moi, la voient comme fermée. Le lecteur peut sans problèmes expliquer ce que l'auteur explique par Dieu d'une manière plus «plausible» s'il est athée. C'est ce qui sauve le livre à mes yeux.

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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