Auteur : Coben Harlan

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lundi, 23 mars 2015

Tu me manques, d'Harlan Coben.

Tu me manques

L'ouvrage:
Kat Donovan est célibataire depuis dix-huit ans, depuis que son fiancé, Jeff, l'a quittée. Son amie, Stacy, tenant à ce qu'elle trouve quelqu'un, l'inscrit sur «Just my type», un site de rencontre. C'est alors que parmi les inscrits, Kat reconnaît Jeff.
D'un autre côté, l'homme ayant reconnu avoir assassiné le père de Kat, avoue, alors qu'il est sous médicament, qu'il ne l'a pas fait, mais qu'on lui a demandé de porter le chapeau, ce qui ne changeait rien pour lui, puisqu'il était déjà reconnu coupable de deux meurtres.

Critique:
Après la lecture du résumé, j'avais peur qu'Harlan Coben s'auto-plagie, comme le fait Jean-Paul Dubois. Or, il n'en est rien. L'auteur a utilisé certaines ficelles dont il est coutumier, et qui fonctionnent si elles sont maîtrisées: un vieux meurtre dont le coupable est peut-être innocent, une histoire d'amour qui n'a pas dit son dernier mot, un jeune garçon qui craint que sa mère ait disparu... et des «méchants» qui sont prêts à tout pour atteindre leur but.

Si je suis un peu réticente aux romans policiers que je trouve un peu faciles, je reste attachée à Harlan Coben (même si j'avais peur que «Six ans déjà» signe le début de son essoufflement), car il parvient à créer des personnages profondément humains... dans tous les sens du terme. En effet, les «méchants» aussi sont humains. Ils représentent les pires côtés de l'humanité. Quant aux personnages «normaux», on s'identifiera très facilement à eux.

D'autre part, comme dans certains de ces romans, Harlan Coben soulève certains problèmes d'actualité. Ici, les «méchants» pervertissent quelque chose qui, au départ, n'est pas nuisible, et qu'on rencontre de plus en plus. Ce qui se passe dans le roman m'a fait un peu penser à un élément de «Faute de preuves». Ces deux faits ont un petit côté prévention qui n'est pas pour me déplaire.
Ce qui arrive au père de Kat fera également réfléchir. Là encore, on pensera inévitablement aux préjugés, mais aussi au fait qu'un autre personnage aurait peut-être dû agir différemment...

Harlan Coben maîtrise son suspense et ses rebondissements. J'avais deviné certaines choses, mais l'auteur ne traîne pas trop, donc ce n'est pas si grave. En outre, les personnages étant attachants, j'ai pris plaisir à les suivre dans leurs péripéties, même si j'ai su certaines choses avant eux.

Au sujet des personnages, ma préférence va à Brandon et à stacy. Le premier pour son intuition, sa remise en question, son à propos. La seconde pour sa fraîcheur, sa manière de forcer Kat et le lecteur à bousculer leurs préjugés, sa causticité.

Remarque annexe:
J'aime bien ce qui arrive à Beau après les événements marquants du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Au tout début, il m'a semblé que la lectrice cherchait un peu son ton. Cependant, je l'ai vite trouvée à l'aise. En outre, elle a su adopter un timbre de voix différent pour les hommes et Brandon sans trop en faire.

À un moment, le mot «dégingandé» apparaît. Lorsque je l'ai entendue, mon mari était dans la même pièce que moi. J'ai dit: «Tiens, elle l'a mal prononcé.» Mon mari a affirmé que c'était moi qui avais tort. Après plusieurs vérifications dans divers dictionnaires (papier, en ligne) et forums, c'est bien moi qui ai raison. Le mot se prononce comme il s'écrit et non «déguingandé». Il semble que cette erreur soit très ancienne et que beaucoup la fasse. Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison pour laquelle la faute de prononciation s'est installée, étant donné que l'orthographe du mot ne recèle aucun piège.

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mercredi, 19 mars 2014

Six ans déjà, d'Harlan Coben.

Six ans déjà

L'ouvrage:
Jacob Fisher (dit Jake) est professeur à l'université. Lors d'un été, il vécut trois mois de passion avec Natalie. Mais elle le quitta pour une ancienne flamme retrouvée. Il assista à leur mariage, durant lequel elle lui fit promettre de ne jamais tenter de la revoir, de lui écrire, etc. Il tint sa promesse pendant six ans.
Ce jour-là, Jake tombe sur la notice nécrologique du mari de Natalie. Loin d'avoir oublié la jeune femme, il décide de se lancer à sa recherche. Seulement, les personnes qu'ils côtoyèrent ensemble nient l'avoir connue. Le centre de créativité qu'elle fréquenta semble n'avoir jamais existé. Enfin, il n'y a pas de traces de son mariage dans les registres.

Critique:
Comme souvent, Harlan Coben commence avec quelque chose qui intriguera forcément son lecteur. À partir de là, on est accroché, on se demande vers quoi il ira... J'ai même pensé qu'il bifurquerait vers du fantastique ou une histoire de mémoire «effacée»...
Et puis, comme je le connais, j'ai très vite deviné où il voulait en venir. Une fois que l'idée m'est venue, j'ai assemblé plusieurs pièces du puzzle en fonction de cette idée, ce qui n'est pas si difficile à faire.
Je n'ai pas été très gênée d'avoir deviné une grande partie des choses, d'abord parce que je n'ai pas tout trouvé tout de suite. De plus, j'ai aimé suivre l'enquête de Jake. Les choses ne s'enlisent pas, on ne s'ennuie pas. L'auteur n'a pas cherché à faire un énorme livre plein de pages inutiles. Par ailleurs, les personnages de Coben sont souvent attachants, et ceux-ci ne dérogent pas à la règle. Enfin, l'idée que développe l'auteur est intéressante, même si elle semble folle. On comprend aisément comment certains protagonistes ont voulu la mettre en place. Harlan Coben s'appuie sur des faits qui sonnent juste, des événements qu'on peut rencontrer dans notre vie de tous les jours, et il décrit comment on peut arriver à vouloir changer certaines choses. Il ne fait que mettre en pratique (enfin, en théorie, devrais-je dire, puisque ses personnages n'existent pas) une idée que des personnes normales pourraient avoir envie de voir réaliser dans un cas extrême.
Il en a quand même un peu trop fait sur certains points. Il est peut-être exagéré de devoir être seul, même si on comprend l'argument donné. Cette obligation ajoute au dramatique de l'action, et engendre certaines situations qui m'ont paru un peu niaises, parce que je pense que les personnages auraient pu faire autrement, quoiqu'ils en disent.

J'ai aussi été agacée par la folle passion de Jake et Natalie. Souvent, chez Coben, on trouve un couple qui s'aime profondément. D'habitude, je comprends ce couple. Ici, il m'a un peu ennuyée.

Mes petits reproches n'ont rien de rédhibitoire. Les amateurs d'Harlan Coben ne seront pas déçus.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arnaud Romain. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Ce comédien fait partie de ceux que je réentendrai avec plaisir. Il joue sans cabotiner et sa voix est agréable. En outre, il ne fait pas de manières affectées pour prononcer les noms propres anglophones.

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lundi, 25 mars 2013

Ne t'éloigne pas, d'Harlan Coben.

Ne t'éloigne pas

L'ouvrage:
Il y a dix-sept ans, Stuart Green a disparu. Touché par le désespoir de l'épouse de Stuart, et intrigué par cette disparition, le lieutenant Broome continue de mener l'enquête.

Ray Levin est photographe.
Ce soir-là, il est agressé. On ne lui vole que son appareil photo. Surpris qu'on lui ait laissé son portefeuille, il finit par comprendre ce que voulait son agresseur.

Megan est une respectable mère de famille. Elle aime son mari et ses deux enfants. Cependant, certains éléments de son ancienne vie lui manquent. C'est alors que Lauren (un personnage de cette ancienne vie), la contacte, et lui dit qu'il lui semble avoir vu quelqu'un que Megan croyait mort.

Critique:
Si Harlan Coben a écrit certains romans qui m'ont moins plu, j'ai aimé «Ne t'éloigne pas». Je pense que l'auteur a compris que l'une de ses forces, c'est de décrire des personnages profondément humains. En effet, à lire leur histoire, leurs sentiments, leurs sensations, on ne peut que les comprendre. Sûrement pas tous, certes. Par exemple, celui qui sacrifie tout au nom de son fils, qui n'hésite pas à faire torturer et tuer, et qui a du mal à se remettre en question quant à ses actes passés, on aura du mal à le prendre en pitié. Cependant, on comprendra comment il en est arrivé là.
Bien sûr, on ne trouvera aucune excuse au couple de tortionnaires. Eux n'hésitent pas à s'en trouver, ce qui les rend encore plus détestables.
Quant aux autres, je ne peux trop rien dire, mais chacun parlera au lecteur.
D'autre part, le romancier expose bien les relations houleuses de parents avec leurs enfants adolescents. Ça sent le vécu. ;-)

Harlan Coben utilise une façon de faire qui lui est propre: un événement ancien impliquant plusieurs personnes continue de hanter ces personnes. Un événement pendant lequel certains protagonistes ont agi dans la hâte et la peur. Malgré cette récurrence, l'auteur a introduit des éléments qui font que cet événement, s'il est un tournant pour certains, n'est pas la seule chose que l'on cherche.
De plus, il ne fait pas trop traîner les choses avant de dévoiler les liens entre tel et tel personnage. Il commence bien par montrer chacun ayant sa vie, mais il les rassemble vite. Le livre ne traîne pas. L'auteur retarde bien un peu certaines révélations, mais cela passe bien.
En outre, Harlan Coben apprend certaines choses au lecteur avant que les personnages ne les sachent. Cela fait que le lecteur a l'impression d'avancer: il ne piétine pas, n'attend pas de tout apprendre.
Il y a une chose que j'aurais voulu voir tourner autrement, mais cela n'aurait pas été possible. Si l'auteur avait fait cela, il aurait «détruit» trop d'autres choses. Je regrette quand même qu'il ait agencé son histoire au point de rendre impossible ce que je voulais.

L'écrivain utilise une ficelle que ses pairs ont galvaudée. Je pensais d'ailleurs qu'il s'engouffrerait dans la facilité, mais non. Il présente certains faits d'un certain point de vue, et explique bien que ces faits sont impossibles. Le lecteur, à l'instar d'un personnage (qui ne se l'avoue pas clairement), ne peut s'empêcher de se demander si cela ne serait finalement pas possible... et l'auteur fait en sorte que la solution ne soit ni grandiloquente ni invraisemblable.

J'aime bien la résolution de l'énigme. Elle est atypique chez ce genre d'auteurs, car les pensées du lecteur ne seront pas politiquement correctes, après cette découverte.
Quant au nom de la personne coupable, je l'ai deviné très peu de temps avant que l'auteur ne le dévoile.

D'habitude, je ne lis pas les remerciements, surtout quand ils se résument à une liste de noms. Ici, après avoir zappé l'inévitable liste, j'ai écouté la suite. L'auteur a remercié certaines personnes qui ont fait des dons à des associations caritatives afin que leurs noms apparaissent dans ce roman. Je trouve que proposer cela est une bonne initiative de la part de l'auteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller pour les éditions VDB.
Quelle joie pour moi de retrouver ces deux comédiens très talentueux!
Hervé Lavigne, parvient à merveille à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela semble joué.
Quant à Isabelle Miller, elle a surtout modifié sa voix pour le personnage de Lauren. Je pense qu'elle a eu raison. La voix un peu grave et un brin gouailleuse qu'elle prend va très bien à Lauren. De ce fait, il m'a été plus facile de l'imaginer.

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lundi, 15 octobre 2012

Faute de preuves, d'Harlan Coben.

Faute de preuves

L'ouvrage:
Wendy Ties est journaliste. Elle pense donner un coup de pouce à sa carrière tout en coinçant un pédophile. Grâce à elle, Dan Mercer est arrêté. Les preuves sont accablantes.
Mais les choses se compliquent. Outre que Dan clame son innocence, Wendy a l'intuition que quelque chose cloche.

Critique:
Après avoir été déçue par «Dans les bois» et «Sans un mot», j'avais un peu peur de retenter un Harlan Coben, pensant qu'il s'essoufflait. J'ai été agréablement surprise par «Faute de preuves».

On retrouve certains thèmes chers à l'auteur. Par exemple, un groupe qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et qui le paie des années plus tard. Des personnes qui ont agi sous le coup de la panique (un peu comme chez Linwood Barclay). Au départ, cela m'a un peu agacée parce qu'on voit assez rapidement certains liens, surtout si on connaît cette ficelle. Mais Harlan Coben a réussi à la renouveler. J'ai trouvé qu'il avait bien résolu ses énigmes. Tout est cohérent, et la psychologie des personnages est importante.
J'avais deviné certaines choses, mais l'auteur l'a peut-être voulu ainsi. En effet, je pense qu'il s'est servi de ce qu'on connaissait de ses façons de faire afin de tromper son lecteur. Cela fait qu'on est un peu déstabilisé quand il révèle certaines pièces du puzzle.

J'ai aimé que l'auteur n'utilise pas une ficelle tellement éculée que même son protagoniste la méprise. Quand Wendy explique qu'il y avait un cadavre dans la caravane et qu'il a disparu, elle a peur, un instant, qu'on ne la croie pas. L'auteur dédaigne cette ficelle, tout en montrant bien qu'il pense, comme son lecteur, qu'elle est indigne d'un bon roman policier contemporain, tant elle a été utilisée.

L'enquête de Wendy est un peu longue, car dès le départ, le lecteur a la conviction que Dan est innocent. Mais c'est un peu rattrapé par certains personnages originaux qu'elle rencontre, comme Doug et Fly, mais aussi Win (qu'elle connaissait).

Harlan Coben montre parfaitement comme la rumeur est vénéneuse. C'est surtout illustré par celle qui court à propos de Wendy sur le net. Il n'y a aucune preuve, mais les puritains hypocrites se dépêchent de l'épingler, et de la fuir. D'autres auteurs ont montré cela, mais il me semble qu'on ne le fait jamais assez. D'autre part, Harlan Coben le fait pertinemment. Cela montre, une fois de plus, l'absence d'esprit critique des gens, leur âme moutonnière, leur hâte à croire ragots et cancans, et même, à se précipiter dessus telles des charognes.

J'ai également apprécié les personnages de ce roman. Ils ne sont pas manichéens, sont bien campés... j'ai une préférence pour Charlie et Papou parce qu'ils m'ont fait rire. ;-)
Je comprends pourquoi Wendy ne veut pas pardonner à Ariana. D'après ce que je comprends, Ariana ne regrette pas vraiment. Elle ne pense pas qu'elle a dévasté une famille, elle pense d'abord à elle. Elle veut pouvoir continuer à être égoïste, et pourquoi pas, à commettre d'autres méfaits. On me dira que Wendy est injuste, car elle souhaite être pardonnée pour continuer à vivre. Soit, mais elle pense vraiment à la personne qu'elle a détruite.

À un moment, deux théories s'opposent. Certains parents préfèrent laisser leurs enfants boire de l'alcool chez eux, ainsi, ils ne vont pas dans des bars, et ne reviennent pas chez eux ivres, évitant ainsi certains dangers. D'autres personnages disent qu'il ne faut pas employer ce mauvais argument, et tenter plutôt de raisonner et de responsabiliser les adolescents. Il va de soi que j'approuve ceux qui veulent responsabiliser. C'est trop facile, de dire que de toute façon, les adolescents boiraient, et que donc, autant essayer de maîtriser certaines choses.
Je trouve assez pertinente la façon dont l'auteur finit par montrer l'inanité et la bêtise de ceux qui croient contrôler les choses en les permettant chez eux. Tout est une question d'éducation. C'est d'abord aux parents d'assumer la responsabilité d'avoir un enfant, et de devoir l'éduquer le mieux possible.

Attention! Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
J'ai trouvé quelques incohérences. D'abord, lorsque la police retrouve le portable d'Haley, Walker pense que cela ne peut être celui de Dan, puisqu'ils l'auraient détecté grâce aux ondes qu'il émet. Cela veut dire qu'on a cherché à localiser Dan grâce à son portable. Dans ce cas, pourquoi n'a-t-on pas tenté de localiser Haley, dès sa disparition, grâce aux ondes émises par son portable?
Par ailleurs, il est étrange que Genna ait gardé le portable d'Haley tout ce temps, et ne l'ait pas enterré avec elle. C'est une pièce à conviction compromettante, et le moins dangereux aurait été de s'en débarrasser le plus vite possible. L'auteur avait besoin de cela pour l'agencement de ses énigmes, mais je trouve ça un peu fragile.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller, avec la participation exceptionnelle de José Heuzé, pour les éditions VDB.

Comme d'habitude, j'ai apprécié la performance des comédiens. Ici, c'est surtout Hervé Lavigne qui a eu les «rôles difficiles». Il a dû raper, et modifier sa voix pour certains personnages. Heureusement, il fait partie de ces comédiens qui modifient leurs voix sans cabotiner, et sans que cela donne d'horribles résultats. J'ai bien ri de la voix qu'il faisait à Lawrence Cheston.
J'ai trouvé judicieux que José Heuzé interprète Win. Outre que je suis toujours contente de l'entendre, et qu'il a bien joué le rôle, Win est un ami de Myron Bolitar. Or, en français, la série des Myron Bolitar est enregistrée, entre autre, par José Heuzé. Cela signifie donc que c'est lui qui joue Win dans les Myron Bolitar. Le fait que Win, dans un roman hors de la série, ait été interprété par celui qui le joue dans la série, montre un souci d'uniformité, et quelque part, le respect du lecteur et de l'interprète.

lundi, 27 novembre 2006

Juste un regard, d'Harlan Coben.

Juste un regard L'ouvrage:
Grace et Jack Lawson sont mariés depuis dix ans. Ils s'aiment tendrement. Ils ont deux enfants, Max et Emma. C'est une famille très unie.

Un jour, Grace va chercher des photos qu'elle avait emmenées à faire développer. Dans l'enveloppe, elle trouve une photo qui a dû y être glissée intentionnellement. En effet, la photo semble dater d'au moins dix ans. Elle représente un groupe de jeunes gens. Grace croit reconnaître son mari, avec dix ou quinze ans de moins. L'une des filles le regarde avec adoration.
Grace trouve cela étrange, et décide de montrer la photo à Jack. Celui-ci nie être sur le cliché. Il ne connaît pas ces gens sur la photo.
Quelques minutes plus tard, il s'en va, sans explications.

Grace l'attend toute la nuit. Le lendemain matin, elle se résout à appeler la police, car il n'est pas rentré.

Critique:
Harlan Coben, encore une fois, prend un enchaînement de faits simples qui sont déclencheurs de quelque chose que les personnages ne maîtrisent pas. Monsieur tout le monde fait quelque chose d'anodin, et paf! Cela lui explose en pleine figure.
Ici, le mari de Grace voit son passé ressurgir, et on apprend que ce qui a commencé comme une querelle de jeunes gens shootés a eu et a encore des conséquences tragiques.

Harlan Coben évite une ficelle particulièrement agaçante, ficelle qu'il a déjà exploitée dans "Une chance de trop", et qu'il exploite un peu dans "Innocent". C'est l'écueil qui consiste à mettre la police contre le personnage principal, voire à ses trousses. Ici, les policiers commencent bien sûr par penser que Grace a été plaquée par un mari volage ou ayant besoin d'air, et ils ne vont pas chercher plus loin. Mais ils changent très vite d'avis, et on n'est pas obligé de se traîner péniblement jusqu'au moment où la police comprendra enfin. Non. Ici, la police n'est pas aussi bornée et fermée que dans certains autres romans policiers. Ici, elle recherche bien les vrais coupables.

Un autre topos est exploité, mais il ne m'a absolument pas déplu. C'est le personnage de Charlaine. Elle fait penser à une femme un peu bébête, mais en fait, elle est futée, et grâce à elle, certaines choses s'arrangent. Il y a un instant comique, malgré la tension omniprésente: c'est le comique de répétition qui fait que c'est grâce à Charlaine qu'on retrouve la trace du tueur à gages.

Coben prend plaisir à disperser de faux indices, indices qui ont failli me tromper. Mais s'il avait choisi la solution qu'il nous laisse entrevoir, (la culpabilité d'une certaine personne), cela aurait été une solution de facilité, car cette ficelle a été surexploitée dans les romans policiers.
En revanche, il se sert d'une autre ficelle assez souvent utilisée, et un peu incroyable... Je parle de ce qui s'est passé après la bagarre entre Jack et Jimmy X.

A la fin, une incertitude plane. On ne saura jamais ce qui s'est exactement passé, le soir où tout a basculé. En général, je n'aime pas les fins incertaines, mais là, je trouve que c'était à propos.

Quelque chose m'a déçue. Je reconnais que là, je reproche à Coben de ne pas avoir employé un topos du genre. Le roman policier veut que tout se termine toujours bien. Ici, ce n'est pas le cas. Certaines choses s'arrangent, mais pas toutes. Normalement, je devrais être contente que Coben se différencie un peu, mais j'avoue que j'aime bien que les romans policiers et les thrillers se terminent bien. On voit assez de choses atroces dans la vie: les livres servent à s'évader. Au moins, dans un livre, (surtout un polar), on sait que ça finit bien. Donc, si vous êtes comme moi, préparez-vous à une fin pas tout à fait conforme.

C'est un bon thriller, avec des rebondissements, plusieurs personnages inquiétants, (comme Eric Wu, qui est en train de devenir un topos), et d'autres dont les motivations peuvent se comprendre, même si on ne les excuse pas. Il traîne un peu, mais cela reste acceptable, car certains rebondissements arrivent à point.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Chris Deïs pour les éditions VDB.

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