Auteur : Chattam Maxime

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, 30 novembre 2010

Léviatemps, de Maxime Chattam.

Léviatemps

L'ouvrage:
1900.
Guy est romancier. Il rencontre un certain succès. Lorsqu'il découvre Conan Doyle, il sait qu'il veut écrire le même style d'ouvrages. Seulement, cela ne plaît pas à son lectorat.
Un jour, las du carcan familial, il s'en va. Il s'établit dans une maison close. Il sympathise vite avec les filles du lieu. Peut-être trouvera-t-il l'inspiration pour un roman...
C'est alors que Mylène, une pensionnaire de l'endroit, décède brusquement en transpirant du sang. La police ne faisant pas grand cas de l'affaire, Guy et Faustine (une prostituée), décident de mener leur enquête.

Critique:
Au risque de me mettre les fan de Maxime Chattam à dos, je dirai que je ne comprends pas trop pourquoi cet auteur suscite un tel engouement. Ici, l'intrigue est classique, et les personnages sont peu creusés. J'ai apprécié l'ambiance de l'époque que l'auteur a su rendre grâce à certains épisodes. Et encore, il y a un parfum de Victor Hugo dans les épisodes des égouts et de la rue Monjole.
À un moment, Guy dit que ce mystère lui fait penser à du Mary Shelley, du Charles-Robert Maturin, ou du Edgar Poe. Effectivement, on dirait que l'auteur s'est servi de ces écrivains pour rendre l'ambiance de son roman. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, mais ici, c'est fait avec de trop gros sabots.

L'intrigue est des plus classiques. Elle est linéaire: un meurtre est commis, et on se traîne péniblement jusqu'à la fin pour connaître le coupable. L'attente du lecteur n'est pas agrémentée de ces petits ingrédients qui font qu'un roman policier est plus attrayant qu'un autre.
Les découvertes ne sont pas si surprenantes que cela.
L'auteur recouvre le tout de violence, de spectaculaire, ce qui, pour moi, est inutile, voire lassant, même s'il y a moins de sang et d'horreurs que dans certains thrillers.

Lorsque Guy et ses acolytes font le portrait psychologique du tueur, on a plutôt envie de rire. Ils se font profilers avant l'heure, et ça fait très surjoué. Ils déduisent énormément de choses de sa façon d'agir. Là-dessus, ils imaginent qu'il a souffert dans son enfance, et Guy parvient même à expliquer quel type de souffrances il a connu. Outre ces déductions classiques, on a du mal à y croire. De plus, les répliques des personnages sont très attendues. Elles semblent plaquées sur un schéma.

À part Faustine, les personnages ne sont pas très creusés. Faustine se démarque par un caractère bien trempé, une témérité parfois dangereuse, un jugement sûr, et des répliques bien senties. Néanmoins, s'il est logique, voire honorable, que Faustine ait refusé sa condition, il est un peu étrange qu'elle ait souhaité devenir courtisane. Elle aurait peut-être pu échapper à la bourgeoisie coincée qu'elle méprise d'une autre manière.

Outre cela, nos trois compères ne sont pas très convaincants en tant que détectives. Ils réfléchissent, suivent des pistes, mais cela n'est pas très crédible. Trop de choses semblent téléphonées, et les répliques sont artificielles. Guy est amateur de Conan Doyle, et il se croit dans une aventure de Sherlock Holmes.
Plus tard, il fait une analyse graphologique de l'écriture du tueur, et là aussi, le résultat est un peu ridicule. Il déduit même quelque chose du fait que le tueur ait pris sa feuille dans un sens plutôt que dans l'autre!
L'ébauche d'histoire d'amour est trop convenue.

La solution de l'énigme pourrait être intéressante, mais l'auteur utilise une ficelle déjà employée. Et là encore, la résolution ne m'a pas tellement surprise. Je n'avais rien deviné (même si je soupçonnais quelque chose), mais dune manière générale, à part les quatorze premiers chapitres (il y en a cinquante-quatre), ce livre ne m'a pas tenue en haleine. Je ne pense pas que je lirai la suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 1er décembre.

Je connaissais Vincent de Boüard en tant que comédien de doublage (notamment dans le rôle du patron lunatique au cerveau hypertrophié de Joe dans la saison 6 de «Medium»), je le découvre avec plaisir en tant que lecteur. Il ne surjoue pas, et met le ton approprié. Il parvient à déguiser un peu sa voix pour certains personnages sans que cela fasse cabotinage. Bien sûr, je n'ai pas apprécié l'accent anglais qu'il prend pour l'un des protagonistes, mais il me semble qu'il n'a pas exagéré son jeu. C'était donc supportable. ;-)
J'espère ne pas écorcher le nom de Vincent de Boüard. En effet, je l'ai toujours vu écrit de Bouard (sur Doublage Série Database), et sur le CD et le site d'Audiolib, il est écrit «de Boüard».

J'ai beaucoup apprécié qu'il y ait peu de musique au long du livre.

Acheter « Léviatemps » en audio sur Amazon

Acheter « Léviatemps » sur Amazon

lundi, 31 juillet 2006

Le sang du temps, de Maxime Chattam.

Le sang du temps L'ouvrage:
Marion est secrétaire dans un institut médico-légal. Un jour, elle trouve quelque chose qu'elle n'aurait pas dû trouver. Au lieu de garder le silence, elle alerte la presse. Cela la met en danger: elle est agressée peu après. La DST lui propose de l'aider, de la cacher.
C'est ainsi qu'elle se retrouve au mont-Saint-Michel, dans une abbaye. Officiellement, elle est là pour faire retraite, et se soustraire au stress urbain.

Marion s'ennuie un peu. Un jour, elle va à la bibliothèque d'Avranche avec l'un des moines, le frère Damien. Elle découvre alors un étrange livre...

Critique:
Maxime Chattam est un auteur très aimé du public, d'après ce que j'ai pu entendre. Ce livre est le premier que je lis, et dans l'ensemble, je le trouve bien.

Il traîne un peu, mais presque tous les romans policiers et les thrillers traînent. Le jeu consiste à essayer de faire en sorte que les digressions et les lenteurs soient aussi intéressantes que l'intrigue. C'est par exemple le cas chez Fred Vargas et Michael Connelly. Ici, certaines choses passent, mais d'autres un peu moins.

La violence des tortures me fait penser aux livres de Jean-Christophe Grangé. Il faut avoir le coeur bien accroché: la description des tortures est vraiment atroce.

Parfois, le style laisse à désirer, certaines expressions sont mal tournées. Par exemple, il écrit toujours: "Elle (ou il) cligna les paupières." Il me semble que c'est "cligner des paupières", non? Je pourrais imputer cette faute à la lectrice du livre audio, mais je pense qu'elle l'aurait faite une fois, pas plusieurs.

Maxime Chattam évite un écueil, à mon avis: c'est celui où l'un des personnages qui nous est d'emblée sympathique est le coupable. J'avais peur que ce soit l'un des personnages que j'aimais bien, et j'aurais trouvé cela trop facile. Heureusement, ce n'est pas lui.
D'ailleurs, à la fin, on ne sait pas vraiment qui est coupable. Trois hypothèses s'offrent à nous, et nous devons trouver laquelle est la bonne. Dans une note à la fin de l'ouvrage, Maxime Chattam précise que nous ne devons pas nous sentir frustrés, car la clé est dans le roman. Personnellement, je ne l'ai pas trouvée. J'ai demandé à Laurence Gargantini, (qui a enregistré ce livre en audio) si elle avait résolu l'énigme, et elle ne sait pas non plus. Je pense tout de même que la solution donnée par Grégoire dans l'épilogue est à rejeter. Ensuite, j'hésite entre les deux autres. Cette fin est encore un exemple très éloquent de ce que je disais dans la critique de "Les charmes discrets de la vie conjugale": il ne faut pas se fier à quelque chose juste parce que ça a été écrit par quelqu'un, ou raconté par quelqu'un d'autre. C'est ce que nous avons ici: Marion lit un journal intime, et on lui raconte une autre version de l'histoire.

Par ailleurs, ce thriller nous plonge dans deux univers très différents: le Caire de 1928 et le Mont-Saint-Michel du début du vingt-et-unième siècle. Les personnages décrits sont complexes. Certains sont insondables. Ils ne sont pas caricaturaux.

Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais une lecture agréable, où l'intrigue est bien menée.

Éditeur: Michel Lafon.

Acheter « Le sang du temps » sur Amazon