Auteur : Chase Lindsay

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mardi, 8 janvier 2013

Un amour de soie, de Lindsay Chase.

Un amour de soie

Note: La quatrième de couverture en dit beaucoup trop!

L'ouvrage:
1840, Coldwater, petite ville du Connecticut.
Hannah a dix-huit ans. Elle se voit contrainte à un mariage arrangé avec Reiver Shaw qu'elle connaît à peine. Après s'être révoltée, la jeune fille décide de prendre le meilleur parti possible de sa vie. Elle va tenter de connaître son mari et de s'en faire aimer. Seulement, celui-ci est obnubilé par son usine de soieries. Pour lui, rien n'est plus important. D'autre part, Hannah ignore que son époux aime la belle Cécilia.

Critique:
Moi qui suis exaspérée par Juliette Benzoni, Danielle Steel, et Barbara Cartland, je me suis surprise à suivre l'histoire de la famille Shaw avec un grand intérêt. J'en déduis donc que tout dépend de qui écrit l'histoire. Celle-ci réunit les ingrédients d'un roman à l'eau de rose: amours (voire passions) contrariées, ascension sociale d'une famille dans un domaine précis, personnages assez tranchés... À la différence des auteurs sus-citées, Lindsay Chase sait garder une certaine vraisemblance. Elle fait en sorte qu'on y croie. Par exemple, il n'y a pas de coups de foudre. On apprend à se connaître avant de s'aimer. En outre, personne n'est tout blanc ou tout noir. Chacun a de bonnes raisons d'agir, et d'autres un peu moins valables. Bien sûr, je n'ai pas pu apprécier Reiver, mais je comprenais qu'il puisse avoir sa filature et sa maîtresse dans le sang. Il a quand même des défauts rédhibitoires. Il est du genre: fais ce que je dis, mais pas ce que je fais. De plus, il ne s'embarrasse jamais de ce que ressentent les autres. Malgré ce portrait peu reluisant, il reste crédible. C'est le cas de tous les protagonistes.
Si Hannah bouscule les préjugés de son époque en n'étant pas une petite écervelée, là encore, elle reste crédible. Le lecteur la voit évoluer, se raccrocher à ce qu'elle peut, refuser de se laisser abattre.
Cécilia ne sera pas vraiment antipathique au lecteur. C'est un point positif. Ce n'est pas la méchante harpie. Non, c'est une femme qui aime et qui fait ce qu'elle peut.
Il est un personnage que je n'évoquerais pas pour ne pas trop en dire, mais il y aurait beaucoup de choses à dire, notamment que lui aussi est loin d'être manichéen.

Quant aux histoires d'amour, je suis souvent frustrée dans les romans de ce genre, car les personnages qui s'aiment sont séparés les trois quarts du temps. À la fin, ils se réunissent, et ils vivent heureux pendant de longues années... desquelles le lecteur ne voit rien. Je préfère voir les amoureux évoluer ensemble, et c'est ce qui arrive ici. Bien sûr, leur histoire connaîtra des péripéties, mais au moins, on les voit ensemble.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Ellisalde pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
Le lecteur a une lecture sobre et juste. C'est ce qu'il faut pour ce genre de romans. Il serait trop facile de trop en faire en cherchant à jouer.

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lundi, 15 décembre 2008

L'honneur d'une femme, de Lindsay Chase.

L'honneur d'une femme

Note: là encore, je n'ai trouvé aucun nom propre. Corrigez mon orthographe si elle est fausse. (Vivement que les noms soient épelés dans les livres audio!)

L'ouvrage:
1896.
Honora Elliott fait des études de droit. Elle veut devenir avocate. Elle doit sans cesse affronter les préjugés de la société qui veulent qu'une femme n'exerce pas une telle profession.
Honora se battra pour obtenir gain de cause: elle veut être avocate, et tout faire pour que la justice triomphe. Ainsi, peut-être se pardonnera-t-elle ce qui est arrivé à son père.

L'un de ses camarades, Robert Davis, commence par la rejeter, à l'instar de ses congénères. Puis il cherche à mieux la connaître, et semble accepter son choix. Leur amitié se change peu à peu en amour.

Critique:
C'est un livre de vacances, un divertissement. Il y a bien quelques clichés et quelques invraisemblances, mais on s'en accommode.
Par exemple, Théodora, la tante d'Honora, pressent que le mariage de cette dernière sera un échec. Le lecteur aguerri est donc sûr que le mari d'Honora n'est pas l'homme de sa vie. Cette conviction est renforcée par le fait que dès la première nuit qu'il passe ensemble, Robert a une exigence qui intrigue Honora, et donne à penser au lecteur qu'il veut la dominer totalement, ce qui veut dire qu'il fera de même dans leur vie quotidienne. Donc, dès le mariage, on sait comment il se terminera.

D'autre part, Honora se reproche ce qui est arrivé à son père, malgré la raison qui lui souffle que non, elle n'y est pour rien. Encore un élément un peu caricatural, mais cependant plus fréquent qu'on ne le croit dans la vie de tous les jours.

Les amateur d'histoires d'amour à rebondissements, de procès à l'issue incertaine seront comblés par ce livre qui peut paraître un peu trop sirupeux, mais qui, en fin de compte, passe bien, car les personnages sont attachants, et que l'intrigue est bien construite. En outre, l'histoire d'amour est un peu attendue, mais elle n'est pas trop téléphonée. On ne se croit pas dans un Cartland ou un Steel, on dirait que l'auteur croit en ce qu'elle écrit, on n'a pas l'impression, qu'elle a écrit ça à la va-vite sur un coin de table. Et puis, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Étant donné que l'auteur a su retenir mon attention et la garder, je conseille ce livre!

La fin va bien avec le reste. Elle ne détonne pas. Certains pourraient la trouver trop facile, mais outre qu'elle ne choque pas par rapport au reste du livre, elle nous montre qu'Honora est nuancée, elle ne campe pas sur ses positions, elle est humaine, en fait. En outre, il aurait été décevant que le livre se terminât autrement. Le lecteur aurait été déçu, et cela n'aurait pas été crédible.

Petite remarque pinailleuse: je trouve le prénom de l'héroïne ridicule. Pourquoi pas Pureté, Immaculée, Justicia, tant qu'on y était?

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Wasseige pour la Ligue Braille.

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