El Bronx

L'ouvrage:
Isaac est maire de New York. Il combat la corruption et la misère. Il a fondé une association (Merlin) spécialement pour les enfants. Il a déjà réussi à remettre certains garnements dans le droit chemin.

A présent, il souhaite intégrer un enfant précis aux merlinois. Il s'agit d'Aliocha, douze ans. Le garçon fait partie du gang des Bouffons, dirigé par son frère de dix-neuf ans, Paul, qui est actuellement en prison. La spécialité d'Aliocha, c'est la peinture. Il se charge de décorer les murs de la ville avec les épitaphes qu'on lui commande pour des frères de gang.

Critique:
L'auteur décrit ici un univers dans lequel on a peur de pénétrer: l'univers des gangs, de leurs règles, des policiers corrompus, des hommes haut placés avides de pouvoir, des riches qui pensent pouvoir tout acheter... En général, je n'aime pas la description d'un tel univers. Mais Jérôme Charyn ne se consente pas d'aligner les clichés et la violence. Ses personnages ne sont pas uniquement des brutes épaisses qui ne réfléchissent qu'avec leurs poings, et dont le maître mot est «vengeance». Non!
Le personnage de David, par exemple, n'est pas seulement un chef de gang. C'est un passionné d'avions. Le fait qu'il ait une passion le rend plus humain.
Aliocha force l'admiration. C'est un garçon que la vie a poussé à grandir très vite, et il ne tourne pas mal, comme on pourrait le croire d'un enfant livré à lui-même. Il a une conscience, du savoir-vivre, etc.

En outre, l'auteur créé des situations terribles, mais amusantes à la fois. Par exemple, la première fois qu'Aliocha est contraint de se rendre chez Isaac, le lecteur sourit. D'abord parce qu'Aliocha y va à reculons et en pestant, et ensuite parce qu'on assiste à la rencontre de deux mondes, rencontre à laquelle l'auteur nous a préparés depuis le début. C'est aussi un peu cliché, mais on excuse l'auteur, car l'histoire qui naît de cette rencontre est plaisante à lire. En plus, il évite le cliché du garçon des rues et de la fille de riches, égoïste qui ne connaît que les joies de la vie. En effet, Marianna n'est pas du tout un personnage cliché.

L'histoire de Fantomas a le même effet: l'auteur nous l'annonce de manière à nous effrayer, puis il détruit cette peur par la suite, ce qui fait qu'on en rit.

D'après ce que j'ai compris en lisant les titres des romans du même auteur, ce livre ne serait pas le premier où apparaît Isaac. Si vous en savez plus, n'hésitez pas à me le dire.

Éditeur: Mercure de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Grillet pour la Bibliothèque Braille Romande.

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