Je ne retrouve personne

L'ouvrage:
Aurélien doit s'occuper de la vente de la maison de ses parents, qui sont, depuis longtemps, établis ailleurs. Cela lui donne l'occasion de se pencher sur sa vie, ses choix, son passé, sa famille.

Critique:
J'ai un sentiment étrange quant à ce livre. Il m'a plu, mais il n'a pas vraiment su me toucher. Aurélien est pourtant un personnage intéressant, et il raconte les faits sans être lourd, sans fioritures. Il analyse aussi son comportement et celui d'autres comme son frère. Le tout m'a peut-être paru un peu plat. L'auteur utilise des ingrédients maintes fois employés, mais là n'est pas le problème. Pour moi, ils sont amenés sans vraiment renouveler les choses. Tout est peut-être un peu gros. J'ai compris pourquoi les personnages étaient ainsi, mais j'ai trouvé qu'ils s'y complaisaient un peu. Cyril, le frère d'Aurélien, est assez casse-pieds avec ses leçons de morale. En outre, il a certaines réactions d'enfant gâté: il faudrait que tous fassent ce qu'il veut. On peut penser qu'il aime sincèrement son frère, et lui veut du bien, mais il est souvent agressif.

Aurélien est plus sympathique, mais lui aussi semble se complaire dans sa tristesse. Il traîne une espèce de maladie d'amour dont il n'est pas assez fort pour se défaire. À ce sujet, Arnaud Cathrine a marqué un mauvais point auprès de moi en mettant en avant une situation qui m'agace et qui devient clichée à force de se retrouver. Junon quitte Aurélien parce qu'il ne veut pas d'enfants. Bien sûr, il essaie d'atténuer la chose en laissant entrevoir que ce n'est pas la seule raison, mais cela m'a quand même déplu. D'autant qu'ensuite, une relation compliquée se noue, et qu'Aurélien fait plus ou moins partie du paysage de Junon...

J'ai trouvé intéressant que les souvenirs du personnage principal le ramènent vers une amitié passée. Là, on peut comprendre pourquoi il n'a pas repris contact avec son ami avant. Les aléas de la vie se chargent souvent d'éloigner les gens, et ensuite, ils regrettent d'avoir laissé faire la vie.

L'histoire semble simple, mais elle recèle certains aspects oppressants. À la fin, on a une impression d'inachevé. Je ne me suis pas vraiment posé de questions, mais j'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose. C'est pourtant une fin qui colle assez bien au reste: on se cantonne dans les non-dits, ou on fait passer certaines choses autrement. La famille a du mal à communiquer, ce qui se retrouve chez Aurélien et Cyril.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Detrey pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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