La blancheur qu'on croyait éternelle

L'ouvrage:
Mathilde et Lucien vivent, chacun de son côté, un peu à contrecourant. Ils ne se connaissent pas, ou si peu...

Critique:
Voilà l'une des rares fois où je ne suis pas dérangée d'avoir une idée précise quant à la façon dont cela va se terminer. C'est voulu. Savoir comment cela se terminera n'est pas si grave, parce qu'il est très agréable de côtoyer les personnages de Virginie Carton.

Lucien et Mathilde sont un peu atypiques. À l'heure où ma génération ne jure que par téléphones portables et réseaux sociaux, j'ai trouvé reposant de tomber sur des personnages d'environ mon âge que ces choses ne touchent pas ou peu. Sans être aussi réfractaire que Mathilde, je suis souvent agacée par ces gens qui ne peuvent faire un pas sans leur téléphone portable, et font transiter leur vie par Facebook.
Il m'a plu de voir ces personnages évoluer, et ne pas tenter d'être autre chose qu'eux-mêmes. Ils ont plutôt des profils d'anti-héros. J'ai trouvé cela reposant. Dans la vie de tous les jours, je préfère les gens ainsi. Certes, à la longue, certains de leurs côtés doivent être agaçants, mais personne n'est parfait.

Bien sûr, on pourra trouver Mathilde un peu cruche, parfois. Elle ne trouve pas vraiment sa place, ne parvient pas à dire à sa mère qu'elle l'étouffe, ne sait pas toujours dire non, ne parvient pas à oublier un homme qui l'a quittée voilà dix ans... Bref, même si Mathilde m'a été sympathique car dépourvue d'artifices, l'auteur a peut-être un peu forcé le trait.
Lucien, même s'il est parfois trop gentil, n'éveillera pas cette compassion un peu amusée qui me prenait lors des chapitres évoquant Mathilde.

Autour de nos héros, gravitent des personnages plus ou moins sympathiques. Ma préférence va à ceux que côtoie Lucien qui sont ses voisins. Ils sont amusants dans leur désinvolture et leur attitude d'éternels adolescents. Quant à Mathilde, il m'a semblé que dans son entourage, personne ne valait la peine, car personne ne l'appréciait telle qu'elle est.

Le livre est parsemé d'allusions (explicites ou pas) à des chansons dont la liste se trouve en fin d'ouvrage. Cela m'a rappelé le film «On connaît la chanson».

Des personnages sensibles aspirant à un bonheur simple, un style fluide, vivant et agréable, quelques pincées d'humour. Voilà pourquoi il faut lire ce petit roman.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Acheter « La blancheur qu'on croyait éternelle » sur Amazon