Auteur : Brussolo Serge

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jeudi, 7 décembre 2017

Les brigades du chaos, de Serge Brussolo.

Les brigades du chaos T1

L'ouvrage:
Los Angeles, 2025.
MaThias Faning travaille à la morgue. Il est chargé d'extraire les derniers souvenirs des assassinés, au cas où ils auraient vu leur meurtrier. Sa femme est dépendante du Rubout, une drogue qui fait oublier les derniers événements vécus. Plus on en prend, plus on oublie.

Koban est un géant né sur Mars. Il a été en contact avec la poussière des martiens, ce qui lui a laissé d'étranges séquelles. Aujourd'hui, il pense avoir une mission à accomplir.

Critique:
Ce livre a été coupé en trois tomes, mais ce découpage n'a pas lieu d'être.

J'ai aimé la mise en place du roman parce que Brussolo déborde d'imagination. Il nous plonge dans cet univers de science-fiction où beaucoup de choses captivantes ont cours. Les inventions mentionnées dans le résumé sont exploitées de différentes manières. Leur utilisation première est détournée, ce qui n'étonnera pas venant des hommes. J'ai bien sûr adoré voir comment certaines choses étaient perverties.

Brussolo aimant mêler les genres, il insère du fantastique et un peu de suspense. Ce mélange donne un roman riche. J'ai suivi avec intérêt la progression des personnages. Au départ, on ne sait pas trop où va l'auteur, ce qui est une bonne chose. Ensuite, il y a une partie que j'ai moins aimée: celle où les protagonistes sont dans le flou, et le professeur Mikofsky raconte ce qui est arrivé à la Terre. C'est aussi à ce moment que de curieux phénomènes arrivent à cause des interventions de Koban. Certains m'ont paru un peu lents. Mais cela ne dure pas.

La solution que trouve le professeur Mikofsky pour éviter la catastrophe m'a laissée perplexe. D'abord, elle est très simple, et je ne l'ai pas devinée. Cela veut dire que j'ai été assez immergée dans l'histoire pour ne pas trop me poser de questions. Ensuite, il ne peut pas être sûr que cette solution ne signifie pas chasser un mal par un autre, à cause de ses conséquences. D'un autre côté, il est logique que Brussolo ait inventé quelque chose de ce genre.

Éditeur: Fleuve noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

samedi, 29 juillet 2017

Cheval rouge, de Serge Brussolo.

Cheval rouge

L'ouvrage:
Rex Heller a créé un parc à thème à la gloire de la série «Cheval rouge» dans laquelle il jouait le premier rôle. Âgé et malade, il souhaite retrouver la fille qu'il eut avec l'amour de sa vie (l'actrice Zelda Marlowe, aujourd'hui décédée) afin d'en faire son héritière.

Critique:
Voilà plusieurs fois que je suis déçue par les derniers romans de Serge Brussolo. Ici, on retrouve des thèmes qu'il exploite toujours avec brio (la folie à très grande échelle, par exemple), mais il manque les très bonnes idées qui vont avec. Bien sûr, on sera fasciné par ce parc où toute l'ambiance de l'époque où se déroule la série est recréée: il y a des saloons, on n'utilise que les médicaments du dix-neuvième siècle... Cependant, j'ai trouvé que cela manquait de superbe, que cela n'était pas assez creusé, à l'inverse de romans comme «Les enfants du crépuscule» ou «Le labyrinthe de Pharaon».

Il y a bien quelques rebondissements, notamment lorsqu'Arley donne les résultats des tests ADN à Rex, ou ce qui advient de ceux qui tombent dans les mains de Mercurio, mais c'est peu par rapport à d'autres romans où Brussolo n'est jamais où on l'attend et ne cesse de sortir de très bonnes cartes de sa manche. «Cheval rouge», à mon avis, fait pâle figure à côté. De plus, l'écriture est souvent crue: évocation fréquente des organes génitaux, images impliquant des excréments... Dans d'autres romans, cela passe mieux pour moi parce que le reste tient la route. On me dira que ce langage va avec l'histoire. Peut-être, mais il m'a gênée.

Il y a beaucoup de violence. Presque personne n'est sympathique (ils ont tous une tare). On me rétorquera qu'on retrouve cela dans d'autres ouvrages de Serge Brussolo. Certes, mais c'est contrebalancé par la qualité du reste, et cela me semble davantage présent ici.

Mia est sympathique, mais elle n'a pas le charisme des personnages de Brussolo. Généralement, ils sont portés par les événements, mais leur lucidité, leur capacité à l'empathie, leur rage d'être impuissants, leurs tentatives pour améliorer les choses... tout cela les rend sympathiques. Mia se laisse porter, est facilement manipulée, ne semble jamais rien décider.

Tout comme pour «Les geôliers», j'ai dû attendre un certain temps (jusqu'au chapitre 14 sur 34) avant de commencer à adhérer aux événements.

Serge Brussolo s'essouffle-t-il? En attends-je trop de lui? Il y a sûrement un peu des deux. Mon mari a aimé ce roman. Il en a lu d'autres, mais pas ceux que j'ai le plus aimés (sauf la série concernant l'exovétérinaire et «Le roi Squelette)). Il doit lire ceux que j'ai beaucoup aimés et me dire si je deviens trop exigeante ou si les derniers sont moins palpitants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 30 mars 2017

Les geôliers, de Serge Brussolo.

Les Geôliers

L'ouvrage:
Jillian Caine est scénariste. Elle est plutôt sur le déclin. C'est alors que le cinéaste Dieter Jürgen (réputé pour faire des films extrêmes) la recrute pour écrire le scénario retraçant une partie de la vie de Debbie Fevertown. Quinze ans auparavant, celle-ci a assassiné son mari et ses fils avant de prendre la fuite. Apparemment, elle pensait qu'ils étaient des extraterrestres, venu répandre le mal.

Critique:
Je suis passée par deux phases lors de ma lecture de ce roman. Au début, je trouvais que Brussolo en faisait trop, surenchérissant dans le spectaculaire. Ça ne m'incitait pas vraiment à continuer, car j'avais l'impression qu'il faisait tout comme ces auteurs que je n'aime pas: du spectaculaire, du macabre à foison, etc. L'idée de montrer qu'on ne pouvait pas trancher entre les différentes interprétations de ce qui est arrivé à Dipton est intéressante, mais s'essouffle vite, à mon avis.
En outre, il me semblait retrouver un écho de «La maison des murmures», et pour moi, certaines ficelles n'avaient pas à être à nouveau exploitées. Les personnages m'agaçaient. J'avais envie de leur dire qu'ils étaient tous idiots de s'être engagés là-dedans, sachant que cela pouvait être dangereux.

À partir d'une certaine découverte concernant Dieter, les choses ont changé pour moi. D'abord, j'ai trouvé que cette découverte montrait le début sous un nouvel angle, et que tout prenait sens. À partir de ce moment, j'ai retrouvé le Brussolo extrêmement créatif que j'affectionne. Si j'ai retrouvé des échos de ses autres romans (notamment «Le carnaval de fer»), cela a été avec plaisir, parce que l'idée n'est absolument pas exploitée de la même façon. Parmi toutes les inventions loufoques dont regorge ce roman (surtout la deuxième partie), j'ai une tendresse particulière pour ce que j'appelle «l'eau vivante». J'ai également beaucoup apprécié les premières conséquences engendrées par la régénération de Dieter.

Encore une fois, Brussolo invente des péripéties et des éléments extrêmes qui font passer les personnages par toutes les phases de l'horreur, mais qui, parfois, font rire le lecteur. Ici, par exemple, j'ai plutôt ri de voir ce qui arrive aux monstres morts après un combat sanglant, ou même lorsque certains mangent des morceaux de leurs congénères pendant qu'ils sont eux-mêmes mangés.
Dans la partie que j'ai moins aimée, j'ai quand même ri grâce à Miranda. C'est tellement commun de montrer une femme qui tente de perdre du poids, Brussolo a préféré parodier cela en montrant le contraire. Cela m'a beaucoup amusée.

Jill n'est pas vraiment intéressante. Souvent, les héros brussoliens sont mous, mais quelque chose les démarque. Pour moi, Jill est quelconque. Je lui préfère l'homme-hérisson.

Je me suis doutée qu'à la fin, un élément montrerait que les choses ne sont pas finies, mais je n'avais pas deviné quel serait cet élément. Je pensais que cela m'agacerait, mais finalement, non...

Éditeur: Folio.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Lecture commune avec Miguel / Auprès des livres, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

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jeudi, 5 janvier 2017

L'oiseau des tempêtes, de Serge Brussolo.

L'oiseau des tempêtes

L'ouvrage:
Le baron Artus de Bregannog et ses gens sont naufrageurs. Depuis qu'il a reçu une flèche empoisonnée, Artus a des crises de folie, et bien qu'il s'en défende, son esprit est en proie à la superstition. Ainsi se laisse-t-il convaincre par Chavral, son garde-chasse, que Marion (quinze ans, belle-fille du vétérinaire, Alexandre) est dangereuse et néfaste. Dès lors, la jeune fille est en danger.

Critique:
L'auteur n'est pas aussi inventif que dans des romans comme «Anges de fer, paradis d'acier», mais j'ai trouvé «L'oiseau des tempêtes» plus creusé et plus abouti que «Tambours de guerre». Ici, Serge Brussolo renoue avec les romans historiques. Il s'écarte du policier pour nous plonger dans un roman d'aventure. Les choses se mettent vite en place, et Marion est précipitée dans des dangers plus périlleux les uns que les autres. À peine se tire-t-elle d'un mauvais pas qu'un autre court à sa rencontre. À un moment, j'ai pensé que l'auteur créerait des invraisemblances pour la sortir de situations délicates. Heureusement, ses solutions sont toujours crédibles. L'intrigue ne souffre donc pas de temps morts.

Marion est une héroïne brussolienne. Elle est foncièrement gentille, et lucide quant à sa situation. Parfois, j'ai eu envie de la secouer, comme c'est souvent le cas avec les héros brussoliens. Cependant, elle n'a pas toujours la possibilité de faire quelque chose pour améliorer sa situation. Elle est un peu naïve quant à certains événements, mais cela se comprend. Comme elle le souligne elle-même, elle ne connaît pas grand-chose de la vie. Elle n'est pas préparée à être précipitée dans ce tourbillon de péripéties.

À la fin, Brussolo laisse la porte ouverte à une suite. Il peut s'arrêter là, mais il a la possibilité de poursuivre les aventures de Marion.

Service presse des éditions Fleuve éditions. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 5 septembre 2016

Danger, parking miné!, de Serge Brussolo.

Danger, parking miné!

­L'ouvrage:
Il y a les hypernommés qui vivent sur les toits des immeubles. Il y a les anonymes qui vivent au sol. Ces deux clans vont bientôt s'affronter. Chacun s'y prépare.

Critique:
Mon avis est mitigé quant à ce roman. J'ai adoré les idées exploitées. Brussolo imagine un microcosme où n'existeraient plus que deux «religions» ou même «sectes». Les anonymes le sont devenus parce qu'à leur avis, avoir une identité (et tout ce qui va avec) faisait qu'ils étaient facilement repérables. Je n'ai pu m'empêcher de penser que cette idée est présente dans la tête de certains à cause du fait qu'actuellement, il est très facile de «tracer» quelqu'un. Tout est de plus en plus dématérialisé. C'est une bonne chose, mais cela fait que nous sommes plus faciles à «surveiller»... Cette idée est d'autant plus intéressante que le livre est sorti en 1986. Brussolo poussait déjà le raisonnement très loin, comme il le fait souvent.

J'ai également aimé la description de l'état d'esprit des anonymes et des hypernommés. Ils vont loin dans le fanatisme (comme le font les sectes). Par exemple, les anonymes vont jusqu'à faire élever leurs enfants par des personnes différentes. Au début, c'est untel, puis on passe à un autre, puis à un autre... Quant aux hypernommés, ils chérissent l'identité au point d'accoler d'autres noms à celui qu'on leur donne à la naissance.
Ces deux exemples ne sont qu'une infime partie des idées développées ici.

D'autre part, si ces deux clans sont assez effrayants, ils feront immanquablement sourire le lecteur. Comment ne pas rire à la lecture des noms ridicules dont s'affublent les hypernommés? Noms qu'ils arborent fièrement comme des étendards, ce qui accentue le rire. Comment ne pas rire en découvrant l'horreur d'un anonyme qui entendrait ou lirait un nom?! Quant aux cérémonies de marquage et de purification, outre le fanatisme dont elles dégoulinent, il est amusant de lire ce genre de discours, prononcé tout à fait sérieusement. Enfin, le fait que l'auteur les mette en parallèle n'est pas innocent. Il montre que si les deux clans sont sectaires, ceux qui les observent ne sont pas mieux.

Si les idées développées m'ont beaucoup plu, si j'ai ri de voir la dégénérescence de ces hommes, l'histoire m'a laissée indifférente, tout comme les personnages. C'est peut-être voulu de la part de l'auteur. En tout cas, ce roman est à lire pour ses idées.

Éditeur: Vauvenargues.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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