La ligne de tir

L'ouvrage:
Loriane Ornec a d'abord été femme policier. Elle a infiltré un gang, puis est devenue l'une d'entre eux. C'est d'elle et de son amant (Patrick Jade, truand et tueur sans pitié), que le commissaire Fratier veut la peau. Il veut les empêcher de témoigner contre lui. En effet, à force de frayer avec la pègre, il a fini par être démasqué, et va être mis en examen.

Critique:
L'ambiance de ce roman m'a rappelé la série «The shield». Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, car les deux intrigues évoluent dans le même monde. Mais une ambiance ne fait pas tout. Ce roman n'a pas su m'émouvoir. Les personnages semblent interchangeables, car exempts de personnalité. L'action n'est pas très crédible: on s'aime, la seconde d'après, on se torture. Tout le monde est corrompu.
Loriane explique son attirance pour le mal par le fait qu'elle a eu une enfance malheureuse, et parce que Patrick a su l'envoûter. Cela ne m'a pas convaincue. D'abord parce que c'est très cliché, ensuite parce que c'est peu approfondi. La soeur de la jeune femme représente un lien vers son passé, mais Loriane ne l'aime pas comme il le faudrait, et ne se remet pas vraiment en question vis-à-vis d'elle.

Les autres sont du même acabit. Ils ne savent qu'être violents, et pleurnicher quand ils sont pris à leurs propres pièges. Tout le monde tente de doubler tout le monde, et chacun en semble surpris...! Ils n'ont pas l'air très épais. Je ne voudrais pas que chacun soit «gentil», non! Mais là, j'ai l'impression que rien ne démarquait personne. À un moment, Alice m'a semblé un peu plus creusée, elle paraissait avoir des émotions, vouloir s'en sortir... Mais elle est vite devenue comme les autres.
Quant à Patrick, on le dit charismatique, mais il n'y a que les personnages du roman qui pensent ainsi.

Quant à l'intrigue, je l'ai trouvée très mince. Une fois que le roman a démarré, on a l'impression que l'histoire piétine. Il m'a semblé qu'il y avait beaucoup de remplissage, notamment à grand renfort de cadavres et de sang. Les thèmes abordés pourraient être intéressants, mais l'auteur ne les renouvelle pas vraiment, car il semble ne pas y apporter sa griffe.

Remarque annexe:
J'ai bien ri lors de l'accident de voiture de Fratier, complètement drogué à un mélange illicite. Cette scène est la seule qui m'ait distraite, car elle m'a amusée alors qu'elle décrivait un événement qui aurait pu être terrible pour le personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par Thierry Brun et les éditions le Passage

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