Auteur : Brown Holly

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lundi, 15 octobre 2018

How far she's come, d'Holly Brown.

How far she's come

L'ouvrage:
Cheyenne Florian, journaliste de vingt-quatre ans, se voit offrir un travail sur la chaîne INN (Independent News Network). Elle y voit une chance de faire table rase d'événements douloureux, et de pouvoir faire passer d'importants messages aux gens. En effet, INN se dit du côté de monsieur et madame tout le monde, contre ceux qui veulent les obliger à ne pas voir le mal que les puissants (politiciens, industriels, etc) pourraient leur faire.
Alors que Cheyenne prend ses marques en observant comment fonctionne INN, et qu'elle se rend compte que certains lui sont hostiles, elle reçoit anonymement le journal intime d'Elyse Rohrbach, une ancienne présentatrice de télévision, accompagné d'un mot la mettant en garde contre les erreurs à ne pas reproduire. Le journal date de 1991. Cheyenne trouve rapidement, sur Wikipédia, l'histoire d'Elyse. Alors que le journal de la jeune femme lui en apprend davantage sur les dessous des cartes, ses premiers pas sur INN ne sont pas faciles. Elle se rend compte que certains parallèles sont possibles entre ce qu'elle vit et ce qu'a vécu Elyse.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «Don't try to find me», j'ai sauté sur l'occasion de lire un autre roman d'Holly Brown. Il m'a beaucoup plu. J'ai trouvé que l'auteur avait bien construit son intrigue. Au début, on apprend pourquoi, alors qu'elle était encore étudiante, Cheyenne a été conspuée sur les réseaux sociaux, puis a fini par craindre pour elle-même. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi, au départ, on s'en est ainsi pris à elle. Ce qu'elle disait était vrai, et il étais évident qu'elle ne voulait pas blesser les victimes. Ensuite, Cheyenne et Elyse m'ont tout de suite été sympathiques. Même lorsque Cheyenne n'agit pas forcément très correctement envers Chase, étant donné qu'elle a des raisons pour cela. Je ne dis pas qu'elle a eu raison à 100%, mais qu'elle a bien fait d'écouter son instinct.

J'ai été déçue que la bonne volonté et le souci de bien faire des deux journalistes aient été sapés soit par des personnes travaillant à leurs côtés, soit par des gens lambda. Cependant, cette déception n'est pas un reproche adressé à Holly Brown. Elle a très bien décrit situations et circonstances: la jalousie, la bêtise, le besoin d'avoir du pouvoir sur quelqu'un... Elle montre également que tout n'est pas perdu pour tout le monde, certains savent reconnaître leurs torts, et s'en repentent.

Le parallèle entre Cheyenne et Elyse est fait intelligemment. Les situations et les circonstances sont différentes, mais certains paramètres restent. Moi qui n'aime pas trop les récits qui alternent narrateurs et époques, ici, j'ai apprécié cela.
Je pense que malheureusement, ce que finit par dénoncer Cheyenne lors de son dernier passage sur INN est vrai dans beaucoup d'entreprises de toutes sortes. Là encore, l'auteur a bien montré les faits, bien exposé les choses, et son héroïne a bien synthétisé le tout.

Je ne sais pas trop quoi penser de certains personnages. Edwin, par exemple, semble vouloir défendre le peuple, mais ses actes ne parlent pas toujours en sa faveur, notamment sa soumission à Daphné. Reece (je ne sais pas si cela s'écrit ainsi) ne m'a pas toujours semblé très fiable. Pourtant, selon ses réactions et les événements, elle l'est... Je crois qu'en fait, c'est sa fonction qui m'a rendue méfiante... À partir du moment où une personne a été engagée pour être l'assistante de Cheyenne, je me suis méfiée de cette personne, l'assimilant (alors que rien dans son comportement n'appelait cette assimilation) à une personne traîtresse es peu fiable.

Un roman bien pensé, abouti, assez marquant...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle pour les éditions Harper Audio.

J'aime beaucoup Arielle Delisle dont le jeu est naturel. Elle ne force pas trop pour les rôles masculins. En lisant ce roman, qui est le deuxième interprété par elle que je lis, je me suis fait la réflexion que sa voix était difficile à «apprendre» et donc à reconnaître. Ensuite, j'ai acheté «The stranger game» lu par elle et Erin Spencer. Je connais très peu Erin Spencer que j'ai seulement entendue sur des extraits, et dont j'ai trouvé la lecture naturelle. En écoutant Erin Spencer après avoir lu «How far she's come», je me suis aperçue... que je confondais les deux comédiennes. Il va donc falloir que je lise d'autres livres enregistrés par les deux pour les différencier.

lundi, 3 juillet 2017

Don't try to find me, de Holly Brown.

Don't try to find me

L'ouvrage:
Marly Whilletts, quatorze ans, quitte la maison de ses parents en laissant un mot leur demandant de ne pas tenter de la retrouver.

Critique:
J'ai aimé ce roman, malgré les petits reproches qu'en bonne pinailleuse, je lui adresserai. Par exemple, au départ, je trouvais que Marly exagérait: elle a certaines raisons d'en vouloir à ses parents, un garçon avait su lui tourner la tête... certes, mais partir pour cela... À mesure de ma lecture, j'ai mieux compris Marly. Elle était surtout perdue, ayant été dupée et déboussolée par certains paramètres.
Ensuite, j'avoue avoir été perturbée qu'à quatorze ans, Marly ait eu à ce point envie de coucher avec son petit ami dès le premier soir. Bien sûr, elle le connaissait depuis un an, mais uniquement virtuellement. Mon argument pourrait être utilisé comme contre argument: ils s'écrivaient beaucoup depuis un an, Marly avait l'impression de très bien le connaître, donc pourquoi pas?... Ces reproches n'en sont donc pas vraiment.
Ensuite, j'ai trouvé un peu étrange que les parents de Marly (Paul et Rachel) ne pensent pas à regarder son compte Facebook ou sa facture de téléphone plus tôt.

Malgré les apparences, les personnages ne sont pas manichéens. Marly n'est pas une petite dinde capricieuse. Ce n'est pas non plus une pauvre adolescente abandonnée. C'est un peu les deux. C'est une jeune fille qui se cherche, et qui a l'impression qu'on ne l'écoute pas, qu'on ne veut pas la prendre en considération.
Paul n'est pas seulement l'homme froid qui veut tout contrôler. Rachel n'est pas seulement une gourde qui ne sait pas ce qu'elle veut et ne peut pas vivre sans béquilles... J'avoue avoir eu du mal à compatir pour Rachel, mais je l'ai quand même comprise.
Ces trois personnages se sont enferrés dans les non-dits,et ont fini par y voir une certaine facilité. Il était plus simple d'en vouloir à l'autre ou bien de tout accepter de lui plutôt que d'affronter des éléments dérangeants. Je pense notamment à la façon d'agir de Rachel lorsque Marly a été accusée de tricherie au collège. Rachel sait qu'elle manque quelque chose, qu'elle choisit la facilité (qui ne fait que la submerger et l'éloigner davantage de sa fille), mais elle ne peut s'en empêcher. À cause du départ de Marly, chacun doit remettre ses certitudes en question.

Quant à B (le petit ami de Marly), j'ai eu du mal à le plaindre, mais lui non plus n'est pas totalement manichéen. Bien sûr, il faut démêler le vrai du faux dans les informations qu'il a fournies à la jeune fille... Quant à ses actes, force est de reconnaître qu'ils ne sont pas tous mauvais. Ensuite, il faut tenter de comprendre quelle est la part de calcul, celle de sincérité, celle de maladie chez lui...

Tous les personnages du roman sont intéressants. Leur complexité les humanise. Je ne dirai rien quant à l'ancien psychologue de Marly, mais lui non plus n'est pas manichéen...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Harper Audio. La distribution est la suivante:
Angela Goethals: Marly
Hillary Huber: Rachel
James Fouhey: B