Un enfant à soi

L'ouvrage:
Jennifer est en face d'une policière, Stéphanie. En effet, un an auparavant, Jennifer a enlevé un enfant de deux ans, horrifiée de la manière dont sa mère le traitait.

Critique:
J'attendais peut-être trop de ce roman. En tout cas, il n'a pas tenu toutes ses promesses. Pour moi, son défaut majeur est qu'il est trop lent. Au départ, la structure y est pour quelque chose: sur une grande partie du roman, l'auteur alterne les chapitres «avant» (où on voit la vie de Jennifer avec l'enfant) et «maintenant» (où Stéphanie lui fait raconter son histoire). C'est surtout ces passages qui traînent. Stéphanie veut lui faire avouer où est l'enfant, veut la faire culpabiliser, lui dit ceci et cela...

D'autre part, j'ai aimé l'idée de départ: comme le souligne Jennifer elle-même, le garçonnet n'a pas été enlevé par quelqu'un qui veut abuser de lui ou une femme en mal d'enfants à qui il manque un bout de cerveau. J'aurais aimé que les choses aillent uniquement dans ce sens. Seulement, Clare Brown, peut-être effrayée de ne faire que du politiquement incorrect, greffe un traumatisme là-dessus, puis en rajoute (avec une chose que vous découvrirez). Ça fait que Jennifer est entre deux eaux. A-t-elle absolument toute sa lucidité? Il semblerait que oui, puisqu'elle sait très bien ce qu'elle fait, mais l'un de ses actes (même s'il est préparé par l'auteur) détonne, à mon avis.
Il aurait été bien plus intéressant que l'héroïne soit totalement saine et lucide. On me rétorquera que quelqu'un de sain n'enlèverait pas un enfant, mais ferait un signalement aux services sociaux. Certes, mais ce genre de démarches traîne, et ensuite, l'avenir de l'enfant est incertain. S'il n'a pas d'autre famille, il est souvent placé, ce qui peut être très bien comme désastreux...
La toute fin va dans le sens que je trouvais intéressant, mais c'est là-dessus que le livre se termine, alors que j'aurais voulu que cela soit davantage développé.

Je n'ai pas réussi à apprécier la mère de Jennifer, surtout dans l'affaire du traumatisme. Sa réaction n'est pas vraiment digne d'une mère, même si elle est dictée par une immense douleur. Et encore, on peut se demander si elle n'a pas agi pour ne pas être blâmée. C'est en tout cas ce qu'elle met en avant. Bien sûr, l'auteur tente de créer une situation complexe à ce propos, mais j'ai trouvé que les contradictions de ce personnage étaient trop grandes, et que dans l'ensemble, cette femme était malsaine.

Éditeur: France Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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