The immortalist

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
La virologue Cricket Rensselaer-Wright revient aux États-Unis, après un séjour en Afrique. Elle se rend à l'institut de recherches où exerça son père. Non loin, habitent son ancien mari (Hank) et leur fille (Emmy). C'est à cette occasion que la jeune femme revoit son mentor, également ami de son défunt père: Charles Gifford. Celui-ci lui demande de rester pour assister à la loterie qui aura lieu dans cinq jours et qui désignera cent personnes pouvant se faire injecter le vecteur Methuselah, gène de l'immortalité, mis au point par Gifford.

Critique:
J'ai aimé cette lecture, mais les défauts du roman font que je ne le recommanderai pas.

Dans ce genre de thrillers, le lecteur est supposé s'attacher au héros ou à l'héroïne. Ici, ce rôle revient à Cricket. Il est bon qu'elle ne soit pas parfaite afin de ne pas être terriblement agaçante, mais les défauts qu'a choisi de lui attribuer l'auteur la montrent comme quelqu'un de très bête, à mon avis. Elle n'a pas été une bonne mère pour Emmy, et soudain, elle débarque et entend jouer son rôle. C'est très bien, mais quelqu'un qui aurait décidé d'être une bonne mère aurait commencé par s'installer dans la ville, et aurait voulu essayer de mieux connaître sa fille en la laissant dans son environnement. Que nenni! Cricket, qui semble très capricieuse, veut que sa fille parte avec elle immédiatement. Bien sûr, cela énerve Emmy qui répète à sa mère sur tous les tons qu'elle ne souhaite pas partir avec elle pour plusieurs raisons, la principale étant que Cricket a été tellement absente (même lorsqu'elle était encore mariée au père d'Emmy) que l'adolescente a l'impression de ne pas la connaître. Cricket (qui n'a peut-être pas connecté tous ses neurones) s'obstine, pique des colères, puis se lamente parce qu'Emmy ne veut plus la voir. Cela ne la rend pas particulièrement sympathique.
Il y a bien un moment où elle se repent pour ses mauvaises actions, mais pour moi, cela vient un peu tard. On dirait que l'auteur a pensé: «Bon, maintenant, il faudrait que sa fille se mette à l'aimer. Oui, mais alors, il faudrait qu'elle reconnaisse à quel point elle a été c****.» D'autre part, notre héroïne (et pas seulement elle) pense qu'un adultère moral est moins grave qu'un adultère physique. À partir du moment où il n'y a pas eu fusion des corps, le fait de l'avoir ardemment souhaité importe peu...

Vous allez me dire que je pinaille, que le plus important, c'est cette histoire de gène de l'immortalité. Soit. Seulement, là encore, Scott Britz a un peu gâché ce qui aurait pu ne pas l'être. D'abord, le lecteur un peu futé sait qu'il y aura forcément des complications. Ensuite, l'auteur donne trop d'indices: dès que la première complication arrive, je savais qui l'avait causée. Je savais à quoi c'était lié. Les personnages le découvrent assez tard. Attendre cette trouvaille est un peu long. En plus, rien ne les pousse à chercher de ce côté, sauf... l'instinct de Cricket. Comme elle me tapait passablement sur le système, le fait que son seul instinct ait raison m'a un peu agacée.

Il y a d'autres étrangetés. Par exemple, si on fait chauffer quelque chose au micro-ondes, puis qu'on ouvre le micro-ondes tout de suite après, je suppose que des vapeurs de ce qui a chauffé se répandent aux alentours. Notre virologue y fait chauffer ce qu'elle considère être un dangereux virus, et personne n'est protégé (même pas elle) lorsqu'elle ouvre le micro-ondes ensuite. Cherchez l'erreur.
Si on peut comprendre que l'obstination de Gifford l'emmène très loin, voire jusqu'à la folie, alors on aura du mal à comprendre ce qu'il pense à la fin. Ce n'est pas très logique, étant donné sa conduite tout au long du roman.

En fait, j'ai aimé lire ce roman, mais je me rends compte que je n'en tire pas grand-chose de positif... J'ai suivi avec intérêt la lutte et les recherches de Cricket pour vaincre ce virus inconnu et foudroyant. J'ai apprécié certains personnages, comme Hank, le docteur Wagner (qui est perdu dans ses recherches et en est parfois comique), Emmy qui n'a pas la langue dans sa poche, et semble bien plus équilibrée que sa mère...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Simon and Schuster Audio.