Les deniers du Gévaudan

L'ouvrage:
Gévaudan, 1363.
Les habitants de Marcouls tentent de faire face à un hiver très rude. C'est alors qu'un collecteur d'impôts disparaît. Cela terrifie la population. Barthélémy, le sergent de Marcouls, est chargé de le retrouver. Il a peu de temps.

Critique:
À l'instar d'Andréa H Japp, Laëtitia Bourgeois sait plonger son lecteur dans un décor et une atmosphère. Dès le début, nous voilà immergés dans un lieu et une époque. L'écriture est fluide et riche. Le style est agréable. Moi qui suis réfractaire aux romans que j'appelle «trop historiques», j'ai été ravie de lire la vie d'un village de l'époque. On sent que l'auteur maîtrise son sujet, et il semble qu'il lui est naturel d'évoquer l'époque, ses lieux, ses habitudes, les réactions des gens qui y vivaient...
Cette impression est renforcée par le personnage d'Ysabellis. La guérisseuse est appréciée pour son talent, mais quelque peu crainte parce qu'elle a la science des plantes. La réaction des villageois est bien décrite, là aussi.

L'énigme n'est pas vraiment palpitante. Elle est linéaire et assez prévisible: des meurtres, une quête, la découverte du coupable... Je n'ai pas trouvé cela trop gênant, car je pense que le plus important est la partie «sociale» du roman. L'auteur se sert de cette énigme pour parler de la société de l'époque.
N'étant pas vraiment habituée à lire des romans historiques policiers, j'ai plusieurs fois souri (je me moquais un peu de moi-même) en me demandant comment Barthélémy finirait par trouver la vérité sans les possibilités que nous avons actuellement.
Si on n'excuse pas le coupable, ses raisons d'agir sont bien expliquées, et mettent en évidence un autre aspect de l'époque: la féodalité, ses lois, ses conséquences.

Les deux personnages principaux sont sympathiques. C'est peut-être un peu convenu, mais j'ai préféré que cela soit ainsi. Ils sont peut-être un peu trop parfaits, mais l'auteur ne les décrit pas comme de pures merveilles, donc, cela n'est pas trop gênant.
Je pense que j'ai aussi excusé cela parce que j'ai été conquise par l'écriture de l'auteur, et son habileté à m'immerger dans la société décrite.

Éditeur: Privat.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuelle Lemée pour le service Lecture Sonore de l'Unadev

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