Auteur : Boudeau Bernard

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mardi, 19 février 2013

Les mâchoires du passé, de Bernard Boudeau.

Les mâchoires du passé

L'ouvrage:
L'affaire de celui que les journaux surnommèrent «Le marionnettiste» trouble encore Jean-Pascal et Margaux. C'est alors que la jeune femme demande à son compagnon d'aider une de ses amies, Nathalie. Le mari de cette dernière a disparu. Bien que ce ne soit pas vraiment sa partie, Jean-Pascal se lance, quelque peu à contrecoeur, sur les traces d'Henri.

Critique:
Ayant adoré «Le marionnettiste», qui décrivait la psychologie des personnages de manière remarquable, c'est avec enthousiasme que j'ai entamé la lecture de «Les mâchoires du passé». J'ai très vite été déçue. Si j'ai apprécié de retrouver Jean-Pascal et sa petite famille, ses méthodes, son intégrité; si j'ai aimé côtoyer la petite Méléda (personnage extrêmement attachant), l'enquête principale m'a ennuyée. Le début est classique. Cela peut ne pas être gênant si, par la suite, l'auteur est original. Ici, il m'a semblé passer de ficelles éculés en rebondissements sans surprises, le tout arrosé de clichés. Le déroulement de l'enquête (interrogatoires, Jean-Pascal promené d'une piste à une autre, tournant en rond, des personnes décidant de s'en prendre à lui...), tout cela est un peu gros, un peu plat. On dirait qu'à l'instar de son héros, l'auteur ne croyait pas vraiment en cette enquête, ne l'appréciait pas.

En outre, nous rencontrons des truands et d'autres personnages peu recommandables. Je n'aime pas ces milieux où on côtoie fatalement une extrême violence qui n'est pas à mon goût, et qui ne fait pas vraiment avancer les choses.
D'autre part, je trouve que l'auteur s'éparpille. À cause de l'enquête sur Henri, il y a des chapitres où on voit les truands, d'autres avec ceux qui veulent régler son compte à Jean-Pascal, etc. Je pense qu'il n'y avait pas autant besoin de voir ces personnages. Ça fait un peu remplissage.
Le prologue est dans le même ordre d'idée. Bien sûr, il expose quelque chose qui aura son importance, mais il est quasiment inutile.
Le lecteur aguerri saura qu'il y a un lien entre Henri et tous ces «méchants» personnages. Au début, il m'a plu de ne pas le trouver. Cependant, lorsque l'auteur finit par le dévoiler, j'ai pensé: «Ah, c'est tout? Tout ça pour ça...»

Je n'avais pas deviné les révélations finales, et elles créent un petit effet de surprise. Cependant, comme je me suis ennuyée pendant une grande partie du livre, cette fin n'a pas racheté le reste. De plus, l'auteur utilise une grosse ficelle en retardant les révélations par de petits faits sans importance. Enfin, il reste quand même une part de flou. Jean-Pascal tente de l'expliquer, mais cette fin incertaine s'ajoute aux autres défauts du roman.

En parallèle, notre héros fait une enquête qui correspond à ce qu'il fait d'habitude. J'ai préféré cette enquête. Les passages la concernant sonnent plus vrais, sont mieux ficelés. L'histoire est banale, mais la façon dont les recherches sont menées et les trouvailles tombent à point nommé. L'auteur n'en fait pas trop. J'ai même bien ri lorsque Jean-Pascal et Steve montent «l'arnaque» destinée à connaître le fin mot de l'histoire. J'ai également aimé voir Margaux collaborer à l'enquête, d'abord parce que j'aime bien le couple, mais aussi parce que cela permet de voir davantage ce sympathique personnage, et dans un contexte différent que celui de compagne du personnage principal.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions In octavo par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

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lundi, 5 novembre 2012

Le marionnettiste, de Bernard Boudeau.

Le marionnettiste

L'ouvrage:
2004.
Jean-Pascal Gontier a récemment ouvert une agence de renseignements. C'est alors que Martine Verneuil, une amie d'enfance, lui demande d'enquêter. Son fils, Charles, est accusé de meurtre. Le jeune homme clame son innocence, et Martine le croit. Jean-Pascal accepte, surtout au nom de son ancienne amitié pour la jeune femme.

Critique:
Le livre part sur une idée qui pourrait être clichée: une machination contre un innocent. J'ai d'ailleurs tout de suite pris pour acquis que Charles n'avait pas tué. L'auteur sait rendre tout cela intéressant et original. D'abord, après la situation posée, quelques interrogatoires faits, il lance le détective, et donc le lecteur, sur une nouvelle piste. Au fil des chapitres, cette piste se précise, et on se rend compte qu'elle est plus compliquée et plus étendue que ce qu'on aurait pu croire au départ. Elle engendre de nouvelles attentes et des rebondissements.
Il y a bien une fausse piste, mais l'auteur ne l'impose pas, il ne fait que la suggérer. En outre, il ne la fait pas trop durer. Pour moi, il a su habilement employer cette ficelle que d'autres galvaudent.
Vers la fin du roman, quelque chose qui, là encore, peut paraître cliché est dévoilé. C'est une autre ficelle que certains exploitent mal, et qui, ici, a été utilisée sans grandiloquence et avec réalisme.

Bernard Boudeau ne parsème pas son romans de cadavres tous plus mutilés les uns que les autres. Il y en a, mais rien de spectaculaire. Il s'attache plutôt à la psychologie des personnages. Celle-ci est patiemment exposée. L'angoisse monte peu à peu, car ce que décrit le romancier est très proches du lecteur, très réel. Il montre savamment que la folie à grande échelle et la destruction morale sont plus fréquentes et plus insidieuses qu'on pourrait le croire.
À un moment, j'ai eu peur d'oublier certaines pièces, de ne pas parvenir à les assembler, mais si le roman est complexe, il n'est pas compliqué.

Le livre est assez épais et dense. Malgré cela, il est exempt de temps morts et d'incohérences.
L'écrivain use du retour en arrière, mais il n'en abuse pas. D'autre part, il s'agence très bien dans le récit. En effet, un récit chronologique n'aurait pas eu autant d'impact. Il fallait que l'attention du lecteur soit d'abord attirée par le meurtre.
En général, je n'aime pas les prologues qui veulent faire saliver le lecteur. Là encore, Bernard Boudeau a su user intelligemment de cette ficelle. Son prologue en dit assez pour que le lecteur se pose des questions. J'ai pensé élucider certaines choses à partir de ce prologue, mais l'auteur a su garder une longueur d'avance.

Bien sûr, je me suis attachée à Jean-Pascal et à sa famille. J'ai apprécié qu'ils gardent une part de mystère.

Remarques annexes:
J'ai bien aimé les chiens policiers. ;-)
Je suis sceptique quant à la théorie comme quoi un français parlera plutôt de telle chose de telle manière alors qu'un canadien l'abordera autrement. Je sais que certaines façons d'être sont inhérentes à une culture, mais j'ai toujours du mal à l'accepter, car je trouve que cela catégorise trop les gens.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions In octavo dans le cadre de l'opération Masse-critique, organisée par Babelio.

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