Auteur : Boissard Janine

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 8 août 2011

Sois un homme, papa, de Janine Boissard.

Sois un homme, papa

L'ouvrage:
Jean-Rémi Le Guen est marié à Olivia. Il a trois enfants: Cédric, Tom, et Coline. Il travaille dans le garage de son beau-père. Il n'a jamais aimé son métier. Avant son mariage, il faisait des études d'horticulture. Il a dû tout arrêter pour aller vivre à Paris avec son avocate de femme.

Au bout de presque vingt ans de mariage, Olivia décide de demander le divorce. Les frictions inévitables entre parents et enfants dues à cette nouvelle font que Jean-Rémi remettra sa vie en question. Pourquoi ne tenterait-il pas d'être jardinier paysagiste, renouant ainsi avec le rêve qui ne l'a jamais quitté.

Critique:
Avant tout, je dois dire que ce livre me parle particulièrement, étant donné que j'ai, moi aussi, un rêve impossible. La différence, c'est qu'il ne me serait pas aussi «facile» que Jean-Rémi de le réaliser. Janine Boissard a parfaitement su décrire ce qu'on ressent quand on sait qu'on n'est pas à sa place, quand on sait qu'on exerce un métier pour lequel on n'est pas fait, et que, du coup, on n'est pas assuré, qu'on se sent nul, qu'on se laisse facilement déconsidérer. Quand on n'a pas confiance en soi, il est facile de perdre le respect de soi-même, et des autres, surtout si l'entourage réagit comme Olivia.

À propos d'Olivia, je trouve dommage qu'elle soit si aisée à détester. Un peu comme Gabrielle dans «Laisse-moi te dire». Olivia est un tout petit peu plus nuancée, mais trop manichéenne. On comprend le coup de foudre qui a fait cet étrange couple, mais ils sont si différents l'un de l'autre qu'on ne voit pas comment leur amour a pu durer plus de six mois. C'est une petite faiblesse du roman.

Janine Boissard met en opposition deux styles de familles: les Le Guen et les Chevalier. Je trouve qu'elle fait un peu trop souvent cela. Les deux styles sont très différents l'un de l'autre: les Chevalier sont guindés par opposition aux Le Guen. Ici, c'est fait de manière un peu plus subtile, parce que le Général fait que cette barrière (que Janine Boissard place très souvent entre ces personnages venus de deux mondes) s'effondre un peu. Il n'est pas seulement un vieil homme coincé ayant certains principes.

Autre chose revient un peu trop souvent dans les romans de cet auteur: la famille principale a plus ou moins la même façon de réconforter ses membres que les autres familles créées par Janine Boissard. On retrouve également le fait de donner des surnoms à certaines personnes, le fait de bien manger... Je ne dis pas que c'est mal, mais que ça se retrouve un peu trop. Par exemple, le coup du poulet-purée avec un puits dans la purée pour la sauce, on le voit dans d'autres romans de cet auteur. Ça peut paraître un peu réchauffé, si j'ose dire. Et si, au début, ça semble sympathique, à force de le retrouver partout, cela perd sa saveur.

L'histoire d'amour est bien amenée, mais ça donne une intrigue un peu trop parfaite. Ce pauvre Jean-Rémi avec qui tout le monde est méchant, voilà que soudain, rien que le fait de renouer avec son rêve fait que tout lui tombe dans le bec. Je me serais passée de l'histoire d'amour: ça aurait donné un aspect moins conte de fées, et ça aurait été plus réaliste.

Bien sûr, on retrouve ce qui fait les «bons Boissard»: cette façon particulière de raconter, de faire monter les larmes aux yeux du lecteur, cet amour, cette tolérance, cette compréhension, cette ouverture d'esprit, cet à propos qui font que tous les ingrédients prennent, parce qu'on a l'impression que l'auteur a mis son coeur dans le roman. . J'aime bien les associations incongrues, comme, par exemple, la bonne entente entre Grégoire et Cédric.

Cédric est d'ailleurs un personnage assez complexe. Déroutant, dérouté, il est criant de vérité. Il montre aussi que l'auteur a une petite idée de la raison pour laquelle la société va mal, idée que je partage.

Le lecteur s'attachera, bien sûr, à Tom. Il est peut-être un peu trop parfait... mais tellement sympathique! Il a la timidité et le manque d'assurance de son père, mais aussi de l'adolescence. Malgré son apparente fragilité, c'est sûrement lui le plus fort, moralement. Mais c'est aussi lui qui accepte le plus de communiquer, de donner et de recevoir l'amour de son père.

L'épisode de l'arbre peut sembler un peu facile, mais après tout, pourquoi pas? Il donne l'occasion à Jean-Rémi de montrer qu'il est capable d'accomplir quelque chose, à Cédric et Olivia de le remarquer, et à l'auteur de rappeler qu'il faut être respectueux envers la nature.

D'une manière générale, on peut prévoir certaines choses. Mais, à l'instar de Marie-Sabine Roger dans «Vivement l'avenir», l'auteur fait en sorte qu'on souhaite que cela soit ainsi. Ce livre est une petite note d'espoir et d'optimisme.

Remarques annexes:
J'adore Sapritch! Qui ne tomberait pas sous son charme?
Le nom de jeune fille d'Olivia est Chevalier. Mais la toute première fois qu'elle est mentionnée avec nom et prénom (au chapitre 2), il est dit Olivia Maréchal. L'auteur l'avait peut-être appelée ainsi, puis a changé le nom, oubliant une occurrence, ce qui peut paraître surprenant quand on sait qu'à l'ordinateur, on peut faire des remplacements par lots. Ou alors, il y a une autre explication: l'occurrence du chapitre 2 est un lapsus...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Mugler. pour les éditions VDB.
Comme d'habitude, j'ai été ravie d'entendre Yves Mugler, qui a interprété ce livre avec naturel et sensibilité.

Moi qui râle quand il y a de la musique, l'un des thèmes musicaux choisis m'a bien plu. C'est celui qu'on entend, entre autres, entre le chapitre 1 et le chapitre 2. Il ne revient pas tout le temps, et les autres thèmes m'ont plutôt agacée. J'espérais qu'on retrouverait mon thème favori à la toute fin du livre, mais non. ;-)
J'ai apprécié que l'éditeur ait inséré des chansons d'artistes dont il était question au moment du livre où cela a été ajouté. Cela fait quelques années que les éditions VDB. le font: je trouve cela très sympathique.

Acheter « Sois un homme, papa » sur Amazon

lundi, 3 mai 2010

Loup y es-tu, de Janine Boissard.

Loup y es-tu ?

L'ouvrage:
Un soir, en rentrant du travail, Manon, vingt-huit ans, trouve un petit garçon sur son pallier. Il a environ quatre ans. Elle n'a pas le temps de penser: son portable sonne. Un inconnu dont le numéro est masqué lui dit: «Sauvez-le!» et raccroche. Intriguée, Manon fait entrer l'enfant chez elle, et s'occupe de le doucher, et de le faire manger.
Certains indices lui disent qu'il serait peut-être... de sa famille.

Critique:
J'avais un petit a priori sur ce livre, car depuis quelque temps, je suis déçue par Janine Boissard. La première partie du roman m'a plu: le lecteur entre dans la vie de Manon, ses habitudes, ses amis, ses blessures. L'auteur décrit l'enfance de Manon sans mièvrerie, et le lecteur ressent tout de suite de la compassion et de l'admiration pour Agathe, ainsi que de la pitié et un léger agacement à l'égard de Manon et de sa mère.

Dès la deuxième partie, tout cela s'écroule. L'intrigue devient prévisible, malgré les découvertes qu'essaie d'introduire l'auteur. Janine Boissard a repris divers ingrédients déjà utilisés maintes fois, et a tenté d'en faire un produit original. Parfois, dans certains livres, cela marche, parce que l'auteur analyse les thèmes différemment, en introduisant des éléments imprévisibles, mais ici, ce n'est pas le cas. L'auteur n'apporte rien de nouveau, et n'arrive pas vraiment à convaincre, même si elle ajoute des ingrédients qui lui sont propres.
L'enquête de Juan traîne. D'ailleurs, à partir du moment où on prévoit tout, on ne voit que des longueurs.

L'histoire d'amour est totalement prévisible et pas vraiment réaliste. Tous les ingrédients mièvres y sont: coup de foudre, éveil des sens, et tous les autres topoi d'une histoire bateau propre aux romans de Danielle Steel et de Barbara Cartland.

La semi-rebellion de Manon vis-à-vis de Pasquale n'est pas très crédible. L'auteur veut la faire évoluer, veut montrer que ça y est, elle ose lutter pour quelque chose d'important, mais là aussi, ça tombe à plat parce que c'est amené avec de trop gros sabots, et Manon en fait trop, on dirait une tragédienne. Et puis, elle est idiote: au lieu de risquer de montrer la photo qu'elle laisse bêtement tomber, elle n'avait qu'à feindre un évanouissement, se laisser tomber dessus, et la ranger discrètement.

L'auteur introduit des notes d'humour qui lui sont propres, comme par exemple, les surnoms que chacun donne à Vic et à Armelle, mais j'ai trouvé que la plupart du temps, ces notes humoristiques tombaient à plat, car elles sont inappropriées ou trop lourdes.

Les personnages sont sympathiques, mais ils ne convainquent pas vraiment, à part peut-être Vic et Armelle, car ils ne sont pas creusés. J'ai aussi été agacée par le fait que tout le monde assure à Manon que non non, elle ne doit pas se sentir coupable d'avoir laissé tomber sa soeur, à vingt-et-un ans. Pourtant, c'est ce qu'elle a fait. Tout le monde veut la ménager parce qu'elle est une pauvre chose fragile, mais ça m'a plutôt donné envie de la secouer.
Si le personnage du père semble crédible, l'explication que donne l'auteur quant à sa façon d'être est tirée par les cheveux. C'est trop gros. Bien sûr, les événements qui traumatisent notre enfance guident notre personnalité, mais là, ça n'a pas pris.

Bref, je ne conseille pas ce livre.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Assimacopoulos pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « Loup y es-tu ? » sur Amazon

lundi, 12 mai 2008

Laisse-moi te dire, de Janine Boissard.

Laisse-moi te dire

L'ouvrage:
Jean-Charles Madelmont et sa femme n'ont pas toujours su se comprendre. Aujourd'hui, il décide de lui écrire une longue lettre. Il raconte toute leur histoire, et s'arrête pour expliquer ce qui l'a blessé à l'époque des faits, et qu'il n'a pas pu ou pas su dire au moment où c'est arrivé.

Jean-Charles est tout de suite tombé amoureux de Gabrielle, alors qu'il avait vingt-quatre ans et elle dix-huit ans. Dès leur première rencontre, le lecteur sait que leurs rapports seront toujours inégaux. Et pourtant, ils feront un long bout de chemin ensemble.

Critique:
Globalement, ce livre m'a plu, comme presque tous les romans de Janine Boissard. Mais certaines choses sont un peu grosses, ce qui fait que mon sentiment est mitigé.

Ici, la romancière a fait un nouveau pari. Après avoir imaginé les sentiments et la psychologie de ses héroïnes, elle décide que c'est un homme qui racontera l'histoire. C'est un homme au naturel doux, un homme sensible et gentil, qui vient d'une famille très unie, qui a des rêves, qui ne regarde pas les autres de haut. Janine Boissard s'en tire bien en nous narrant le portrait de cet homme.
Ce qui est un peu gros, c'est que Gabrielle est son portrait en creux. Elle semble dure et insensible, égoïste. Son ambition l'aveugle. Elle ne comprend pas qu'on pense autrement qu'elle. Elle ose dire que Marie est sa meilleure amie, mais se permet de juger sa façon de vivre, et est absolument persuadée que Marie n'est pas heureuse. Marie a choisi d'élever ses enfants, et de ne pas travailler, alors qu'une carrière de dessinatrice s'ouvrait à elle. Gabrielle n'admet pas qu'on puisse être heureux si on n'a pas une grande carrière. Elle refuse de comprendre que tout le monde n'a pas ses aspirations. Elle ne sait que mépriser ce qui ne lui ressemble pas, ce qu'elle ne contrôle pas.
On me dira que parfois, les contraires s'attirent. Soit. On peut expliquer l'amour de Gabrielle et de Jean-Charles l'un pour l'autre de cette façon, ainsi que l'amitié entre Gabrielle et Marie. Cependant, cela ne me convainc pas vraiment, car l'ouverture d'esprit n'est là que d'un côté.

En outre, Gabrielle a bâti sa vie sur un mensonge, quelque chose que son coeur d'enfant a inventé, et à cause de cela, elle s'arroge le droit de vouer une violente rancoeur à son père. Elle n'a aucune preuve de ce qu'elle croit, mais préfère le croire, et ainsi, se donner quelqu'un à accuser et à blâmer.
A ce propos, les personnes connaissant la vérité ne veulent pas la lui dire pour la protéger. Cet argument est fallacieux. Pourquoi avoir de la pitié et de la compassion envers celle qui n'en a jamais eu? Pourquoi ne pas la forcer à grandir et à cesser de se comporter en gamine capricieuse? De plus, si on voulait vraiment lui cacher la vérité, pourquoi ne pas l'édulcorer, comme Hugues l'a fait, au début avec Jean-Charles?

Le personnage de Gabrielle est la fausse note du roman. Il est trop facile de la détester. Elle est si engluée dans ses certitudes, si fermée que le lecteur ne peut pas la plaindre ou l'apprécier. Il aurait été bien plus intéressant qu'elle fût complexe, que sa psychologie fût moins simpliste. Jean-Charles est plus creusé. Il fait des erreurs, et sait qu'il n'est pas à l'abri d'en faire d'autres.

Donc, j'ai aimé ce livre, mais le personnage trop cliché, trop manichéen de Gabrielle m'a un peu gâché le plaisir.

Éditeur: Fayard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Grossenbacher pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « Laisse-moi te dire» sur Amazon

jeudi, 4 janvier 2007

La maison des enfants, de Janine Boissard.

La maison des enfants Voir la critique du tome 1.

L'ouvrage:
Voilà trois ans que Margaux Lespoir-de Montpensy a rendu sa blouse. Elle qui s'est tant battue pour être chirurgien ne le peut plus. Elle ne s'en sent plus le droit, et cela lui ferait trop mal, après ce qui s'est passé lors de sa dernière opération. Elle travaille maintenant au ministère de la santé, à Paris. Elle s'occupe d'enfants, du moins de leurs dossiers.

Un jour, son patron lui demande d'aller enquêter dans une association appelée la maison des enfants. Cette maison est un ancien hôtel particulier. On y accueille des enfants à qui la vie a infligé des traumatismes. On essaie de les y guérir. Ce qui préoccupe le ministère est le suicide d'une pensionnaire de la maison. La mère de l'enfant a porté plainte contre l'association, l'accusant de négligence. Margaux est donc chargée de confirmer ou d'infirmer cela. Si la plainte aboutit, si l'on établit qu'il y a eu négligence, la maison sera fermée, ce dont rêvent certains.
La maison se trouve à Auxerre, en Bourgogne, là où Margaux travaillait avant. Cela ne l'enchante pas. Elle ne veut pas retourner en Bourgogne, car la blessure qu'elle y a reçue n'est pas encore cicatrisée.

Au cours de son enquête, Margaux découvre des personnes attachantes: le personnel de l'hôpital, et les enfants qu'il abrite.

Critique:
Janine Boissard choisit un sujet qui, allié à son talent saura nous émouvoir. En commençant ce livre, je me doutais que le sujet traité serait exploité avec justesse. Je ne me suis pas trompée. Elle nous parle d'abord d'enfants ayant subi des choses qui les ont traumatisés. Nous découvrons surtout France, Kenza, Martin, Cédric, et Hugues.
Au Cambodge, France a vu mourir sa mère, et en se sauvant, a perdu une jambe en marchant sur une mine.
Kenza cherche sa place. Depuis que son petit frère est né, ses parents sont en admiration devant lui, et elle se sent exclue.
Martin a vu son frère se noyer sans pouvoir rien faire. S'accuse-t-il? Proteste-t-il? Il ne parle plus, en tout cas.
Cédric est maltraité psychologiquement par son père.
Quant à Hugues, ce qu'il a vécu l'a rendu malveillant.
Avec cet éventail de situations, Janine Boissard nous fait explorer diverses réactions. Tout n'est pas tout blanc. Par exemple, Hugues ne veut pas être aidé. Il exprime sa douleur en étant malfaisant. A la fin, il y a une petite note d'espoir pour lui, mais je n'y crois pas vraiment.
Kenza vit une situation banale. Pourtant, la romancière sait faire naître nos émotions, lorsque la petite fille somatise. Dans certaines familles, lorsqu'un enfant se sent exclu, il est souvent vrai que l'autre enfant est préféré. Dans celle de Kenza, il semble que cela ne soit pas le cas. C'est donc à elle de trouver sa place.
Avec le cas de Cédric, Janine Boissard veut nous faire comprendre que si la violence physique est atroce, il existe aussi la violence morale, psychologique. Elle compare souvent les deux, lorsqu'elle évoque Cédric.
Pour ce qui est de France, je vous laisse la découvrir.

Le sujet traité et les personnages nous offrent, comme dans beaucoup de livres de Janine Boissard, le rire, les larmes, l'émotion... Il me semble tout de même que ce livre est plus grave, que l'humour y est un peu moins présent que dans les "Belle grand-mère" ou que dans Une femme en blanc et "Marie-tempête".
Il est un peu dommage que le schéma amoureux ressemble fortement à celui du tome 1. C'est-à-dire que Margaux est avec un homme presque faute de mieux, et parce que l'homme tient à elle, puis elle découvre celui qu'il lui faut.
Il est également dommage que Margaux ne nous dise rien sur ce que sont devenus Marie et Jordan. Il semblerait que Janine Boissard ait oublié Marie. Nous l'avons laissée forte d'un projet qu'elle allait monter avec la mère de Margaux, Mathilde, et nous retrouvons Mathilde sans savoir ce qu'il est advenu de Marie.

A part ces petits bémols, le livre est bien. Un peu moins que "Une femme en blanc", mais bien quand même. Pour ceux qui aime la façon particulière qu'a Janine Boissard de susciter l'émotion, il est à lire.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marguerite Delacrétaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « La maison des enfants » sur Amazon

lundi, 1 janvier 2007

Une femme en blanc, de Janine Boissard.

Une femme en blanc L'ouvrage:
Depuis son enfance, Margaux Lespoir, fille de paysans, veut être médecin. Son père, Guillaume, lui a toujours dit qu'elle visait trop haut. Il n'a jamais encouragé sa vocation.
Margaux a réalisé son rêve. Elle est même chirurgien. Elle travaille dans l'hôpital où elle est née: la Chartreuse. Alors que plusieurs hommes auraient pu prétendre au poste d'assistant du docteur Roux, celui-ci a demandé à Margaux de l'accepter.
Elle est amie avec une infirmière de la maternité, Marie des Ilets, ce qui lui attire l'inimitié de certains, qui trouvent qu'un médecin ne devrait pas autant copiner avec une infirmière. D'autant que Marie n'est pas très bien vue, étant donné qu'elle aime bien prendre du bon temps avec les hommes.
Margaux a aussi un fils de dix ans, Eric. A vingt-trois ans, elle est tombée follement amoureuse de Benoît, avec qui elle faisait ses études de médecine. Lorsqu'elle lui a annoncé qu'elle était enceinte, il a pris peur. Là encore, Margaux visait trop haut: Benoît venait d'un autre monde qu'elle.

Margaux admire beaucoup le docteur Roux. Il est son professeur. Pour elle, il est irréprochable. Un jour, pendant une opération, il commet une erreur. Erreur qui aurait pu être fatale à l'opérée, si Margaux n'était intervenue le lendemain. Le père de la petite fille opérée porte plainte. Et c'est là que Margaux va perdre certains de ses idéaux: le docteur Roux l'accusera, elle, d'avoir commis l'erreur lors de la première intervention.

Critique:
J'ai aimé ce livre autant que "Marie-Tempête". Margaux est une battante, mais elle est humaine. Elle a ses faiblesses. Ce n'est pas une femme parfaite, et c'est ce qui nous la rend sympathique. Par exemple, lorsque la Chartreuse risque de perdre ses urgences, elle se bat aux côtés d'autres médecins de l'hôpital, pour pouvoir les garder. A un moment, cela lui monte un peu à la tête,et elle commet certaines erreurs.

Le père de Margaux est très attendrissant. Il me fait un peu penser à Grégoire dans les "Belle grand-mère". Il n'a jamais encouragé sa fille dans sa voie, il désapprouve ce qu'elle fait, par humilité. Mais on voit bien qu'au fond, il est fier d'elle. Cela nous est prouvé lorsqu'il demande à être opéré par elle.

Marie est un personnage par lequel Janine Boissard fait passer beaucoup de choses. Elle a certaines idées, certaines opinions assez tranchées, et la vie va lui montrer, assez cruellement d'ailleurs, que pour chaque décision que l'on prend, pour chaque événement, il y a des circonstances à prendre en compte.
Le fait que Marie soit mal vue est profondément injuste et stupide. Cela illustre certains préjugés: Marie a pas mal d'aventures, et on la désapprouve. Mais elle aurait été un homme, on en aurait souri.
Ce qui lui arrive par la suite est terrible, mais la façon dont cela lui arrive détruit également certains préjugés.

L'histoire d'amour est un peu attendue. Elle n'est pas assez subtile, mais elle arrive quand même à surprendre un peu.

Certains malades que soigne Margaux sont autant d'illustrations de tout ce qui arrive dans un hôpital, et peut arriver dans la vie. Il y a Violaine, qui essaie de se suicider, parce qu'elle a été trop gâtée; Sandra, que ses parents n'ont pas su écouter; mademoiselle Jeanne et son fiancé, dont on ne respecte pas le souhait; Olivier, le petit garçon qu'une chute stupide va emporter... Et il y a Nicolas. Encore une fois, son histoire montre que tout n'est pas si simple. On est tenté de vilipender la personne qui fait du mal à Nicolas, à l'instar de Margaux. Mais au dernier moment, celle-ci trouve les mots qu'il faut, et comprend que la personne souffre, elle aussi.

C'est un livre juste, qui soulève des questions importantes, et qui nous fait venir très facilement les larmes aux yeux. C'est l'histoire d'une femme qui concilie sa famille, son amour, et un travail très prenant. Et ce n'est pas toujours facile! On retrouve avec bonheur l'écriture de Janine Boissard, qui sait être drôle et grave.
Le seul bémol, c'est quelque chose qui arrive à la fin. Je trouve que c'est un peu gros. C'est ce qui fait que Maxime accepte. (Je ne dirai pas ce qu'il accepte pour en dévoiler le moins possible.) Je ne comprends pas trop pourquoi ce qu'a fait Margaux le fait accepter. Bien sûr, ce qu'elle a fait est très important, mais elle l'aurait fait de toute façon, étant donné qu'elle soigne tout le monde sans distinction. C'était peut-être un peu simple. Ou alors, Maxime avait besoin de ce petit coup de pouce pour accepter...

Ce livre a été adapté en une série télévisée. J'en ai vu cinq minutes, et cela m'a ôté l'envie de continuer de regarder. On dirait un soap opera. Dans la série, Eric est le fils du docteur Roux. Je ne vous conseille donc pas cette série, préférez-lui le roman. Il est tout de même vrai que je n'en n'ai pas vu assez pour que mon opinion puisse être impartiale. Le peu que j'ai vu m'a donné un mauvais a priori.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Irène Verrey pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « Une femme en blanc » sur Amazon

- page 1 de 2