You're not doing it right

L'ouvrage:
Autobiographie de Michael Ian Black.

Critique:
Je fais partie de ces gens qui pestent lorsqu'une personne célèbre se met à publier son autobiographie. Pourquoi donc Michael Ian Black a-t-il trouvé grâce à mes yeux? Parce que j'ignore qui il est. Il explique qu'il n'est pas très connu, mais je pense que j'ai moins de chances de le connaître que le commun des mortels puisque je retiens très rarement le nom des acteurs étrangers, leur préférant ceux des comédiens qui les doublent en français. La raison principale qui m'a fait tenter ce livre est qu'il était classé à «humour». Je ne regrette pas: il vaut le détour, car il est (la plupart du temps) très drôle. L'auteur manie très bien l'autodérision. Il nous explique, de diverses façons, qu'il est insignifiant. Par exemple, l'un de ses livres est resté... une semaine sur la liste des best-sellers du New York Times. En outre, il se remet souvent en question (sauf quand il veut prouver à sa femme qu'elle a tort ;-) ), et reste humble devant la vie. Je préfère nettement ce type de personnes à celles qui sont toujours très sûres d'elles, ont une opinion tranchée sur tout et tous, s'affirment avec conviction. Lorsqu'on réfléchit à leurs dires, on se rend souvent compte que c'est du vent. Michael Ian Black choisit donc de raconter la plupart des événements de sa vie de manière humoristique (voire politiquement incorrecte), n'hésitant pas à se prendre pour cible. Mon chapitre préféré est le 10 (en tout cas son début), où il explique pourquoi il déteste son bébé de quatre mois. J'ai été prise d'un irrépressible fou rire. C'est sûrement ici que l'auteur est le plus politiquement incorrect. Bien sûr, un couple ayant un bébé se plaindra du manque de sommeil. Michael Ian Black, lui, explique (entre autres) que sa femme et lui se disputent, la nuit, pour ne pas aller chercher le bébé quand il pleure, et que la seule raison qui les empêche d'étrangler l'autre est que survivre signifie rester seul avec l'enfant.

D'une manière générale, l'auteur passe par des phases et vit des événements ordinaires: peur de s'engager, peur d'être un mauvais père, etc. Il leur donne une certaine originalité en étant le spectateur de sa peur, et en la contant à travers le prisme de l'humour. Il n'hésite pas à décrire la fois où il se croyait atteint d'une tumeur avec beaucoup de verve.
Bien sûr, il raconte certains événements de manière plus grave: la mort de son père, celle de Maddy...

Selon lui, les français sont un peu dérangés parce qu'ils considèrent que lorsqu'on boit plus de deux verres d'alcool par jour, on n'est pas alcoolique. Vu comme ça, je ne peux pas lui donner tort... ;-)

J'ai été un peu déroutée par la structure du livre. Chaque chapitre a un thème, et la chronologie y est sans y être... C'est à-dire qu'il raconte d'abord sa rencontre avec Martha, puis leur vie de couple, puis leur mariage, etc. Mais il fait des digressions quant à son enfance.

J'ai visité son site, et j'y ai retrouvé sa manière à la fois grave et caustique de s'exprimer.

Il a sorti un autre livre autobiographique. Je l'ai lu: Il est plus grave que «You're not doing it right». Il m'a un peu moins plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michael Ian Black pour les éditions Random house audio.
Il me plaît que les auteurs lisent leurs autobiographies. C'est souvent le cas des auteurs anglophones. Ici, j'ai donc été contente d'entendre la voix de Michael Ian Black raconter ses anecdotes.