L'enfant de l'autre

L'ouvrage:
1932.
Odette Jaquin meurt en mettant au monde sa première née, Agathe. Étienne commence par rejeter sa fille, l'accusant de la mort d'Odette. Les choses se compliquent lorsqu'il se remarie avec Lily. Celle-ci méprise la vie paysanne, et refuse d'élever Agathe qu'elle appelle l'enfant de l'autre.

Critique:
Si certaines choses sont un peu faciles, ce livre est un bon moment passé en compagnie de personnages attachants. De plus, le décor est bien rendu.
L'histoire a certains côtés prévisibles: par exemple, on devine très vite comment se comportera Lily; mais d'autres le sont moins. En outre, Henriette Bernier n'amène pas les choses grossièrement, elle n'use pas d'énormes ficelles. De ce fait, même si, au final, le tout pouvait se prévoir, cela ne m'a pas gênée.

L'auteur dépeint bien l'ambiance d'un petit village en temps de guerre. Là encore, si on se doute de l'attitude des personnages, celle de Marcel, par exemple, ne montre pas forcément quelqu'un de sombre. J'ai apprécié la nuance apportée à ce personnage. Il n'est pas très reluisant, mais ses raisons peuvent s'expliquer.

Agathe est peut-être trop parfaite, mais cela ne m'a pas dérangée, car je pense que sa façon d'être est normale étant donné le caractère de sa mère, la manière dont elle a été élevée, et ce qu'elle a subi pendant son enfance.
Lily est sûrement le seul personnage que je n'ai pas apprécié. Égoïste, paresseuse, frivole, capricieuse... Je ne sais pas trop ce que Marcel lui trouve, à part sa beauté.
Quant à Jules, Olga, et Léonie, ils n'ont pas que de bons côtés, mais c'est ce qui les rend réaliste.
Étienne est complexe. Il n'inspirera pas uniquement des sentiment positifs. J'ai aimé le fait qu'il puisse s'adapter. Malgré sa lâcheté et l'injustice qu'il ne peut s'empêcher de commettre (jusqu'à un certain point), il se remet en question, reconnaît qu'il est fautif. Il évolue, apprend de la vie, de ses erreurs.

Henriette Bernier décrit également l'école à cette époque. J'aime les livres où sont décrites des époques et des façons de faire que je n'ai pas connues. J'aime savoir comment les choses se passaient avant. Concernant l'école, d'autres l'ont fait, comme Michel Jeury dans «L'année du certif» ou «La petite école dans la montagne», ou Michel Peyramaure dans la série de «L'orange de Noël», mais cela me plaît toujours autant.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Denis Gey pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur à la voix sympathique, et à la lecture agréable.

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