Auteur : Benacquista Tonino

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jeudi, 19 mai 2011

Saga, de Tonino Benacquista.

Saga

L'ouvrage:
Louis, Jérôme, Mathilde, et Marco écrivent des scénario, des romans d'amour. Pour l'instant, ils sont plutôt méconnus ou déchus.
C'est alors qu'une chaîne de télé les engage pour écrire un feuilleton qui passera la nuit afin de remplir les quotas français. Il sera diffusé à une heure de peu d'audience: les scénaristes peuvent donc écrire «n'importe quoi».
Nos quatre compères se mettent à imaginer une histoire déjantée.

Critique:
J'ai trouvé ce livre inégal. Il me semble que Tonino Benacquista a souvent de bonnes idées, mais qu'il ne sait pas toujours comment bien terminer ses romans.
Ici, c'est le cas. L'idée de départ est bonne, certaines choses sont bien imaginées, bien pensées. À côté de ça, la fin paraît fade. En outre, des parties s'essoufflent, comme «Hurbis».

Certains thèmes sont bien exploités. Entre le monde télévisuel et celui de l'édition, l'auteur montre deux univers criants de vérité: la course au pouvoir, à l'argent, écraser les autres... Les réaction du public sont, elles aussi, bien étudiées. Même lorsque lesdites réactions sont extrêmes. Après tout, c'est plausible, et je suis sûre que cela arrive plus fréquemment que ce que l'on croit.

À part les passages qui traînent, certains rebondissements arrivent au moment propice. Par ailleurs, pendant plusieurs parties, on ne peut pas prévoir comment vont se dérouler les choses.
J'aime beaucoup les «vengeances» finales. Pour une fois que justice est faite...!
On retrouve l'humour assez particulier de Tonino Benacquista dans la trame de «Saga» (les inventions loufoques de Fred, par exemple), dans certaines réflexions des personnages, dans des situations auxquelles ils sont confrontés.
Globalement, «Saga» est assez amusant, malgré certains événements dramatiques.

Les personnages sont sympathiques, mais ils ne me paraissent pas vraiment creusés. Ils sont portés par l'histoire. On les trouve sympathiques parce qu'on éprouve de la compassion pour eux, mais leurs caractères ne sont pas vraiment approfondis.
De plus, l'attitude de Marco m'a agacée. Il est obnubilé par le feuilleton à tel point qu'il ne se rend même pas compte qu'il traite Charlotte comme quantité négligeable, et qu'il est même assez odieux avec elle. C'est pour ça que la fin de ce pan de l'intrigue ne m'a pas paru crédible.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Detrey pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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vendredi, 16 avril 2010

La maldonne des sleepings, de Tonino Benacquista.

La maldonne des sleepings

L'ouvrage:
Antoine est couchettiste. Cette nuit-là, il espère bien que tout sera calme dans le train, car il veut dormir. Seulement, les choses ne se passeront pas comme il le désire.
On commence par lui offrir une grosse somme pour cacher un passager clandestin dans sa cabine. Il refuse, mais c'est sans compter sans les coups du sort...
Pour ne rien arranger, il va devoir sauver une demoiselle en détresse, et trahir l'un de ses amis... Sa nuit promet d'être mouvementée!

Critique:
Ce livre m'a provisoirement réconciliée avec Tonino Benacquista, dont c'est le premier roman. En effet, je n'ai pas vraiment aimé «Les morsures de l'aube», et j'ai franchement détesté «Quelqu'un d'autre», mais je donne souvent d'autres chances aux auteurs que je n'apprécie pas trop (sauf à Nancy Huston). Je lirai donc d'autres ouvrages de Tonino Benacquista pour savoir si en fin de compte, je l'apprécie plutôt ou plutôt pas.

L'intrigue est bien construite: mystère, suspense, et un brin d'originalité, ce qui fait son charme. Tonino Benacquista tente souvent d'introduire des idées extraordinaires (loufoques, étranges, etc) dans ses livres, mais ici, c'est plus réussi que dans les deux autres que j'ai cités.
On ne peut pas trop savoir comment toute cette histoire va se terminer. L'auteur enchaîne les péripéties à une vitesse vertigineuse: son personnage principal n'a pas le temps de souffler, et le lecteur non plus. Lorsqu'Antoine semble trouver un peu de répit, quelque chose vient bouleverser sa tranquillité, soit une révélation, soit l'arrivée inopinée de quelqu'un, soit un événement fortuit dû aux aléas du voyage. Les événements arrivent de tous les côtés, de manière imprévue. C'est, pour moi, un véritable travail d'artiste: l'auteur a su diversifier ses rebondissements. Il n'a pas fait un suspense trop simpliste, comme ce qu'on trouve souvent.
L'une des découvertes est un peu facile, certes, mais on pardonne cela à l'auteur.
Le brin d'originalité vient de la raison pour laquelle le passager clandestin est traqué. Cela donne à ce roman un parfum de fantastique.

Le personnage principal est sympathique au lecteur, malgré, ou peut-être grâce à ses quelques défauts. Il tente d'être intègre, mais trompe sa compagne. Dans son travail, il essaie également d'être intègre, mais cette nuit-là, il devra faire avec le fait qu'il est plongé dans les ennuis. Il a une conscience, et elle le pousse parfois à mal agir envers les uns pour aider les autres, tout en le taraudant.
Par contre, je l'ai trouvé très lourd en ce qui concerne les Suisses. Ses remarques sont trop catégoriques, trop généralisantes, c'est à la limite du racisme. Heureusement, le lecteur qui a enregistré l'ouvrage pour une bibliothèque suisse semble avoir pris cela avec humour, car à un moment, il caricature l'accent suisse, suivant les indications d'Antoine.

Autre chose m'a semblé très bien dépeint: le travail des couchettistes, les désagréments qu'il occasionne, et surtout, cette ambiance particulière propre à la nuit, cette ambiance feutrée d'un moment où l'on se cache, où des crimes peuvent être commis.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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