La gauchère L'ouvrage:
Ce livre se compose de onze nouvelles. D'une manière générale, ces nouvelles montrent des personnes dans des situations déplaisantes, ou de mal être.

"Les gens sont ridicules" nous montre une femme extrêmement gaffeuse.

Dans "La grille", une enfant se voit privée de regarder par la fenêtre de sa chambre. En effet, ses parents font poser une grille, parce qu'on ne sait jamais, un accident est si vite arrivé... Mais la petite fille en souffre.

Dans "Ça manque de cul", une jeune femme accepte de travailler dans un magazine cochon, parce qu'elle a besoin d'argent. Mais ce n'est absolument pas son truc.

"Ils s'aiment", c'est un couple qui s'aime à sa manière.

Dans "Elle a lâché la barre", une femme se retrouve désoeuvrée, car ses enfants s'en vont en colonie, et son mari est parti.

Dans "Lucienne et Lucien", une femme parle avec attendrissement de ses deux enfants.

Dans "La gauchère", une femme se retrouve dans une situation qu'elle n'a pas voulue, par sa faute. Sans trop savoir pourquoi, elle sympathisent avec deux petites garces. Elle sait qu'elle ne doit pas avoir confiance en elles, mais elle leur donne les clés de sa voiture de location.

Dans "L'amie", une femme parle de sa meilleure amie...

Dans "La petite ville", une femme est jalouse de sa soeur, qui n'est jamais en retard, ne rate jamais le dîner, est belle... Et tout bascule...

Dans "Le stand", une femme réalise son rêve: être vendeuse. Pour une matinée, elle gagne le droit d'avoir un stand.

Dans "L'avance", une femme raconte qu'elle essaie d'écrire un roman, et n'y arrive pas.

Critique:
Je ne vais pas détailler toutes les nouvelles, car ce serait trop long.

D'abord, mon horizon d'attente n'a pas été satisfait. En effet, j'ai lu ce livre en m'attendant à autre chose. Ma bibliothèque l'avait, par erreur, classé à "Romans", et la quatrième de couverture propose un extrait de la première nouvelle, la seule qui soit amusante. Donc, au début, j'ai pensé que c'était un roman humoristique.
Après une petite déception, je me suis tout de même intéressée à ces nouvelles.

Certaines d'entre elles sont plus fortes que d'autres, à mon avis. La première fait partie de celles-là. D'abord, parce que c'est la seule qui fait rire. Bien sûr, on se moque de la pauvre gaffeuse. Mais ensuite, on commence à entrer dans une situation de mal être, lorsque cette femme nous explique qu'elle est seule, que les amis à qui elle téléphone ne la rappellent pas...

La deuxième nouvelle nous plonge totalement dans un sentiment de malaise. La famille décrite ici ne s'aime pas, ne sait pas communiquer... Au lieu de dire à leurs enfants de faire attention à la fenêtre, les parents mettent des grilles. Et ils sont trop préoccupés par eux-mêmes pour voir que cela déstabilise totalement leur fille aînée. Une chose si simple, la fillette ne peut pas en parler, elle ne serait pas écoutée ou comprise... Cette nouvelle est oppressante, d'autant plus qu'il y a une note d'humour grinçant: quand on dit à la petite fille que quelqu'un est mort sur le coup, elle comprend "sur le cou", et jusqu'à la fin de la nouvelle, cela revient.

"La gauchère" fait penser à ce genre de situations où l'on se met, alors qu'on sait que cela va nous être néfaste. Pourquoi l'héroïne de cette nouvelle fait-elle cela? Parce qu'elle en a eu marre d'être seule, elle a sympathisé avec les deux pestes. Et étant pressée par le temps, elle leur donne les clés de sa voiture de location, les chargeant de la rendre. Elle fait une bêtise, en ayant conscience que c'en est une. Mais n'est-ce pas déjà arrivé à chacun de nous? (En moins grave, bien sûr.)

Si la situation de "La gauchère" peut se comprendre, celle de "L'amie" est un peu plus dure à accepter. La meilleure amie dont nous parle l'héroïne est une véritable peste. Et malgré cela, l'héroïne veut rester son amie. Il est vrai qu'il existe des personnes qui ont du charisme, et dont on a envie d'être proche. Mais en amitié, c'est quand même moins difficile de s'éloigner qu'en amour. Quand une personne agit contre l'amitié que lui porte l'autre, l'autre a plutôt le réflexe de s'éloigner, même si ce n'est pas totalement.

Dans "L'avance", l'héroïne nous raconte son malaise grandissant. On l'imagine très bien. Et on ne peut s'empêcher de se demander si cette nouvelle ne serait pas un peu autobiographique.

D'une manière générale, ces nouvelles dépeignent des situations oppressantes. Certaines sont un peu plus légères que d'autres. Je conseille ce livre, qui décrit avec justesse toutes ces situations.

A noter que les personnages principaux sont toujours des personnes de sexe féminin. Parfois, il y a des hommes et des petits garçons, mais ce sont toujours des femmes qui racontent.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-France Javet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « La gauchère » sur Amazon