Docteur à tuer

L'ouvrage:
Enfant, Pietro Brnwa vivait avec ses grands-parents. Un jour, ils sont assassinés. Après enquête, la police subodore que l'acte aurait été commis par des mafiosi lors de leur intronisation. Pietro n'a qu'une envie: se venger.

Des années plus tard, le voilà interne dans le pire hôpital de Manhattan. Un visage de son passé ressurgit sous la forme d'un nouveau patient. C'est alors qu'il raconte son histoire.

Critique:
Dans le résumé que j'ai lu, on nous présente Pietro comme une espèce de docteur House: cynique, caustique, drogué aux anxiolytiques, et au fond, très gentil. Ce parallèle m'a gênée, car on dirait qu'il a été fait exprès pour que celui qui aime «Docteur House», se rue sur le livre.
En outre, il m'a semblé que Josh Bazell tentait parfois d'imiter le style de Hugh Laurie, ce qui m'a également gênée.
Michael Connelly dit le plus grand bien de ce roman, également. Le roman m'a plu, mais je trouve qu'il a été desservi par la publicité. Vous me direz que la publicité est là pour nous faire acheter, et donc, elle en fera trop. Mais je suis assez rancunière lorsque mon horizon d'attente n'est pas satisfait. On nous dit que le roman est drôle et caustique: il y a quelques notes d'humour, quelques apartés, quelques façons amusantes de dire les choses, notamment lorsque Pietro évoque la médecine et la façon dont fonctionne l'hôpital où il travaille. Mais quand je lis «ce roman est drôle et caustique», je m'attends à rire tout au long du livre. Cette attente est renforcée par la vue du trailer qui, lui, est vraiment drôle. J'aurais peut-être mieux apprécié le roman si la publicité ne l'avait pas maltraité en voulant le promouvoir.

J'ai trouvé que le livre démarrait lentement. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire.
L'intrigue est bien menée, mais certains événements sont prévisibles. À partir du moment où il fraie avec la mafia, on se doute que certaines choses arriveront. Quand un personnage dit: «Bon, là, c'est le dernier «mauvais coup» que je fais, après, je me range», dans un livre ou un film, en général, quelque chose de mal se passe lors de ce dernier coup. Donc ici, on pressent que quelque chose arrivera. C'est un exemple, mais on devine d'autres événements. Et bien sûr, lorsque Pietro a une idée folle qui le sauvera peut-être, on ne peut s'empêcher d'avoir la même réflexion amère que lui.
À part cela, le lecteur suit l'histoire avec intérêt, et est même suspendu aux lèvres de Pietro à partir du moment où l'intrigue s'emballe. C'est alors que l'auteur confronte son lecteur à un tourbillon d'émotions, de sentiments, de sensations dont il sortira meurtri. (L'épisode de l'aquarium m'a particulièrement bouleversée.)
La structure du livre est faite pour ménager le suspense: on voit le présent de Pietro, puis son passé, puis à nouveau son présent tout au long du roman. Personnellement, je n'aime pas trop ce genre de façon de faire, justement parce que je trouve que c'est une manière un peu artificielle de créer du suspense, mais cela n'engage que moi, et une fois que je suis entrée dans le roman, cela m'a moins gênée.

Le personnage de Pietro est attachant. Il reste intègre (d'une certaine manière), et bon, malgré tout. C'est un personnage extrême, aux sentiments à fleur de peau. Il attire la sympathie et la compassion du lecteur. D'un autre côté, il commet des actes qui fait que le lecteur éprouve également du dégoût pour lui, même s'il a été parachuté là-dedans par faiblesse et à cause de certaines circonstances, et s'il essaie de garder une certaine ligne de conduite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Jean-Claude Lattès

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