Auteur : Barton Fiona

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lundi, 4 mars 2019

La veuve, de Fiona Barton.

La veuve

L'ouvrage:
Angleterre, juin 2010. Glenn Taylor vient d'être renversé par un bus. Les journalistes assaillent sa veuve, Jane. Maintenant que Glenn est mort, elle peut parler, dire ce qu'elle sait quant à ce dont son mari fut soupçonné deux ans auparavant.

Critique:
Ce roman m'a bien moins plu que «La coupure», mais je l'ai aimé. Le thème principal est abordé à outrance par beaucoup d'écrivains. De ce fait, pour moi, il n'y avait pas grand-chose de nouveau, d'autant que l'auteur n'introduit rien qui démarquerait un peu son roman des autres évoquant ce sujet. De plus, si les personnages sont intéressants (surtout Jane et Bob), ils m'ont bien moins interpellée que ceux de «La coupure» (où ma préférence allait à Emma et Angie).

L'un des points positifs est l'ambiguïté de l'un des personnages. Je me suis rapidement demandé si ce protagoniste ne se jouait pas de tous. Concernant cela, la romancière amène finement les choses. Elle maintient l'ambiguïté le temps qu'il faut sans que cela soit pesant, et se sort de toutes les situations qu'elle rend étranges. À la fin, aucune question ne subsiste, rien n'est bâclé, et Fiona Barton est cohérente avec le reste de son roman. Elle n'a pas lancé de faux indices à tort et à travers qui, à la fin, se révèlent inexplicables. Je le souligne parce que certains auteurs font cela, et c'est très pénible. Fiona Barton, elle, ne se moque pas du lecteur.

Kate m'a encore plus agacée que dans «La coupure». Quelle charognarde insensible!!! Elle ne pense qu'à son contrat, à son article... Même si je pense que Jane a mal interprété certaines choses, Kate a été stupide de ne pas lui avoir fait lire l'article avant. Ainsi, Jane, sachant parfaitement ce qu'elle avait écrit, pouvait demander que ceci ou cela soit corrigé, et de toute façon, cela aurait empêché qu'elle se mette en colère, par la suite, en pensant savoir ce que disait l'article. J'ai donc été satisfaite lorsqu'elle jette Kate comme une malpropre. L'auteur a beau expliquer que certaines personnes ayant été interviewées par Kate, dans des affaires passées, ont été très heureuses de son travail et gardent contact avec elle, je l'ai trouvée particulièrement désagréable et suffisante ici. Comme je l'ai dit dans une autre chronique, je sais bien que tous les journalistes ne peuvent pas être comme celle imaginée par Julia Dahl, mais puisque Fiona Barton vante le côté humain de sa création, elle aurait dû le faire ressortir.

Ce roman étant antérieur à «La coupure», et mettant également Kate en scène, j'ai eu peur qu'avoir lu «La coupure» avant «La veuve» me desserve. Or, cela n'a pas été le cas. Il est possible que Kate se rappelle l'affaire de la veuve Taylor dans «La coupure» et l'évoque de manière à en donner la conclusion (elle le fait concernant une ou deux affaires), mais si c'est le cas, je l'ai oublié.

Même si le thème principal est (selon moi) trop abordé dans les romans policiers, le livre ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage.

Je râle souvent quand je trouve des fautes de syntaxe dans les romans ou dans l'audiodescription de certains films. De ce fait, je m'attache aussi à pointer ce qui, pour moi, est bien fait. Ici, non seulement je n'ai pas repéré d'erreurs de syntaxe, mais la traductrice, Séverine Quelet, n'a pas fait une faute qui, malheureusement, se répand. Elle a écrit «elle se le rappelle», alors que beaucoup commettent l'erreur d'écrire ou de dire «elle s'en rappelle».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Eve Dufresne pour les éditions Lizzie.

Ce roman a exactement la même structure narrative que «La coupure»: les chapitres alternent les points de vue, et celui d'un seul personnage est relaté à la première personne du singulier. Je pensais donc que comme pour «La coupure», l'éditeur audio ferait enregistrer ce livre à plusieurs voix, et qu'Anne Tilloy interpréterait les chapitres du point de vue de Kate. Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas été fait ainsi. D'autre part, Marie-Eve Dufresne fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle s'est arrangée pour adopter une intonation qui montre, sans exagération, l'ambiguïté du personnage dont je parle plus haut. Son ton est toujours approprié. Je regrette seulement qu'elle ait tenté de prononcer certains noms à l'anglophone: Terry en faisant le «r» anglophone, Saïmone pour Simon...

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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mercredi, 12 septembre 2018

La coupure, de Fiona Barton.

La coupure

L'ouvrage:
Mars 2012.
Banlieue de Londres. Le squelette d'un bébé est trouvé sur un chantier. Kate Waters, journaliste, y voit une occasion d'écrire un article qui fera parler d'elle. Qui sont les parents de ce nourrisson? Dans quelles circonstances a-t-il été enterré?

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Je n'ai aucun reproche à lui adresser. Vous allez voir que si des choses m'ont quelque peu déplu, l'auteur n'est pas à remettre en cause.

Fiona Barton explore à merveille la psychologie de ses personnages. C'est grâce aux réactions de certains qu'on devine que ce qu'ils ont vécu les a marqués. Dès le départ, la romancière nous les fait «ressentir». Les concernant tous, mes premières impressions ont été les bonnes. Je me suis pourtant trouvée prompte à accorder ma sympathie à deux d'entre eux, et à me méfier d'une autre. La suite m'a donné raison...
Je n'ai pas toujours apprécié Kate. Je comprenais qu'elle souhaitait s'approprier une histoire qui pourrait donner lieu à plusieurs articles à sensations, mais je ne l'ai pas trouvée assez compatissante envers ceux qui se sont confiés à elle. Souvent, elle joue la compassion pour les amadouer. De plus, je n'ai pas aimé son exaspération teintée de condescendance à l'égard de Joe. Sa réserve se comprend, mais elle exagère. Elle est empathique, mais j'ai eu l'impression que tout le monde venait après elle. Il n'y a qu'au sujet de son désaccord avec son fils que je l'ai entièrement approuvée.

Assez rapidement, j'ai commencé à soupçonner ce qui était arrivé et qui était le bébé. L'auteur donne quelques indices factuels au début. Ensuite, il y a eu un personnage que j'ai très vite trouvé antipathique... Pour moi, il gérait mal ceci dans le présent, avait mal géré cela dans le passé... Mes griefs ne cessaient de s'accumuler contre ce protagoniste, ce qui m'a fait entrevoir un morceau de vérité. Puis, à mesure que le livre avançait, je confrontais mon idée aux indices donnés. Cela collait toujours. J'ai donc pu constater que mes suppositions étaient justes. Cela n'a absolument rien gâché pour moi. Je pouvais analyser le comportement de chacun à la lumière de ce que j'avais deviné, et au final, mes analyses se sont avérées bonnes. Plus les choses se tenaient, plus je pensais que Fiona Barton avait très bien construit ses personnages et son roman. Bien sûr, cette lecture s'accompagne de très forts sentiments. Il y a des personnages que j'aurais souhaité aider, un autre que j'aurais rageusement frappé et à qui je voulais dire ses quatre vérités... Qu'ils soient exaspérants ou qu'ils attirent la compassion, ils sont très réalistes, crédibles, criants de vérité.

À mon avis, l'intrigue est très bien menée, et rien ne traîne. La preuve est que malgré ma rapide trouvaille, je ne me suis pas ennuyée. À tel point qu'à la fin, j'aurais souhaité qu'il y ait une suite. L'auteur ne bâcle rien, ne laisse rien au hasard, dit tout ce qu'il y a à dire. Sa fin est bonne. Néanmoins, j'ai été triste de quitter certains personnages, et j'aurais voulu savoir comment se passait leur vie. On me dira qu'il n'aurait pas pu y avoir grand-chose. Je pense que si. J'aurais voulu un dernier chapitre comme celui de «The survivor's guide to family happiness», de Maddie Dawson. J'imaginais un déjeuner entre certains protagonistes... Cela aurait été un plus, à mon avis, pour ce livre déjà excellent.

Service presse des éditions Lizzie par l'intermédiaire d'Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par plusieurs comédiens. Chacun dit son nom en début d'ouvrage, et il me semble connaître la voix de l'une d'eux. Donc, j'ai déduit que la distribution était la suivante: Anne O'Dolan lit les chapitres narrés par Emma, Anne Tilloy interprète ceux du point de vue de Kate, Anne Kreis lit ceux du point de vue d'Angela, Clémentine Yelnick lit ceux du point de vue de Jude, et Daniel Kenigsberg interprète celui du point de vue de Will.

Il me semble que je connaissais Anne O'Dolan (sous le nom d'Anne Dolan), pour ses doublages, notamment la voix d'Abby dans «NCIS». J'apprécie cette comédienne pour ses doublages, mais allez comprendre pourquoi, je n'aurais pas parié sur elle pour enregistrer des livres. Heureusement que d'autres que moi ont pris les paris. Maintenant que je l'ai entendue, je n'ai qu'une envie: qu'elle enregistre d'autres livres qui me tenteront! Elle est tout de suite entrée dans la peau de son personnage, a su exprimer sa peur, son inertie feinte, sa douleur... Tout en finesse, par un jeu subtil et sensible, Anne O'Dolan a parfaitement incarné Emma.

Je ne connaissais pas du tout les autres comédiens.
J'ai beaucoup aimé la lecture et le jeu d'Anne Tilloy. Je me rends compte, en écrivant cette chronique, que la journaliste aux dents longues ne devait pas être si simple à interpréter. Certes, Kate est ainsi, mais si je le lui ai reproché, j'ai reconnu que la compassion qu'elle éprouvait se ressentait aussi. Cela donne un personnage complexe. La comédienne la joue avec un grand naturel.

J'ai apprécié l'interprétation d'Anne Kreis et celle de Clémentine Yelnick. Chacune a une voix assez caractéristique, et comme certaines voix peuvent me gêner, j'ai commencé par craindre que ce soit le cas. Mes appréhensions ont rapidement été balayées, car ces deux comédiennes ont, elles aussi, très bien joué les personnages de Fiona Barton.

Daniel Kenigsberg ne lit qu'un chapitre. Je n'ai donc pas pu me faire une très bonne idée de sa lecture, mais à première écoute, son jeu m'a plu.
Une excellente distribution pour un roman très bien pensé!

Je regrette que l'éditeur ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Bien sûr, cette musique, et ici ces bruitages cadrent avec le contenu du livre, mais pour moi, c'est inutile, et cela ne fait que retarder la lecture, tout comme les blancs que la plupart des comédiens font (cela doit être demandé par les éditeurs) après avoir annoncé le numéro d'un chapitre, et (dans ce cas) donné le nom du personnage à qui il se rapporte.

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