Auteur : Barclay Linwood

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jeudi, 20 octobre 2011

Les voisins d'à côté, de Linwood Barclay.

Les voisins d'à côté

L'ouvrage:
Les Langley doivent partir une semaine en vacances. Derek Cutter, leur jeune voisin, pense pouvoir en profiter pour investir leur maison. Il veut surtout un endroit où être au calme, où discuter avec sa petite amie, Penny, etc. Malheureusement, les choses ne prendront pas cette tournure.

Critique:
Voilà un bon roman policier. Encore une fois, Linwood Barclay montre des personnages qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, qui ont tenté de faire au mieux, qui n'ont pas toujours fait les bons choix... L'intrigue est bien bâtie. L'auteur a réussi à me perdre: je n'arrivais pas à sortir de mon raisonnement, et je suis ravie de n'avoir rien deviné. Sans trop en faire, Linwood Barclay nous donne plusieurs pistes, et il fait cela plus subtilement que ceux qui jettent d'improbables coupables en pâture au lecteur afin de faire du remplissage.
J'ai cependant un petit reproche à faire. Linwood Barclay joue souvent là-dessus, apparemment. Ici, comme dans «Crains le pire», les personnages se trouvent dans des situations critiques où la peur et l'urgence dominent. De ce fait, ils n'agissent pas toujours comme il faudrait. Si on peut, à la limite, le comprendre pour Derek, mais pour Ellen... De plus, je trouve que l'auteur joue un peu trop de cette ficelle.
Autre chose m'a un peu agacée: les lenteurs. J'ai trouvé qu'il y en avait davantage que dans «Crains le pire». Il y en avait peut-être autant que dans «Cette nuit-là», mais elles étaient plutôt au début, donc, un peu moins faciles à accepter.

La plupart des personnages parleront au lecteur. Je les ai trouvés très réalistes, et ils ont eu ma compassion. L'auteur réussit à faire en sorte que le lecteur plaigne un personnage qui a du sang sur les mains, alors qu'il en blâmera un autre qui est surtout détestable moralement.

Jim Cutter m'a fait penser aux narrateurs rencontrés dans les autres romans de Linwood Barclay. Il est naturellement sympathique, se battra pour que justice soit rendue, pour son fils...
Je n'ai pas réussi à éprouver de sympathie pour Ellen, sauf à la toute fin. Je sais qu'elle a agi du mieux qu'elle a pu, mais je l'ai trouvée très légère.
Quant à Conrad, certains lui trouveraient peut-être des excuses, parleraient de longue frustration, par exemple, mais cela ne prend pas avec moi.

Remarque annexe:
Le titre du roman de Brett Stockwell est «Nicholas dickless». Je me demande comment cela a été traduit en français. Le traducteur a-t-il tenté de garder le jeu des sonorités? Après avoir trituré mon cerveau à la recherche d'une traduction qui conserverait la ressemblance du son, j'ai trouvé: «Félix sans pénis», ou «Alex sans sexe».

Éditeur français: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christopher Lane pour les éditions Brilliance audio.
Christopher Lane a très bien interprété ce roman. Il a su jouer sans cabotiner. En outre, sa voix est très agréable.

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mardi, 2 août 2011

Crains le pire, de Linwood Barclay.

Crains le pire

L'ouvrage:
Tim et Suzanne Blake sont divorcés depuis cinq ans. Leur fille, Sydney, en a souffert.
La jeune fille de dix-sept ans passe l'été chez son père. Elle travaille à l'hôtel Just In Time. Un soir, elle ne rentre pas du travail.
Alarmé, Tim se rend à l'hôtel où chaque personne qu'il interroge lui assure n'avoir jamais vu Sydney.

Critique:
Voilà encore une idée originale. Même si cela commence de manière moins étrange que «Cette nuit-là», le lecteur se demandera pourquoi Sydney semble être partie sur un coup de tête. Grâce à des indices et des révélations habilement dosés, Linwood Barclay laisse entrevoir des pistes à son lecteur. Il se débrouille mieux que certains, car toutes les suppositions que fera le lecteur ne seront pas forcément fausses.
Au long du roman, on devine certaines choses avant les protagonistes. Par exemple, j'ai très vite su ce qu'il en était quant à Seattle. Je savais également que Tim se montait la tête quand il a vu Yann transporter quelqu'un chez lui. Enfin, je me doutais qu'il trouverait quelque chose grâce à un certain objet, même si là, l'indice est très bien amené.
Malheureusement, Linwood Barclay n'évite pas une ficelle surexploitée et trop facile: celle du personnage principal qui fait cavalier seul (du moins, qui finit par ne plus se fier à la police), et que la police finit par accuser de tout.

Il n'y a pas autant de temps morts que dans «Cette nuit-là». Parfois, ça traîne un peu, mais l'auteur a pris le temps de décrire des personnages creusés.
En revanche, je n'ai pas aimé le fait que la fin soit abrupte. Certes, tout est dit quant à l'intrigue principale. Mais en général, dans un bon roman policier, la toute fin décrit ce que sont devenus les personnages quelques semaines après les faits. Ici, cela se termine juste après le dernier moment de tension. Cela m'a donné un goût d'inachevé. De plus, le lecteur continue d'ignorer certains détails qui ne sont pas vitaux, certes, mais qui, s'ils avaient été indiqués, auraient donné l'impression d'un roman réellement terminé.

Un aspect de l'histoire m'a semblé bancal. C'est ennuyeux, car on finit par découvrir que c'est là-dessus qu'une grande partie de l'intrigue tient...
Attention! Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
Je comprends que Sydney ait été effrayée et déboussolée, mais elle a tué en état de légitime défense. Elle aurait pu s'en remettre à ses parents et à la police... On peut se sauver et se cacher sur un coup de panique, mais la Sydney qui nous est décrite au long du roman semble plus posée que cela. On me rétorquera qu'elle a agi comme lors de l'épisode du chien...

Les personnages sont épais. Le lecteur suivra Tim avec intérêt. On comprendra aisément ce par quoi passera ce père qui aime sa fille, et qui voit le sol se dérober sous ses pieds, qui finit par craindre qu'elle n'ait pas eu assez confiance en lui, pire, qu'elle ait pu se laisser entraîner dans quelque chose qui l'a dépassée.
J'ai également apprécié Suzanne, Bob, et même Evan, qui ne sont ni bornés ni caricaturaux.
Le personnage le plus complexe est sûrement Patty. Elle n'a pas une vie facile, et tente de tirer au mieux son épingle du jeu. J'ai aimé le fait que le lecteur passe par toutes sortes de sentiments la concernant. Entre parenthèses, j'ai su avant Tim à qui elle téléphonait, à la fin.

Je me rends compte qu'une grande partie de ma chronique insiste sur les points négatifs. Pourtant, j'ai aimé ce roman. Certes, j'ai été gênée par les points négatifs, mais l'ambiance, les personnages, les rebondissements à propos, font que je les pardonne à l'auteur...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Sollier pour les éditions Audiolib.
Je ne connaissais pas ce comédien. J'ai apprécié sa voix et son interprétation. Parfois, il joue peut-être un peu trop, mais je ne dirais pas qu'il surjoue. J'en aurais peut-être un peu moins fait, à certains moments, mais cela ne veut pas dire qu'il a cabotiné. Il a su rendre la détresse de Tim. Son jeu m'a fait sursauter à certains moments de tension, et cela allait très bien à l'ambiance du roman. Je le réentendrai avec plaisir.

Il y a peu de musique entre les chapitres. Tant mieux pour moi qui n'en suis pas du tout friande. :-)

lundi, 25 avril 2011

Cette nuit-là, de Linwood Barclay.

Cette nuit-là

L'ouvrage:
Ce matin-là, Cynthia Big, quatorze ans, s'éveille dans une maison vide. Elle est surprise, mais pense que sa mère a dû emmener son frère au lycée, et que son père est parti travailler.
Lorsqu'elle rentre du lycée, la maison est toujours vide. Cynthia donne l'alarme.

Vingt-cinq ans plus tard, Cynthia est mariée à Terry Archer, elle a une fille, Grace. Certains événements font que l'enquête sur la disparition de sa famille sera réouverte.

Critique:
Voilà un bon roman policier où la psychologie des personnages est intéressante, et où, du moins, pendant les trois quarts du livre, le lecteur est complètement perdu. En effet, au début, on ne devine pas ce qui se passe, et ce qui est arrivé, il y a vingt-cinq ans. L'auteur fait même en sorte qu'un personnage puisse être soupçonné, et si le lecteur n'y croit pas vraiment, le doute plane tout de même, car le romancier se sert habilement de certaines ficelles.
L'auteur a réussi à me tromper deux fois quant à certains événements.

J'ai deviné des éléments secondaires, et un élément clé de l'histoire au moment où Vince découvre ce qu'il y a à savoir quant à la coupure de journal. À partir de ce moment, j'ai trouvé que l'auteur traînait beaucoup, notamment quand Terry se rend à l'hôpital. Cependant, je ne me suis pas ennuyée. Je trouvais que l'intrigue ralentissait, mais la compagnie de Terry étant très agréable, j'ai pardonné cela à l'auteur.
De plus, j'ai rapidement soupçonné un personnage qui était, effectivement, coupable. Je ne savais pas à quel point il était impliqué, mais pour moi, il n'était pas net.
J'ai apprécié les espèces de pauses qu'étaient les moments où Terry donne des cours, à l'université.

Les personnages principaux sont sympathiques. Ils m'ont paru plus épais que dans des romans policiers classiques.
En outre, j'ai apprécié que l'histoire soit racontée du point de vue de Terry, et non de celui de Cynthia. Cela change un peu. J'ai également apprécié que Terry montre ses failles.
Certains personnages secondaires sont sympathiques, notamment vince, dont la psychologie est intéressante. C'est un truand qui a certaines valeurs. La rencontre entre son monde et celui de Terry est plutôt fracassante, et invite le lecteur à rire un peu.
À l'instar de Terry, j'ai blâmé l'un des personnages, dont je tairai le nom. J'ai totalement approuvé le discours qu'il lui tient dans la voiture. Bien sûr, ce personnage se rattrape quelque peu, à la fin.

N'oublions pas les notes d'humour qui parcourent le roman. Outre Vince, j'ai adoré le passage où la voyante décrit une maison à Terry, ainsi que l'enjouement de certains protagonistes, et la façon dont on découvre un lien entre deux personnages.

Remarque annexe:
Je pense que ce livre ferait un très bon film.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hélène Leroy pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
Je tiens à adresser mes remerciements à la lectrice qui a épelé certains noms propres.

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