Sauvagerie

L'ouvrage:
Pangbourne Village est un complexe résidentiel où habitent des gens aisés. Ils vivent selon une certaine idéologie.
Un matin, on découvre que tous les adultes ont été sauvagement assassinés. Quant aux enfants, ils ont disparu.

Critique:
Avant de parler de l'intrigue, je voudrais m'étonner du fait qu'un livre si court (2h07 en audio), puisse contenir des longueurs. Par exemple, le psychiatre appelé sur les lieux de la tuerie nous cite tous les noms des adultes tués. De plus, à la fin, il y a des reconstitutions des meurtres qui n'apportent rien. On sait déjà tout ce qui s'est passé, on n'a pas besoin des reconstitutions... À part ajouter d'horribles détails, elles n'apportent rien.

Quant à ce que l'enquête laisse deviner, je ne suis pas vraiment convaincue. La théorie serait défendable, mais elle aurait gagné en force s'il y avait eu davantage d'explications psychologiques. En effet, au départ, je ne voyais pas trop le problèmes d'une telle société. Je l'ai entrevue au détour de phrases, mais j'aurais voulu que l'auteur creuse cela. On me rétorquera que toute société «fabriquée» aura des problèmes. En effet, d'autres livres ont montré le mal que peuvent faire des sociétés fondées, au départ, parce qu'on avait envie de bien faire. Mais ces livres ont creusé les méfaits de ces sociétés. Ici, l'auteur nous laisse imaginer. Eh bien, pour moi, c'est trop flou. J'ai l'habitude de Serge Brussolo qui, avec minutie et précision, décrit implacablement les conséquences de ce qui se passerait dans telle société, ou si des hommes tentaient de tordre le cou à des éléments naturels. De ce fait, je préfère que l'auteur aille jusqu'au bout lorsqu'il émet une telle hypothèse, et non qu'il me demande de faire marcher mon imagination. On dit souvent qu'on imagine toujours pire que ce qui pourrait arriver, mais ça dépend du contexte. Ici, j'aurais préféré qu'on imagine pour moi.
Du coup, cela me donne une impression d'inachevé, d'un roman non-abouti.

Ensuite, il est un peu cliché que le psychiatre et un policier soient les seuls à croire en la théorie qu'ils ont bâtie à partir des indices, et qui, apparemment, serait la bonne. Elle est terrible, et il est intéressant que tout le monde ne l'accepte pas, à cause de ce qu'elle implique, mais là encore, c'est trop manichéen.

En bref, je pense que ce roman aurait mérité plus de profondeur.

Éditeur: Tristram.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Diserens pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie ce lecteur, d'abord parce qu'il ne lit pas trop lentement, et ensuite parce qu'il ne cabotine pas. Cependant, je trouve très dommage qu'il ait tenté de prononcer les noms anglophones à l'anglaise. En général, je trouve cela affreux, car pour moi, cela n'est pas naturel. Ici, imaginez ma douleur quand le lecteur a voulu faire un semblant d'accent anglophone au moment où l'auteur énumère les noms de chaque personne tuée et de chaque enfant!

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