Vertiges mortels

L'ouvrage:
À huit ans, Claire Waters a assisté, impuissante, à l'enlèvement d'Emmy, sa meilleure amie. L'enfant n'a pas été retrouvée. Ainsi, tentant à la fois d'affronter et de fuir son mal-être, Claire est devenue psychiatre. Elle étudie les détenus ayant vécu des événements traumatisants pendant l'enfance, voulant à la fois les arrêter et les aider.
Paul Curtin, le médecin qui supervise le programme que suit la jeune femme, lui confie le cas de Todd Quimby. Après peu de séances, Claire émet un avis favorable quant à la libération de Todd. Peu après, des jeunes femmes sont retrouvées assassinées, les yeux brûlés. À cause du mode opératoire et de la ressemblance des victimes avec une femme qui marqua le passé de Todd, Claire le pense coupable.

Critique:
Le premier point fort de ce roman est qu'il est exempt de fioritures inutiles. En effet, il démarre tout de suite, et les auteurs n'embarrassent jamais le lecteur de ce satané remplissage que je déteste tant. À un moment, j'ai senti que ça pouvait s'essouffler, mais mon attention a été relancée par une énigme que je n'ai pu élucider, même si je me doutais d'un lien entre elle et la profession d'un personnage.

D'autre part, les auteurs se sont attachés à analyser situations et personnages de manière percutante. Sentiments à fleur de peau, détresse et souffrances décrites sobrement mais si justement. Les personnages m'ont parfois agacée, mais cela les rend plus crédibles. Par exemple, Claire se trompe. Eh bien, c'est normal, elle se sert de son expérience et de sa passion pour avancer. Même si elle se fourvoie, au moins, elle prend des risques. J'ai été un peu agacée parce que malgré son désir de bien faire, il est certaines décisions que je n'aurais pas prises, et je ne suis pas psychiatre. Ces décisions paraissent donc un peu grosses.
Quant à Nick, son obstination à cacher son état le rend antipathique parce qu'on voit surtout son égoïsme. Cependant, il est évident que sa situation est complexe. Sa vie est déjà bouleversée, ce nouveau coup du sort lui ôte encore un peu de lui-même. Son évolution, tout au long du roman, est très intéressante.

J'ai été déçue que les auteurs introduisent un parfum d'ambiguïté entre deux personnages. Je trouve cette ficelle digne des mauvais romans. Ils ont fait cela habilement, mais je pense qu'ils auraient pu s'en passer, ainsi que de la disparition d'un protagoniste. Il aurait fallu qu'ils fassent quelques ajustements, bien sûr.
Ils ont utilisé une autre ficelle trop facile que j'ai tout de suite flairée: celle du faux coupable. (Je ne pense pas dévoiler un grand pan de l'histoire au lecteur aguerri de romans policiers.) Là encore, ils sont précautionneux, et enrobent cette grosse ficelle d'un tas de circonstances, d'explications, et de petits coups de théâtre qui font qu'elle passe mieux.
D'autres choses m'ont paru un peu tirées par les cheveux. En pinaillant, j'ai même trouvé une incohérence. (Elle s'explique, mais de manière un peu poussive.)

À mes yeux, ces désagréments sont gommés par le fait que je ne me suis absolument pas ennuyée. Globalement, l'intrigue est cohérente. Malgré mes petits reproches, ce thriller sort des sentiers battus, présentant des situations et des personnages convaincants.

Je regrette certaines erreurs. Par exemple, il y a un infinitif en «er» à la place d'un imparfait p 121-122: "Claire avait compati avec Nick, mesurant à quel point il avait dû être inconfortable pour lui d'annoncer la mauvaise nouvelle, tout en attendant la demande qui - elle le savait- constituer la raison de son appel." De plus, la syntaxe est parfois maladroite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par MA éditions par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

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